Élections régionales :

Didier Robert : "Je me sens mal en cobaye"


Publié / Actualisé
"Mettre en place un pacte économique au service de la création d'emplois et un pacte humain au service de l'Homme réunionnais". C'est la réponse de Didier Robert, député-maire UMP du Tampon, lorsqu'on lui demande de résumer le programme de sa liste pour les régionales des 14 et 21 mars 2010. Celui qui a tenu tête à Jean-Paul Virapoullé, jusqu'à présent leader incontesté de la droite locale, et qui juge la politique de Paul Vergès, "complètement dépassée" mise sur "la raison et la sagesse" plutôt que sur "des rêves de grands projets pour lesquels on ne possède pas le premier sou". Allusion aux dossiers tram-train et Maison des civilisations et de l'unité réunionnaise (MCUR) chères au président sortant de la Région. Ainsi, en cas d'élection à la tête de la pyramide inversée (siège du conseil régional) sa première action sera de mettre un terme définitif au projet de MCUR, car dit-il "je me sens mal en cobaye, les Réunionnais n'ont pas besoin d'être étudiés" Par ailleurs Didier Robert ne s'estime pas responsable de la désunion de la droite, d'ailleurs, dit-il "à une exception près (Jean-Paul Virapoullé - ndlr), toutes les composantes de la droite réunionnaise sont sur ma liste". Entretien.
"Mettre en place un pacte économique au service de la création d'emplois et un pacte humain au service de l'Homme réunionnais". C'est la réponse de Didier Robert, député-maire UMP du Tampon, lorsqu'on lui demande de résumer le programme de sa liste pour les régionales des 14 et 21 mars 2010. Celui qui a tenu tête à Jean-Paul Virapoullé, jusqu'à présent leader incontesté de la droite locale, et qui juge la politique de Paul Vergès, "complètement dépassée" mise sur "la raison et la sagesse" plutôt que sur "des rêves de grands projets pour lesquels on ne possède pas le premier sou". Allusion aux dossiers tram-train et Maison des civilisations et de l'unité réunionnaise (MCUR) chères au président sortant de la Région. Ainsi, en cas d'élection à la tête de la pyramide inversée (siège du conseil régional) sa première action sera de mettre un terme définitif au projet de MCUR, car dit-il "je me sens mal en cobaye, les Réunionnais n'ont pas besoin d'être étudiés" Par ailleurs Didier Robert ne s'estime pas responsable de la désunion de la droite, d'ailleurs, dit-il "à une exception près (Jean-Paul Virapoullé - ndlr), toutes les composantes de la droite réunionnaise sont sur ma liste". Entretien.
* Quelles sont les orientations principales du programme de votre liste pour les régionales ?

- Notre programme repose sur deux axes majeurs. Nous voulons mettre en place un pacte économique au service de la création d'entreprises et donc de l'emploi, ainsi qu'un pacte humain au service de l'Homme réunionnais. Cela passe par le lancement de grands chantiers d'aménagement du territoire et par un développement endogène. Je suis pour mettre le maximum de moyens en faveur de l'expansion des secteurs du tourisme, des nouvelles technologies et de l'agroalimentaire.

* Lorsque vous parlez de grands chantiers, vous pensez à la route du littoral, au tram-train et à la Maison des civilisations ?

- Je pense à la route du littoral. Sa réalisation est une priorité absolue et cela dans les plus brefs délais. D'ailleurs, si les Réunionnais nous confient la direction de la Région, je m'engage à terminer les études et à faire commencer les travaux de construction au cours de cette mandature. Je m'engage aussi à lancer des chantiers d'aménagement du territoire dans les quatre micros régions. Je pense ainsi à l'aéroport de Pierrefonds, à la voie rapide entre Saint-Pierre et Saint-Benoît et à la construction de deux quais de débarquement de port sec à Bois Rouge - Saint-André et au Gol Saint-Louis. Je m'engage enfin à débloquer une enveloppe de 300 millions d'euros en faveur de la construction d'équipements sportifs et culturels dans les 24 communes. Ces chantiers auront le mérite de relancer l'activité du BTP, notamment, dès 2010.

* Cette enveloppe de 300 millions d'euros sera dégagée sur quel fonds, la plupart des crédits sont déjà affectés à d'autres projets ?

