Production locale :

La filière oignons veut grandir


Publié / Actualisé
En quasi sommeil depuis plusieurs années, la filière oignons est sur le point d'être relancée grâce à un projet mené par la coopérative de fruits et légumes Vivéa et soutenu par le pôle de compétitivité Qualitropic. Le but est de doubler la production locale portant celle des adhérents de Vivéa à 1 000 tonnes d'ici 2013. Le projet lancé en 2006 est d'ores et déjà un succès.
En quasi sommeil depuis plusieurs années, la filière oignons est sur le point d'être relancée grâce à un projet mené par la coopérative de fruits et légumes Vivéa et soutenu par le pôle de compétitivité Qualitropic. Le but est de doubler la production locale portant celle des adhérents de Vivéa à 1 000 tonnes d'ici 2013. Le projet lancé en 2006 est d'ores et déjà un succès.
Cela s'est passé un peu sans que l'on s'en rende compte : en quelques années, La Réunion a laissé l'importation complètement truster le marché de l'oignon. Si celui-ci il avoisine les 9 000 tonnes annuelles, à peine 1 000 tonnes sont produites localement. Le restant de la consommation réunionnaise est importé d'Inde, de Madagascar et de Bretagne. À la production locale, s'est substituée l'importation massive alors que les Réunionnais sont de grands amateurs de ce légume indispensable à la composition d'un bon cari.
Mais en même temps que le constat est établi, la nécessité de réagir est approuvée par les différents acteurs du milieu. Des études visant à améliorer les coûts de production et les variétés ont donc été financées par les pouvoirs publics. Un programme de création variétale a été mis en place en 2002 au CIRAD Réunion pour la création d'une nouvelle variété d'oignons. La création d'hybrides entre une variété d'origine brésilienne et la variété locale " Véronique " est à la base de ce programme de recherche. Avec l'apport des études de l'ARMEFLHOR, une variété nommée " Rose Bourbon " a été découverte et testée. Elle peut donner un rendement supérieur à 30 tonnes/ hectares pour que l'agriculteur puisse être compétitif par rapport à l'export tout en conservant un revenu intéressant.

Se placer dans la concurrence avec l'import

En 2005, c'est la coopérative de fruits et légumes Vivéa qui propose un projet de relance de la filière au pôle de compétitivité en agro-nutrition Qualitropic. L'objectif est de reconquérir une partie du marché local en implantant environ 40 hectares et d'atteindre une production de 1000 tonnes en 2013, pour les seuls adhérents de Vivéa. Une production de 1 000 tonnes permettra de mutualiser les moyens de suivi technique, de mécanisation, d'équeutage, de qualibrage, de stockage et de conditionnement.
L'expérience a donc été lancée l'année dernière avec un groupe de 7 agriculteurs volontaires de l'antenne 4. Etant donné la complexité de ce type de culture, il a été décidé de commencer sur des petites parcelles de un hectare au maximum. En 2006, 59 tonnes ont été récoltées. Un accord avait été passé avec l'enseigne Leader Price qui s'est engagée à acheter la production locale en échange d'animations dans les magasins pour valoriser les oignons pays. L'opération emporte l'adhésion des agriculteurs et en 2007, 16 se lancent dans l'expérience. Ceux déjà présents dans le projet ont le droit d'augmenter la surface des parcelles consacrées à l'oignon.

350 tonnes

Pour cette fin d'année, l'objectif est d'atteindre une production de 350 tonnes. Le succès de l'opération pousse les producteurs à espérer que l'objectif initial de 1000 tonnes en 2013 soit atteint en 2010.
L'idée ne s'arrête pas là. Afin de garantir une alimentation constante des étals des supermarchés ou des primeurs, il faut pouvoir conserver la marchandise. C'est pourquoi le projet prévoit également la construction d'un hangar permettant le séchage et la conservation des bulbes.
" Le challenge, c'est de se placer dans la concurrence avec l'import. A un prix de 70 centimes le kilo pour le producteur, nous serons à parité avec l'export ", explique Jean Pierre Avril, président de Vivéa. Avec, pour le consommateur, la garantie d'un produit frais dont la traçabilité est garantie. L'idée aussi est de "rompre avec la fatalité " et de se dire que "malgré la petitesse de notre marché, on peut produire de l'intelligence et avoir l'ambition de reconquérir le marché. Au moins, nous aurons appris à travailler tous ensemble ", conclut Jean-Pierre Avril.
   

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