Chine :

Les tours de Canton


Publié / Actualisé
Des dizaines de tours en construction dans une forêt d'immeubles. Dans le ciel de canton, une ville immense d'une dizaine de millions d'habitants, le soleil livre un combat sans espoir avec le nuage de pollution qui recouvre, nuit et jour, la capitale de la province du Guangdong
Des dizaines de tours en construction dans une forêt d'immeubles. Dans le ciel de canton, une ville immense d'une dizaine de millions d'habitants, le soleil livre un combat sans espoir avec le nuage de pollution qui recouvre, nuit et jour, la capitale de la province du Guangdong
Les Cantonnais, comme la plupart des citadins chinois, ont pris l'habitude de cette lumière grisâtre. Étrangement, dans la frénésie cantonnaise, ils restent zen, accompagnant stoïquement un boum économique sans précédent sur la planète. Peut-être parce que chaque matin, dans les jardins publics, ils se retrouvent par milliers pour des séances d'exercices physiques, de tai-chi ou de danse. Signe que la modernité n'a pas encore totalement mangé la tradition.

Un étage par jour

Mais pour combien de temps encore ? Dans le vieux Canton, tout près du célèbre marché Xingping, on placarde, chaque jour, des pancartes annonçant de prochaines démolitions. Les vieilles bâtisses laisseront place à de nouvelles tours, qui abriteront bureaux ou logements. "Impossible de dire combien d'immeubles sont livrés chaque semaine", lâche Cheng Kang, secrétaire général adjoint du bureau des affaires étrangères de la province. "Mais le rythme de construction habituel est d'un étage par jour".
À ce rythme, les autorités sont rapidement débordées par l'énergie créatrice des hommes d'affaires. "Un entrepreneur demande un permis de construire pour une tour de quinze étages. En deux semaines de plus, il en construit trente et personne n'a le temps d'intervenir. C'est la politique du fait accompli", explique Cheng Kang, qui ajoute toutefois que la municipalité de Canton est "en train de reprendre les choses en main".

Électronique de pointe et fringues branchées

"Officiellement, et par ses technocrates, la Chine est bien un pays communiste mais en réalité, le business commande tout", ironise un employé du consulat général de France à Canton. Ce même business qui permet aux magasins ultramodernes de Beijing Lu (rue de Pékin) de rester ouverts jusqu'à 23 heures. De l'électronique de pointe aux fringues les plus branchées, la
Chine affiche fièrement son appartenance au monde consumériste moderne. Et encore, Canton n'est rien à côté de Hong-Kong ou Shenzhen, situées à moins de 200 kilomètres de là. Deux villes qui comptent parmi les références du capitalisme à la chinoise. En 1979, Shenzhen comptait une dizaine de milliers d'habitants. Maintenant, ils sont quatre millions.
   

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