Chasse sous-marine autorisée dans la réserve :

Tollé des scientifiques et recul probable du préfet


Publié / Actualisé
Ce vendredi 18 novembre 2011, Imaz Press Réunion révélait que la préfecture avait autorisé la pêche sous-marine au sein de la réserve marine par le biais de l'arrêté n°1775 en date du 10 novembre 2011 dans le cadre de l'autorisation de marquage des requins. Et cela alors que cette pratique est strictement interdite depuis la mise en place du parc marin. Au sein de la communauté scientifique, cette autorisation a créé un véritable tollé, notamment pour l'association Squal'Idées, pourtant coordonateur des opérations de marquage. Son co-fondateur, Géry Van Grevelynghe, jugeait même la capture d'appâts vivants en chasse sous-marine pour attirer les requins "inappropriée", et soulevant au passage que "les gens vont se demander pourquoi dans le cadre d'une démarche scientifique, on tolère cette pratique, tandis que pour le loisir, on est en infraction". L'association Sea Shepherd se préparerait de son côté à déposer un dossier préalable à un recours en annulation de cet arrêté devant le tribunal administratif. Selon les dernières informations, au niveau de la préfecture, un nouvel arrêté modificatif à celui du 10 novembre est en cours de préparation.
Ce vendredi 18 novembre 2011, Imaz Press Réunion révélait que la préfecture avait autorisé la pêche sous-marine au sein de la réserve marine par le biais de l'arrêté n°1775 en date du 10 novembre 2011 dans le cadre de l'autorisation de marquage des requins. Et cela alors que cette pratique est strictement interdite depuis la mise en place du parc marin. Au sein de la communauté scientifique, cette autorisation a créé un véritable tollé, notamment pour l'association Squal'Idées, pourtant coordonateur des opérations de marquage. Son co-fondateur, Géry Van Grevelynghe, jugeait même la capture d'appâts vivants en chasse sous-marine pour attirer les requins "inappropriée", et soulevant au passage que "les gens vont se demander pourquoi dans le cadre d'une démarche scientifique, on tolère cette pratique, tandis que pour le loisir, on est en infraction". L'association Sea Shepherd se préparerait de son côté à déposer un dossier préalable à un recours en annulation de cet arrêté devant le tribunal administratif. Selon les dernières informations, au niveau de la préfecture, un nouvel arrêté modificatif à celui du 10 novembre est en cours de préparation.
Pour rappel, l'arrêté du 10 novembre autorise la capture en chasse sous-marine d'appâts vivants (perroquet, licorne et carangue) au sein du parc marin, afin de faciliter les opérations de marquage des requins. Ces prélèvements devront être faits "dans des quantités strictement proportionnées", dit l'arrêté. Aucune précision n'est donnée sur la qualité des personnes autorisées à pratiquer ces captures.

Pour Géry Van Grevelynghe, spécialiste des requins et co-fondateur de Squal'Idées, si l'utilisation de proies vivantes "n'est pas scandaleuse", "elle pose problème car on capture ces proies en chasse sous-marine alors que cette activité est une infraction". Selon lui, la décision d'apporter des modifications au premier arrêté en date du 17 octobre 2011 réglementant le marquage des squales - sans autoriser la chasse sous-marine - est due à un "empressement de la part des autorités" car aucun requin de type bouledogue n'a été marqué jusqu'à maintenant. "La préfecture voulait un résultat rapide, le pêcheur chargé d'attraper les squales s'est retrouvé sous pression et a donc proposé la technique de capture à base d'appâts vivants", commente-t-il.

Pourtant, il estime que "ce n'est pas parce qu'on a pas attrapé des requins bouledogues, accusés d'être responsables des attaques près de nos côtes, que l'opération de marquage est forcément un échec. C'est peut-être au contraire un début d'information", comme de quoi les bouledogues ne seraient pas sur zone actuellement.

Il voit un autre inconvénient majeur à cette autorisation de chasse sous-marine. C'est, dit-il, "un appel négatif à la chasse dans la réserve. Les gens vont se demander pourquoi dans le cadre d'une démarche scientifique, on tolère cette pratique, tandis que pour le loisir, on est en infraction". En effet, conformément à la réglementation sur la protection de la réserve marine, la loi punit toute action de chasse sous-marine dans l'enceinte du parc et les contrevenants encourent de lourdes amendes. Difficile dès lors pour un particulier de comprendre que l'on puisse à la fois interdire la chasse sous-marine de subsistance ou de loisir dans l'enceinte de la réserve et l'autoriser pour accélérer la capture de requins.

   

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