Réserve naturelle marine de la Réunion :

Un bilan "positif" après trois années d'existence


Publié / Actualisé
Le préfet de la Réunion et les agents de la Réserve naturelle marine ont participé à une sortie en mer ce lundi 7 juin 2010 à l'occasion des Journées de la mer. Une visite de la partie extérieure des récifs de la réserve, une présentation des balises et des différentes zones de protection ont été réalisées. Cette sortie de terrain était également l'occasion de faire le bilan des trois années d'existence de la réserve naturelle marine (RNM), créée en février 2007 : "on constate que les choses évoluent positivement, même si changer les habitudes prend du temps" indiquent les services de contrôle qui agissent dans la réserve.
Le préfet de la Réunion et les agents de la Réserve naturelle marine ont participé à une sortie en mer ce lundi 7 juin 2010 à l'occasion des Journées de la mer. Une visite de la partie extérieure des récifs de la réserve, une présentation des balises et des différentes zones de protection ont été réalisées. Cette sortie de terrain était également l'occasion de faire le bilan des trois années d'existence de la réserve naturelle marine (RNM), créée en février 2007 : "on constate que les choses évoluent positivement, même si changer les habitudes prend du temps" indiquent les services de contrôle qui agissent dans la réserve.
Les récifs coralliens de la Réunion sont le siège d'une grande biodiversité. "Ils sont rès fréquentés pour des activités de loisirs dont les impacts cumulés peuvent être importants et sont soumis à un effort de pêche excessif. Ils doivent par ailleurs supporter des importants flux de pollution du fait des nombreuses activités et infrastructures implantées sur les bassins versants situés à l'amont. Ces récifs sont aujourd'hui considérés à 30 % dégradés et à 50 % menacés" indique la Diren (direction régionale de l'environnement).

"Pour répondre à l'obligation de prendre en compte de manière urgente et efficace un patrimoine naturel marin extrêmement menacé, il manquait un outil qui puisse à la fois réglementer les usages et permettre de gérer cet espace remarquable et complexe" poursuit la Direction régionale de l'environnement. La création de la réserve naturelle nationale marine de la Réunion est la réponse qui est apparue "comme la plus appropriée".

Créée le 21 février 2007, la réserve a pour objectifs d'initier un processus de gestion durable des ressources halieutiques (ressources vivantes aquatiques) côtières et de prévenir les conflits d'usage dans un espace littoral très restreint et très intensément utilisé. Elle sert également de catalyseur à une meilleure planification des bassins versants afin de prévenir les pollutions qui engendrent aujourd'hui de très forts impacts sur l'état de santé des récifs coralliens.

La réserve, d'une superficie de 35 km2, s'étend sur un linéaire côtier de 40 km, à l'ouest de l'île. Elle s'étend du rivage jusqu'à une distance d'un kilomètre en moyenne vers le large. "Il est important de noter que bien que les surfaces récifales réunionnaises sont très réduites (12 km² environ), la biodiversité qu'elles hébergent n'en constitue pas moins un patrimoine naturel exceptionnel puisque les eaux réunionnaises renferment presque autant d'espèces de coraux que l'ensemble de la Polynésie française dont les surfaces récifo-lagonaires sont 1 000 fois plus importantes" assure la Diren.

La structure gestionnaire de la RNM a été créée fin 2007, sous forme d'un groupement d'intérêt public (GIP) "réserve naturelle marine", en lieu et place de l'association Parc marin (APMR), préfiguratrice de cette structure de gestion depuis 1997 (association créée à l'initiative des collectivités locales réunionnaises).

Trois niveaux de réglementation sont mis en place au travers de zonages spécifiques prévus dans le décret de création de la réserve :
- une réglementation générale (niveau 1) applicable à l'ensemble du territoire de la Réserve. Elle concerne la limitation de certains usages ;
- des règles supplémentaires s'appliquent dans les zones de protection renforcée (niveau 2) correspondant à environ 45 % de la superficie de la réserve, dont 20 % de cet espace est réservé à la pêche professionnelle (niveau 2b). 
Dans cette zone, la pêche est interdite ou limitée à certains usages, notamment traditionnels ;
- des zones de protection intégrale (niveau 3) sur environ 5 % de la superficie de la réserve. Dans ces espaces, toutes formes d'activités, travaux, fréquentations, circulations, mouillages ou amarrages sont interdits.

