La Réunion veut être classée au patrimoine de l'Humanité :

La nature est aussi un atout économique


Publié / Actualisé
Réunis autour d'un petit déjeuner ce jeudi 21 juin 2007, les patrons de la Réunion étaient invités à découvrir la nature réunionnaise dans son intimité. Le dossier du classement de l'île au patrimoine mondial de l'humanité était à l'honneur. Une telle reconnaissance de la part de l'UNESCO serait un atout incontestable pour l'économie réunionnaise.
Réunis autour d'un petit déjeuner ce jeudi 21 juin 2007, les patrons de la Réunion étaient invités à découvrir la nature réunionnaise dans son intimité. Le dossier du classement de l'île au patrimoine mondial de l'humanité était à l'honneur. Une telle reconnaissance de la part de l'UNESCO serait un atout incontestable pour l'économie réunionnaise.
Ce jeudi 21 juin 2007, les patrons adhérents au MEDEF de la Réunion étaient invités "à dépasser les lourdeurs quotidiennes, les contraintes économiques et sociales journalières, pour se recentrer sur la conscience du patrimoine fantastique réunionnais ". Une initiative prise dans le cadre de la démarche d'inscription de la Réunion au patrimoine mondial de l'UNESCO. Si celle-ci aboutissait, nul doute que les touristes se montreraient encore plus intéressés par notre île. Forme de label internationalement reconnu, l'inscription au patrimoine mondial de l'humanité de l'UNESCO a sauvé de la désuétude, de nombreux sites fabuleux en péril.
Dans un contexte où les touristes se montrent toujours frileux après la crise du chikungunya, une telle nouvelle serait un coup de pouce inespéré à une industrie fortement fragilisée.
René Robert était l'invité de ce petit déjeuner organisé par le président du MEDEF François Caillé. Ce géographe est un des porteurs du projet et passionné de la nature réunionnaise. Avec plusieurs universitaires et chercheurs locaux, il est en train de monter le dossier auprès de l'institution culturelle internationale.

Suffisamment exceptionnelle

Actuellement, l'UNESCO compte environ 800 sites inscrits au patrimoine mondial et devrait arrêter sa liste à 1 000 lieux. L'institution est sollicitée pour deux types de dossiers : des sites culturels (comme Port Louis sur l'île S?ur) ou pour des sites naturels (comme la Réunion).
La première étape consiste à identifier le lieu (sites et paysages volcaniques) puis à le décrire. Le contenu scientifique doit ensuite être comparé aux autres sites pour prouver son caractère unique. Il faut ensuite justifier que le bien va être géré et suivi pour assurer qu'il ne va pas péricliter : ce sera la mission du parc national. Le but est de chercher l'originalité des phénomènes naturels par rapport à ce qui existe à travers le monde, de trouver la meilleure illustration de l'universalité d'un phénomène. Un des phénomènes exceptionnels observés à la Réunion étant l'incroyable rapidité d'évolution des espèces et des phénomènes naturels, cette particularité pourrait être l'argument central. Par ailleurs, à l'heure actuelle, le taux d'endémisme est un des plus importants du monde, mais il faut protéger ce patrimoine.

Atout touristique

Après le volet scientifique vient une partie administrative longue et tatillonne. Le dossier doit être déposé en septembre 2007 date à laquelle une première analyse critique est effectuée par les équipes de l'UNESCO. Le dossier définitif est déposé début 2008 et soumis à l'UICN (union mondiale pour la nature) qui enverra une équipe d'experts dans l'île. Un comité statuera ensuite début 2009.
La Nouvelle Calédonie présente également un dossier, ce qui n'est pas forcément une bonne nouvelle sachant que ces classements sont aussi politiques : on ne classe pas deux sites du même pays à peu d'intervalle et surtout, l'UNESCO cherche à privilégier les pays du sud. Néanmoins, cette "compétition " reste une chance incontestable pour le tourisme. Au moins, la Réunion pourra faire connaître ses spécificités et ses beautés au niveau international. Reste que les difficultés structurelles en termes d'accueil touristique ne seront pas réglées pour autant. Lors d'un précédent petit-déjeuner du MEDEF consacré au tourisme, le préfet, mais aussi des professionnels avaient souligné les problèmes structurels liés à l'économie du tourisme. De cette matinée de discussions, il était apparu que les freins rencontrés après le chik par les professionnels du tourisme ne font que mettre en exergue des dysfonctionnements structurels qui existent depuis plusieurs années. Au premier rang desquels : le manque de concertation. Mais ça, c'est indépendant des atouts naturels fantastiques de la Réunion.
   

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