Les "bons" mots involontaires des politiques :

François Hollande, d'un lapsus à l'autre...


Publié / Actualisé
Notre président de la République est, dit-on, un homme d'esprit qui aime saillies et bons mots ; si ce n'est que depuis son arrivée aux affaires, lesquelles ne vont pas fort hélas, sa langue trébuche sur un Surmoi flagada, et file des lapsus en litanie. Heureusement pour lui, les méprises se cantonnent à la politique, son inconscient policé évitant de lui glisser des peaux de banane lexicales trop sexuellement connotées, contrairement à nombre de ses collègues élus... Le dernier lapsus en date remonte à l'allocution télévisée pré-enregistrée diffusée lundi soir suite au résultat - calamiteux pour le PS - des européennes.
Notre président de la République est, dit-on, un homme d'esprit qui aime saillies et bons mots ; si ce n'est que depuis son arrivée aux affaires, lesquelles ne vont pas fort hélas, sa langue trébuche sur un Surmoi flagada, et file des lapsus en litanie. Heureusement pour lui, les méprises se cantonnent à la politique, son inconscient policé évitant de lui glisser des peaux de banane lexicales trop sexuellement connotées, contrairement à nombre de ses collègues élus... Le dernier lapsus en date remonte à l'allocution télévisée pré-enregistrée diffusée lundi soir suite au résultat - calamiteux pour le PS - des européennes.

Moins de 5 minutes et un beau lapsus pieusement respecté par le service de presse de l'Elysée qui expédiera en l'état le texte hollandais aux rédactions de France, de Navarre et de Bourbon. Un François Hollande fort grave et empesé y déclarait sans ciller : "C'est vrai, partout les partis européens progressent. Mais c'est en France, pays fondateur de l'Union Européenne, Patrie des droits de l'homme, pays des libertés que l'extrême droite arrive aussi largement en tête…" Et vlan ! En fait de "partis européens", François Hollande voulait dire "partis anti-européens"… Sans doute est-ce la faute de Marine Le Pen.

Le 6 mai dernier, François Hollande-Président, sur BFMTV, se fait encore remarquer au sujet de l'affaire Léonarda, dans laquelle il n'a pas vraiment été brillant. Pour mémoire, la jeune Kosovare dont les parents ignoraient les avis d'expulsion signifiés à la famille en séjour irrégulier, avait été arrêtée lors d'une sortie scolaire, en octobre 2013, par les forces de l'ordre. Une action officielle, en application d'une décision légale, qui devient dans la bouche de François Hollande un rapt :  "Cette jeune fille avait été enlevée… En tout cas arrêtée là où elle n’aurait pas dû l’être…"

De quoi mettre du baume au cœur du père, Reshat Dibrani qui a déclaré récemment, suite à un changement tactique de patronyme et de nationalité : "Eh oui, je prends exemple sur Hollande! Il ment tout le temps ; moi aussi! Il change de femme ; moi, je change de nom…"

Les Chinois du Japon

L'année 2013 a été féconde en lapsus diplomatiques. En juin, lors d'un voyage officiel au Japon, François Hollande qui a en mémoire les 10 victimes japonaises de l'attaque terroriste d'un site gazier algérien déclare en français : "Je rappelle que le Japon a été frappé comme la France d'ailleurs lors de la prise d'otages en Algérie. J'ai exprimé les condoléances du peuple français à l'égard du peuple chinois…"

Fort heureusement le Premier ministre japonais Shinzo Abe est peu frotté à la langue de Molière et comme le traducteur a bien fait son job, il s'est doublé d'un correcteur et a évité l'incident diplomatique. Entre le Japon et la Chine, les relations ne sont sont pas au "beau fixe" depuis 1937, et les atrocités de la guerre sino-japonaise. De quoi être prudent avec les Chinois de Chine et ceux qui ne le sont pas vraiment…

En juillet, en Tunisie, François Hollande s'est emmêlé pinceaux et géopolitique, en présence de Mohamed Moncef ben Mohamed Ahmed Bedoui-Marzouki, président tunisien, qui comprend bien le français. Interrogé lors d'une conférence de presse  sur la situation de l'Egypte en pleine révolution : "La France a pris acte de la situation en Tunisie (…) Pardon, je prends acte aussi de la situation en Tunisie qui celle-là permet d'engager la transition démocratique." Moralité le président français a transposé Carthage au Caire ou inversement… De quoi énerver les Tunisiens très à cheval sur leur indépendance et leur "printemps arabe".

Autre lapsus géographique, fin juillet toujours, en Slovénie où le président traite des affaires du monde lors du sommet des pays des Balkans, à Ljubljana, en Slovénie. Voulant jouer au Salomon dans le conflit entre Grecs et Macédoniens quant à la propriété du nom Macédoine - disputée depuis que cette région hier constitutive de la République fédérative socialiste de Yougoslavie, a proclamé son indépendance en 1991 - François Hollande va parler de "Macédonie" (sic). Pas beaucoup mieux que le nom sous lequel  les Nations unies ont admis le pays, Ancienne République yougoslave de Macédoine (ARYM).

Hollande n'a pas le lapsus très "sexy"

Le trouble des nations affecte le moral de notre président, qui éprouve des difficultés à cacher son pessimisme. Ainsi en octobre 2013, lors de son discours d'ouverture de la 2ème Conférence environnementale pour la transition écologique, François Hollande qui lisait avec application son prompteur, a-t-il parlé de "fin du monde" en fait de "fin de l'année". Dans le meilleur des cas Duflot devait lui taper sur les nerfs…

Quelques jours plus tard, en Espagne, en présence du Premier Ministre espagnol Mariano Rajoy, il dérape encore et lâche : "La Banque Centrale a organisé un mode d'intervention permettant de comploter… de compléter le dispositif…"  Après la Loge P2, la BCE…

A l'issue de ce petit florilège, il apparaît que François Hollande n'a pas le lapsus très "sexy". Sans doute l'effet d'une vie sentimentale agitée et du contrôle de soi que cela implique. Heureusement, d'autres que lui ont marqué l'histoire du lapsus avec panache.

"Empreintes génitales" et "Obama Beach"

Ainsi du député Robert-André Vivien, il y a bien longtemps, qui, tout enflammé lors du débat parlementaire sur la pornographie, lança un vibrant encouragement à ses collègues, les exhortant à "durcir leur sexe" en fait de "durcir leur texte".

De façon plus intimiste, la chose se passait sur Canal+, Rachida Dati, ex-ministre de la Justice, commit un lapsus d'anthologie devant Anne-Sophe Lapix, alors qu'elle plaidait la cause des ouvrières de Lejaby (usine de sous-vêtements) : "De plus en plus, ces fonds d'investissements étrangers n'ont pour seul objectif que la rentabilité financière à des taux excessifs, explique Rachida Dati. Quand je vois certains qui réclament une rentabilité à 20-25%, avec une fellation quasi nulle, et, en particulier en période crise, ça veut dire qu'on casse les entreprises..." De quoi réenchanter les luttes sociales et l'économie, car l'inflation, franchement !

Même registre et même source sur LCI le 1er avril 2011, encore que la date laisse rêveur, s'agissant du débat sur la laïcité lancé par l'UMP, madame Dati évoque un "gode" de bonnes pratiques, vite corrigé en "un code de bonnes pratiques". Peut-être avait-elle traîné avec Apollinaire…

Plus innocent, en juillet 2009, Bernard Kouchner, alors ministre aux Affaires étrangères, interpellé sur la répression chinoise du mouvement autonomiste "ouïghour", parle en fait des "yogourts".

Un autre ministre de Sarkozy, Brice Hortefeux, questionné sur la nature des fichiers constitués et conservés par la Police, confond le 17 octobre 2010, sur les ondes d'une radio nationale ébahie, "empreintes génitales" et génétiques… Ce qui n'est pas exactement similaire, même, si au fond, on peut y trouver un lien…

Enfin parce que le lapsus n'est pas une spécialité française, comment ne pas rendre grâce à Gordon Brown, premier ministre britannique, sur les plages du débarquement, lors des commémorations du 65e anniversaire de l'opération Overlord ; impressionné par la présence du Président US, il cita "Obama Beach" pour "Omaha Beach"…

Philippe Le Claire pour www.ipreunion.com

   

2 Commentaire(s)

Nanar, depuis son mobile, Posté
Au lieu de se pincer le nez il devrait se pincer les fesses non?
R I P O S T E, Posté
François Hollande-Président est à un stade où la vapeur corporel lui monte au cerv-O ( andropause )