Jean-Yves Minatchy, président de la chambre verte :

"L'agriculture va bien... mais nous devons crier"


Publié / Actualisé
Bientôt la fin de ballet pour les cachalots dans la région Nord et Est de l'île. Ce vendredi 9 décembre 2011, la campagne sucrière touchera à sa fin. Annoncée comme "médiocre" en raison de mauvaises conditions climatiques, par Jean-Yves Minatchy, président à la chambre d'agriculture, en début de coupe, les résultats sont finalement positifs. Tout irait donc pour le mieux dans le secteur de la canne et cette bonne santé s'étendrait à toute la filière agricole. C'est du moins ce que pense le président de la chambre verte mais, insiste-t-il, "dire que tout va bien ne veux pas dire qu'il n'y a pas de problèmes, c'est la raison pour laquelle nous devons crier et revendiquer"
Bientôt la fin de ballet pour les cachalots dans la région Nord et Est de l'île. Ce vendredi 9 décembre 2011, la campagne sucrière touchera à sa fin. Annoncée comme "médiocre" en raison de mauvaises conditions climatiques, par Jean-Yves Minatchy, président à la chambre d'agriculture, en début de coupe, les résultats sont finalement positifs. Tout irait donc pour le mieux dans le secteur de la canne et cette bonne santé s'étendrait à toute la filière agricole. C'est du moins ce que pense le président de la chambre verte mais, insiste-t-il, "dire que tout va bien ne veux pas dire qu'il n'y a pas de problèmes, c'est la raison pour laquelle nous devons crier et revendiquer"
* La campagne sucrière 2011 touche à sa fin dans la région Nord et Est. