Saint-Philippe :

Mare Longue : visite dans la forêt originelle


Publié / Actualisé
Classée réserve biologique en 1958 (23 hectares) agrandi en 1981 (68 hectares), la forêt de Mare Longue (Saint-Philippe) est le seul vestige des Bois de Couleurs des bas de La Réunion mais aussi de toutes les Mascareignes. Avant l'arrivée de l'homme, la forêt primaire (non altérée par l'homme) humide de basse altitude ceinturait l'ensemble des côtes Sud et Est de l'île, du bord de mer jusqu'à 700m d'altitude. Visite.
Classée réserve biologique en 1958 (23 hectares) agrandi en 1981 (68 hectares), la forêt de Mare Longue (Saint-Philippe) est le seul vestige des Bois de Couleurs des bas de La Réunion mais aussi de toutes les Mascareignes. Avant l'arrivée de l'homme, la forêt primaire (non altérée par l'homme) humide de basse altitude ceinturait l'ensemble des côtes Sud et Est de l'île, du bord de mer jusqu'à 700m d'altitude. Visite.
Aujourd'hui il ne subsiste plus que ces quelques hectares sur la commune de Saint-Philippe qui ont miraculeusement échappés au défrichement. Implantée sur une coulée de lave assez récente (300 à 400 ans) cette forêt est l'un des milieux terrestres les plus étudiés par les scientifiques. Et pour cause. C'est l'écosystème où la biodiversité y est la plus riche dans notre département, ce qu'avait bien compris l'éminent botaniste réunionnais Thérésien Cadet (1937-1981) qui en a longuement étudié le fonctionnement et soutenu la création de la réserve à son époque.

La forêt à sapotacées, famille d'arbre (sapotaceae) majoritaire dans ce type de milieu dont fait partie Mare Longue, est caractérisé par un microclimat interne qui y maintient une hygrométrie de l'air entre 80 et 100 % de façon pratiquement permanente qui implique des différences thermiques qui sont moins marqués qu'ailleurs (moins chaud la journée moins froid la nuit) qui favorise un développement optimale de la flore.

En effet, la forêt de Mare Longue abrite 30 % des 720 espèces de plantes vasculaires de l'île, mais 80 % des espèces pour lesquelles la région remplit les conditions écologiques qu'elles exigent. Voici quelques chiffres de la vaste étude que Thérésien Cadet avait mené : 46 espèces d'orchidées, 73 de fougères, une quarantaine d'arbres dont l'espèce dominante est le petit Natte (Labourdonnaisia) et autant d'arbustes dont le Pandanus purpurascens et l'un des représentant les plus facilement identifiable.

S'il est une espèce aisément repérable à cause de ses nombreuses racines recouvrant un tronc, c'est bien le figuier étrangleur. Son cas est à part... ses graines sont dispersés par les oiseaux, germent sur les branches supérieurs d'un arbre et la plante développera ses branches vers le haut pour capter le plus de lumière, jusque là tout va bien pour l'arbre hôte, là où cela se complique c'est que pour puiser des nutriments elle développera aussi des racines aériennes vers le sol ! Fort de cet apport en énergie puisé dans la terre la croissance du figuier va s'accélérer et les racines aériennes vont former un pseudo-tronc qui va lentement mais inexorablement étouffer et faire dépérir l'arbre sur le lequel il s'est développé. Il est un figuier étrangleur que tout le monde connaît ou presque mais dont peu de monde se doute sa réelle nature : le banian.

Mais les plantes qui sans conteste font la particularité et la richesse de cette forêt sont les épiphytes : poussant les sur arbres, à ne pas confondre avec les plantes parasites car elles ne se servent de l'arbre que comme support et non pour lui prélever de la nourriture, ce groupe représente 1/3 des plantes de la réserve (environ 80 espèces).

Il est donc vivement recommandé aux personnes désirant visiter le sentier botanique de ce patrimoine naturel géré par l'ONF de lever les yeux en plus de la lecture des pancartes descriptives des arbres.

Texte et photos Florent Borderie
http://www.photosborderie.com
   

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