L'Afrique du Sud demeure en proie aux inégalités et aux tensions raciales :

Mandela : derrière le mythe, une oeuvre inachevée


Publié / Actualisé
Depuis jeudi soir, l'Afrique du Sud et le monde entier pleurent la disparition de Nelson Mandela, les hommages se multipliant pour saluer l'icône de la lutte contre l'apartheid et le grand réconciliateur de la nation "arc-en-ciel". Mais au-delà du mythe, la réalité sud-africaine est encore bien éloignée des rêves de celui que la population nommait affectueusement "Madiba".
Depuis jeudi soir, l'Afrique du Sud et le monde entier pleurent la disparition de Nelson Mandela, les hommages se multipliant pour saluer l'icône de la lutte contre l'apartheid et le grand réconciliateur de la nation "arc-en-ciel". Mais au-delà du mythe, la réalité sud-africaine est encore bien éloignée des rêves de celui que la population nommait affectueusement "Madiba".

L’œuvre de Nelson Mandela restera comme un combat unique contre le racisme d’un régime ségrégationniste honni par la planète entière. L’ancien prisonnier de Robben Island aura réussi le tour de force d’imposer pacifiquement un processus de réconciliation nationale scellé par une poignée de main historique avec Frederik De Klerk, dernier président afrikaner de l’Afrique du Sud. Une unité retrouvée marquée par le prix Nobel de la paix reçu conjointement par les deux hommes en 1993.

Mais vingt ans plus tard, cette réconciliation politique n’a toujours pas trouvé sa traduction sur le terrain économique et social d’un pays figurant parmi les plus inégalitaires du monde. L’espérance de vie est encore beaucoup plus élevée pour les Blancs que pour les Noirs – qui représentent près de 80 % de la population –, ces derniers étant cinq fois plus frappés par le chômage.

Une société "capuccino"

Depuis la fin de l’apartheid, une bourgeoisie noire a certes émergée, mais avec surtout comme effet de creuser les inégalités au sein d'une communauté où beaucoup vivent encore dans tristement célèbres townships. D’autre part, la redistribution des terres n’a été effective que très partiellement, laissant encore cours à la ségrégation spatiale. Faute d’arc-en-ciel, un humoriste sud-africain qualifie ainsi la société de "capuccino" : "Beaucoup de café noir en bas, une couche de blanc, et quelques copeaux de chocolat noir sur le dessus."

Aussi reste-t-il encore beaucoup à faire dans ce pays de 52 millions d’habitants, première puissance économique du continent africain, où les tensions raciales et la criminalité sont en recrudescence ces dernières années. On compte encore 33 meurtres par jours en Afrique du Sud et les statistiques de la criminalité présentées par le gouvernement le 19 septembre dernier ont fait apparaître les pires résultats depuis dix ans.

C’est que les successeurs de Nelson Mandela à la présidence, Thabo Mbeki puis Jacob Zuma, diluant l’héritage de leur prestigieux prédécesseur dans un froid pragmatisme, se sont avérés incapables de traduire dans la société les rêves d’égalité de "Madiba".

Président de 1994 à 1999, ce dernier s’était ensuite retiré de la vie politique de son pays, dominée par un parti ANC devenu omnipotent. L’après-Mandela avait ainsi déjà bel et bien commencé en Afrique du Sud, mais le pays va désormais devoir apprendre à vivre sans sa figure tutélaire. Et tenter de poursuivre la construction inachevée de cette nation "arc-en-ciel" dont le nom est encore bien éloigné des réalités.

www.ipreunion.com

   

1 Commentaire(s)

Bayoune, Posté
Pour klère inpé noute fanal, é sirtou de bokou de naïfs, qui veulent nous faire prendre des kalbass pou des lanternes - wala in liyin qui rétabli en quelque sorte une autre vérité sur le Mandela, l'homme qui se serait vendu secrètement à DeKlerck et Botha les chefs du régime de l'apratheid:
http://revolisationactu.blogspot.fr/2013/12/vous-avez-vendu-notre-terre-aux.html?m=1