La croissance augmente, le manque d'emplois aussi :

Le paradoxe du chômage réunionnais


Publié / Actualisé
Une croissance économique digne d'un pays émergeant et un taux de chômage inexorablement à la hausse pendant 30 ans, c'est le paradoxe de l'économie réunionnaise révélé par une étude de l'Agence française de développement (AFD) rendue publique ce jeudi 7 octobre 2004 à l'AFD. L'enquête a également déterminé que cette montée du chômage a connu une "rupture historique" à partir de 1998
Une croissance économique digne d'un pays émergeant et un taux de chômage inexorablement à la hausse pendant 30 ans, c'est le paradoxe de l'économie réunionnaise révélé par une étude de l'Agence française de développement (AFD) rendue publique ce jeudi 7 octobre 2004 à l'AFD. L'enquête a également déterminé que cette montée du chômage a connu une "rupture historique" à partir de 1998
Avec un taux moyen de 5% par an entre 1970 et 2000, la croissance de l'île a été rapide. "Elle est près de deux fois supérieure à celle de la France métropolitaine (2,5%) à la même période et sensiblement égale à celle de l'Irlande ou de Maurice" souligne David Naudet, économiste à l'AFD et auteur de l'étude. Ce résultat, honorable, place La Réunion dans le club des pays émergeant ayant réussi leur processus de développement économique.

Différentiel de 1,3%

Pourtant, "tout à fait paradoxalement" selon l'expression de David Naudet, au cours de la même période, le chômage a effectué une montée inexorable passant de 13,1% en 1967 à 41,6% en 1999. Ainsi, en pleine croissance florissante, un tiers des actifs (environ 100 000 personnes) se sont trouvés privés d'emploi.
Mais le paradoxe n'est qu'apparent comme le montre l'analyse des chiffres bruts. Entre 1974 et 1999, la croissance a affiché un taux de 4,8% dont 2,8% en amélioration de l'efficacité du travail (le gain de productivité - ndlr) et 2% en augmentation du nombre d'emploi. Ce dernier chiffre est à rapprocher du taux d'accroissement de la population active : 3,3% par an au cours de la même époque. On arrive à un différentiel de 1,3% (2% d'augmentation des emplois et les 3,3% d'accroissement de la démographie) à traduire en nombre de chômeurs.

Perte d'emploi

À cela s'est ajoutée la destruction massive d'emplois liés à l'économie traditionnelle. "L'agriculture a ainsi perdu 8 000 postes par an au cours de la même période avant de se stabiliser au début des années 90" note David Naudet. De plus ces pertes n'ont été qu'en partie compensées par les emplois créés dans les secteurs marchand et secondaire.
L'enquête a également déterminé que le chômage a connu "une rupture historique" à partir de 1998. L'émergence des emplois aidés (contrat emploi solidarité, contrat d'emploi consolidé, contrat emploi jeune) est l'une des explications de cet état de fait.
   

Votre avis nous intéresse, soyez le premier à vous exprimer !