1 801 306 tonnes de cannes traitées en 2005 :

2005 ou "une petite campagne"


Publié / Actualisé
Les pluies irrégulières et le faible ensoleillement ont entraîné un faible tonnage cette année. Devant ces rendements décevants, les industriels appellent à la mobilisation de tous les acteurs de la filière canne pour préparer les prochaines campagnes.
Les pluies irrégulières et le faible ensoleillement ont entraîné un faible tonnage cette année. Devant ces rendements décevants, les industriels appellent à la mobilisation de tous les acteurs de la filière canne pour préparer les prochaines campagnes.
Une petite campagne. C'est ainsi que les industriels du sucre analysent le bilan de l'année 2005. Avec un peu plus de 1 801 000 tonnes de cannes, La Réunion enregistre une diminution de tonnage de 8% par rapport à 2004. Rappelons que l'année dernière, les deux sucreries (Bois-Rouge et le Gol) ont traité près de 1 970 000 tonnes de cannes, le meilleur chiffre des douze dernières années. C'est dans le Nord et l'Est que la campagne marque un recul important. La sucrerie de Bois-Rouge a traité cette année 855 217 tonnes de cannes.
Cependant, dans le Sud et l'Ouest, on enregistre une baisse moins importante. La sucrerie du Gol a en effet traité 946 089 tonnes de cannes.
La production de sucre, elle, a atteint les 202 200 tonnes. Toutefois, la richesse, enregistrée à 14% est quasi-identique à 2004.

Pluies et secheresse baissent les rendements

Plusieurs raisons sont avancées par les industriels pour expliquer ces résultats. D'abord des raisons climatiques. Une période de pluie suivie d'une période de sécheresse ont en effet sérieusement impacté le rendement.
Ensuite des causes agronomiques. Dans les champs, les replantations ont fortement diminué : 1 000 hectares en 2005 contre environ 3 000 ha les autres années. Conséquence : les souches vieilles ont moins produit. Par ailleurs, les industriels ont noté également un attentisme des producteurs pendant la période de négociation de l'OCM sucre. Une situation qui a entraîné la baisse d'une part, des investissements et d'autre part des efforts d'amélioration des rendements.

De nouveaux outils dans les sucreries

Mais dans les deux sucreries, ce sont quelque 20 millions d'euros qui ont été investis pour un bon fonctionnement technique. Ainsi, à la Sucrerie de Bois-Rouge, l'installation d'un pré-extracteur en amont de la diffusion a permis d'améliorer les performances d'extraction. "C'est une première mondiale", précise Jean-François Moser, directeur général de la Sucrerie de Bois-Rouge. Cet investissement augmente la capacité de traitement des cannes. À la sucrerie du Gol, les dirigeants ont ont investi dans du matériel neuf.
Ces investissements montrent à leur façon la confiance des industriels dans la filière.

Des compensations de 89,2 millions d'euros par an

"L'horizon est clair jusqu'en 2015", affirme même Xavier Théblin, président du syndicat des fabricants de sucre de la Réunion. Une confiance qui trouve son origine dans les décisions du conseil des ministres européens. Face à la baisse du prix du sucre de 36%, les DOM ont en effet obtenu une compensation de Bruxelles de 59 millions d'euros par an. À cela s'ajoute une aide pour l'écoulement. L'enveloppe globale des compensations se monte donc à 89,2 millions par an. C'est la première fois que les professionnels disposent d'une telle visibilité avec des règles du jeu connues et stables sur les neuf prochaines années ", ajoute Xavier Thiéblin.

Préparer la stratégie à moyen et long terme

La Réunion ne connaît pas encore la part qu'elle aura. D'où la nécessité désormais pour tous les acteurs de la filière de sortir de l'attentisme, préparer la stratégie à moyen et long terme. "Il y a du pain sur la planche", reconnaît le président du syndicat des fabricants de sucre de la Réunion.
Aujourd'hui, deux enjeux majeurs sont plus que jamais d'actualité pour réussir la campagne 2006 et les autres : sécuriser le foncier et diminuer les coûts de production.
Dans une motion commune remise à Dominique Bussereau, ministre de l'Agriculture lors de sa visite dans l'île, les planteurs et les usiniers demandent solennellement que l'ensemble des collectivités s'engagent pour fournir à la filière canne les conditions de son développement durable.
   

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