Médias - Quand le téléphone portable remplace l'appareil photo :

Bangkok dans le viseur d'un smartphone


Publié / Actualisé
Le téléphone portable serait-il l'avenir du photojournalisme ? Il en est en tout cas devenu une composante, puisque les reportages réalisés avec des smartphones sont de plus en plus fréquents. En effet, si au départ, le téléphone portable apparaissait plutôt comme un gadget, et non pas comme un outil professionnel pour les photographes, les clichés réalisés avec des smartphones, l'iPhone en tête, s'immiscent dans la presse, sur le net et dans les agences. Les applications, telles Hipstamatic ou Instagram, permettent une image de qualité, filtrée, esthétisante. Illustration en images avec un photoreportage réalisé à Bangkok, en Thaïlande.
Le téléphone portable serait-il l'avenir du photojournalisme ? Il en est en tout cas devenu une composante, puisque les reportages réalisés avec des smartphones sont de plus en plus fréquents. En effet, si au départ, le téléphone portable apparaissait plutôt comme un gadget, et non pas comme un outil professionnel pour les photographes, les clichés réalisés avec des smartphones, l'iPhone en tête, s'immiscent dans la presse, sur le net et dans les agences. Les applications, telles Hipstamatic ou Instagram, permettent une image de qualité, filtrée, esthétisante. Illustration en images avec un photoreportage réalisé à Bangkok, en Thaïlande.

Le 21 novembre 2010, le célèbre New York Times, quotidien américain, consacre sa Une à un reportage de guerre en Afghanistan. Un photoreportage signé Damon Winter, réalisé avec un simple iPhone 4 et l’application Hipstamatic. Les photos sont simples mais étonnent par leur qualité. Ce photoreportage sur la vie des soldats américains aura valu à Damon Winter la troisième place du prestigieux prix Pictures of the Year International.

Depuis, les photoreportages réalisés avec iPhone s’enchaînent. En octobre 2011, le journal Le Monde accordait par exemple sa Une aux photos de Tunisie de Karim Ben Khelifa réalisées avec iPhone. Au même moment, le journal Libération, de son côté, affichait un photoreportage de Corentin Fohlen sur une ville ouvrière tunisienne, réalisé avec le téléphone portable de la célèbre marque à la pomme. Plus récemment, Bien Dan Chung, journaliste pour le quotidien britannique The Guardian, s’est amusé à couvrir les Jeux Olympiques de Londres avec son iPhone.

Pour les photographes professionnels, les téléphones portables ont l’avantage, dans des situations difficiles, de leur permettre d’exercer leur métier sans se faire remarquer. "Dans certains pays sous tension, s’afficher comme photojournaliste peut s’avérer très dangereux. Avec mon iPhone, au Yémen ou en Tunisie, je pouvais sans problème me faire passer pour un manifestant", confiait il y a quelque temps Karim Ben Khelifa au magazine 6mois.fr.

Utiliser son téléphone portable peut être plus sûr, mais aussi plus pratique. "Au lieu de s’encombrer avec plusieurs boîtiers et plusieurs objectifs, tout est regroupé dans un seul petit appareil", reconnaît un photographe de presse, qui était pourtant sceptique sur l’usage des smartphones en lieu et place des appareils photos. "Je n'aurais jamais pensé me servir un jour d'un smartphone pour faire des photos. Pour moi, ce n'était vraiment pas l'outil approprié", dit-il. Mais ce dernier a tenté l’expérience lors d’un voyage en Thaïlande, "par amusement".

Résultat : des dizaines de clichés de Bangkok capturés avec l’iPhone, et l’application Hipstamatic, que nous publions. "J'ai un peu honte de dire ça, mais je dois avouer que la qualité des photos est bonne", confie le photographe. "L’application y est pour beaucoup. Avec un format carré et divers filtres, elle permet de reproduire les effets obtenus avec les anciens appareils photos. Pour moi, c’est un plaisir, c’est un peu comme un retour aux sources", précise-t-il. Toutefois, il souligne que "l’œil du photographe garde son importance". "Peu importe l’appareil utilisé, au final, l’essentiel, c’est que l’image garde son intérêt journalistique, qu’elle apporte des informations, qu’elle t’emmène quelque part", souligne le photographe de presse.

www.ipreunion.com

   

4 Commentaire(s)

Alain, Posté
Oui la qualité est ...bonne ,mais ce qui frappe bien surtout dans ces photos c'est le coup d'oeil,le cadrage,l'idée que l'on essaie de faire passer, l'humour. En fait le talent de photographe et de reporter. Et tout le monde peut essayer de s'amuser, créer, avec son smartphone, en étant plus discret moins choquant pour les sujets.
Bank, Posté
C'est pas du photo journalisme mais cela me convient bien et surtout dans l'esprit le photographe qui a fait ce sujet pour imaz il s'appelle le vieux non?
Marco77150, Posté
Je suis allé des dizaines de fois à BKK (bien avant la construction du métro). C'est bien çà ! C'est vraiment là ! Et c'est bien pris ... Manque simplement les "Tuk-Tuk" !
Sky, Posté
Je suis assez sceptique mais le rendu est pas mal