Tribune libre de la Chambre d'agriculture :

La Chambre verte propose des pistes de travail


Publié / Actualisé
Le président de la Chambre d'agriculture Frédéric Vienne a tenu une conférence de presse ce vendredi 21 mai 2021 à Saint-Pierre. Il a abordé "les propositions de la Chambre verte en matière d'agriculture dans le cadre des scrutins du mois de juin" indique la Chambre d'agriculture dont nous publions le communiqué ci-dessous. (photo : Chambre d'agriculture)
Le président de la Chambre d'agriculture Frédéric Vienne a tenu une conférence de presse ce vendredi 21 mai 2021 à Saint-Pierre. Il a abordé "les propositions de la Chambre verte en matière d'agriculture dans le cadre des scrutins du mois de juin" indique la Chambre d'agriculture dont nous publions le communiqué ci-dessous. (photo : Chambre d'agriculture)

Nous nous approchons, comme vous le savez, de deux échéances électorales majeures avec les Départementales et les Régionales. Majeures en effet en raison des champs de compétences de ces collectivités avec le Département qui demeure le premier interlocuteur du monde agricole en matière d’investissements mais aussi la Région à travers son rôle primordial pour permettre le développement agricole.

Ce sera bientôt l’occasion de débattre de différents sujets parmi lesquels l’avenir de notre agriculture à l’horizon 2030. Avant toute chose, je tiens à préciser avec mes élu(e)s que nous ne soutenons aucune liste ou candidature en particulier. Ce n’est en effet ni la vocation de notre institution ni l’objet de cette conférence de presse, ici sur les terres diversifiées de Danylo Tailamé à la Cafrine que nous remercions pour son accueil et son implication.

Jusqu’à maintenant, nous avons entendu tout en matière agricole d’où l’importance de recentrer le débat et de rappeler que l’agriculture n’est pas un fourre-tout électoral mais bien une composante majeure de notre économie et de notre société d’où l’importance de garder solidement les pieds sur terre.

Nous sommes par ailleurs agréablement surpris de constater que nombre des projets initiés depuis plus de deux ans par notre équipe à la Chambre d’agriculture semblent désormais trouver un écho favorable à l’image des circuits courts, des magasins de producteurs ou de la nécessaire adaptation des exploitations aux risques climatiques.

Aujourd’hui, à travers ces deux scrutins, il existe des enjeux essentiels :
- Assurer un revenu décent aux agriculteurs ;
- Développer les produits de qualité et les montées en gamme ;
- Assurer et pérenniser l’approvisionnement en denrées alimentaires à la population ;
- Faire de la protection environnementale un avantage pour les agriculteurs ;

- Les propositions de la Chambre d'agriculture -

En matière régionale d’abord quelques pistes de travail :

- A travers le schéma d’aménagement régional (Sar), permettre le développement de toutes les activités mais aussi des aménagements, constructions et logements de nos agriculteurs – en effet, ces documents ne doivent pas rester des éléments bloquants : sans construction intelligente, il sera difficile de tendre vers nos objectifs d’autonomie alimentaire et de diversification ;
- Il devient urgent de reconnaitre la bagasse comme biomasse à part entière dans le cadre de la programmation pluriannuelle de l’énergie pour une meilleure valorisation aux agriculteurs ce qui entrainera une augmentation des revenus ;
- Faciliter l’export de nos productions. Y mettre enfin des moyens en matière logistique et, dans le même temps, freiner voire pénaliser les importations concurrentes de productions locales en saison (ail, oignons, carottes, piments, pommes de terre...) – la production locale ne doit pas être la variable d’ajustement de l’importation, bien au contraire ;
- sur l’octroi de mer jusqu’en 2027 : cette taxe doit permettre la protection et le développement de nos productions locales ;

En matière départementale il s’agira de :

- Faire davantage progresser toutes les filières, la canne, les fruits et légumes, les racines et l’élevage avec le plein soutien et l’écoute des pouvoirs publics ;
- Faciliter la diversification pour tendre vers la souveraineté alimentaire sur les végétaux et viandes. la période du Covid a démontré l’importance d’une production locale solide et forte ;
- Faciliter le circuit court en aménageant et multipliant des lieux de vente pour les agriculteurs ;
- Développer les petites unités de transformation à la taille des territoires pour permettre aux agriculteurs de valoriser leurs productions et ainsi participer au développement des circuits courts sur l‘île ;
- Accompagner tous les modes de production – conventionnels, raisonnes, bio, haute valeur environnementale – car c’est cette complémentarité qui permet de nourrir la population et aux citoyens d’accéder aux produits agricoles locaux ;
- Faciliter et booster l’agritourisme et l’apport agricole au niveau du paysage avec un accompagnement fort et, par exemple, l’ouverture des entreprises au grand public ;
- L’environnement, la biodiversité et l’écologie doivent être au centre de chaque programme. Le changement et les risques climatiques doivent être pris en compte et permettre une accélération dans la transition agroécologique : pour cela il faut mettre l’accent sur la recherche et l’innovation avec un travail collectif en local pour, à titre d’exemple, réduire davantage l’usage des produits phytosanitaires ;

Et, de manière globale, il s’agira aussi de :

- Maintenir et augmenter les enveloppes d’aides européennes, d’état et des collectivités pour une agriculture forte. les négociations en cours sur le prochain programme européen Feader, Feder, FSE.... doivent bénéficier au monde agricole réunionnais dans toute sa pluralité ;
- Faciliter la commande publique (restauration collective) aux agriculteurs en privilégiant davantage la production locale ;

 

 

   

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