Des arrêtés préfectoraux complémentaires ont été élaborés pour préciser certaines règles. L'arrêté relatif à la pêche professionnelle définit, au sein de la réserve naturelle marine, les zones réservées à cette activité. Dans les zones de protection renforcée est seulement autorisé l'exercice de la pêche du crabe girafe, de la pêche du capucin nain et de la pêche à la traîne des calmars et poissons pélagiques ciblés. Enfin les zones de protection intégrale sont interdites à toute pêche.

L'arrêté relatif à la pêche de loisir précise que, dans les "lagons", cette activité se pratique uniquement à pied ou en apnée, et exclusivement sur les fonds sableux. En dehors des lagons, elle peut s'exercer à partir d'une embarcation. Il est interdit de marcher sur les coraux. La pêche de loisir est interdite dans les zones de protection renforcée, à l'exception de l'exercice des pêches traditionnelles. La pêche est strictement interdite dans les zones de protection intégrale. La pêche à pied à la ligne reste autorisée depuis les rivages rocheux volcaniques et les plages de sable noir, en dehors des zones de récifs coralliens.

L'arrêté relatif à la circulation des navires, des engins de plage et de sports nautiques réglemente notamment les loisirs nautiques dans la Réserve. Les embarcations et engins à moteur sont interdits dans les lagons.

Pour les baigneurs, il est recommandé de ne pas marcher sur les coraux et de ne pas les toucher, car cela peut accélérer leur dégradation. Pour les personnes pratiquant le snorkeling (palmes, masque, tuba), une circulation à pied entre es massifs coralliens est tolérée. Dans les zones de protection intégrale, toute activité est interdite pour permettre le repeuplement plus rapide des récifs, poissons et coraux s'y développent jusqu'à l'âge adulte.

Les partenaires de la mer (Etat, gendarmerie, GIP réserve naturelle marine de la Réunion, BNOI) ont signé ce lundi une convention de partenariat entre les forces de police pour la surveillance de la réserve naturelle. Au sein de la réserve, les missions de surveillance et de police sont ainsi exercées conjointement par les services de la brigade nautique côtière (gendarmerie nautique), de la Brigade de la nature Océan Indien (BNOI) (qui dépend de l'Office des eaux et forêts) et les éco-gardes de la réserve. La convention de partenariat permettra de coordonner et d'optimiser ces missions de surveillance effectuées par les 3 entités de police.

Le dispositif de surveillance et de police des pêches dans la réserve naturelle marine mis en place à partir de 2008 affiche "des résultats en très nette progression qui contribuent à enrayer le braconnage et l'appauvrissement du lagon" assure la direction de la réserve. Au 1er mai 2010, 50 infractions, 27 sanctions administratives, 45 saisies (dont un navire) et 17 transmissions au parquet pour poursuites pénales ont été constatées, contre 33 infractions, 14 sanctions administratives et 41 saisies de matériel et de produit de la pêche en 2008. Ces chiffres à la hausse sont "à rapporter également au nombre croissant d'agents de surveillance et de police sur le terrain. Pendant deux ans, nous avons eu des missions d'information, aujourd'hui, nous sommes dans une phase de verbalisation" explique Yannick, responsable des gardes de la réserve naturelle marine. "Au bout de trois ans de travail, nous savons bien que changer les habitudes prend du temps, mais dans les zones de protection de la réserve et les zones dites sanctuaires, les poissons sont là, c'est indéniable. La réserve porte ses fruits. Mais les ressources de la mer ne sont pas intarissables, il faut être conscient de cette réalité" poursuit le responsable des éco-gardes.

Le GIP a été doté, en 2009, d'un budget de 900 000 euros, réparti entre l'Etat, la Région, le Département, le TCO (territoire de la côte ouest) et les communes de Saint-Paul, Saint-Leu et Trois-Bassins.

Annabelle Ovré pour
   

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