- Si besoin est on récupérera les fonds que la majorité actuelle a affectés à la réalisation de la Maison des civilisations. Je n'ai jamais caché être fondamentalement opposé à ce projet. Je ne crois pas que, dans la situation économique et sociale où elle se trouve, La Réunion ait besoin d'un musée qui va coûter 12 millions d'euros, une somme équivalente au budget de la commune de Saint-Philippe.

* L'étude et la recherche historique sur l'identité réunionnaise ne vous semblent pas utiles ?

- Je me sens mal en cobaye. Les Réunionnais n'ont pas besoin d'être étudiés. Je suis plutôt pour la préservation de nos sites historiques et pour l'aménagement de nouveaux lieux culturels afin de permettre la plus large expression artistique possible. Notre programme prévoit ainsi la mise en place d'un fonds d'aide à la création artistique.

* Reste que des crédits ont déjà été votés en faveur de la réalisation de la Maison des civilisations...

- Il suffira de voter une décision modificative pour leur attribution à des chantiers différents. Lorsque l'on a la volonté politique, on peut faire beaucoup de choses. Je suis même prêt si nécessaire à renégocier les accords de Matignon (document signé entre l'État et la Région et portant sur le financement de la nouvelle route du littoral et du tram-train). Croyez-moi, j'ai tous les leviers pour arriver à une réaffectation des crédits, y compris ceux alloués par l'Europe.

* Justement, à propos des accords de Matignon, que pensez-vous du projet tram-train ?

- Ce n'est pas mon projet et celui qui l'a initié s'est pris les pieds dans le tapis. Il a d'abord présenté l'affaire comme étant totalement financée. Finalement, à deux mois des régionales, il a annoncé qui lui manquait 80 millions d'euros par an pour la concrétisation du projet et s'est tourné vers l'État pour réclamer de nouveaux crédits. Ce n'est pas raisonnable.

* Vous êtes donc contre le tram-train ?

- Je dis qu'il faut prendre du recul. Il est vrai qu'il y a un problème de circulation sur le réseau routier, mais ce n'est pas une raison pour faire n'importe quoi.

* Vous proposez quel autre choix ?

- Celui d'un réseau de transports en commun en site propre (TCSP) dans chaque commune. Des bus seraient utilisés pour la desserte.

* Comment circuleraient les bus, le réseau routier est en passe d'être asphyxié ?

- Je ne suis pas responsable de cette asphyxie, c'est Paul Vergès qui est aux commandes de la Région depuis 12 ans.

* Cela ne répond pas à la question de savoir comment les bus vont s'extirper des embouteillages.

- Dans le cadre des TCSP, des couloirs de circulation leur seront réservés. Les bus seraient alors à l'heure et desserviraient leurs circuits dans des délais acceptables. Les usagers potentiels n'attendent que ça pour utiliser ce transport en commun. À ce propos, je ne comprends pas qu'un TCSP n'ait pas été aménagé sur la route des Tamarins.

* Votre programme est globalement similaire à celui de Jean-Paul Virapoullé. Vous n'êtes pourtant pas parvenus à bâtir l'union de la droite.

- Mais ma liste est une liste d'union. À une exception près, celle de la composante dirigée par Jean-Paul Virapoullé. Il a choisi de quitter l'union, il faudrait bien qu'il s'explique sur ses choix fondamentaux. J'attends ce moment avec une certaine délectation.

* Un rapprochement au second tour est-il possible ?

- Tout est possible à partir du moment où l'on partage le même idéal, les mêmes convictions, la même conception et la même volonté de privilégier l'intérêt de La Réunion par rapport aux intérêts personnels.

* Fallait-il mettre la porte-parole de l'ARAST, Valérie Bénard, en 4e position sur votre liste au risque de discréditer son action syndicale ?

- Nous avons fait en sorte de prendre des personnes connaissant parfaitement les dossiers de leur domaine d'intervention. Qui mieux que Valérie Bénard peut parler de social ?

* Vous pensez vraiment que Paul Vergès est dépassé ?

- Sa politique est dépassée. Je prendrai un seul exemple, le programme de formation des jeunes élaboré par la Région remonte à la fin des années 90. Je note aussi que son programme n'est basé que sur deux projets : le tram-train et la Maison des civilisations.

* Vous êtes élu président de la Région, quelle est votre première grande décision ?

- D'abord j'ai un geste fort et symbolique, j'arrête immédiatement le projet Maison des civilisations. Ensuite je réunis les jeunes. Je prends le temps de les écouter et voir avec eux ce qu'il est possible de faire pour l'avenir de La Réunion.

   

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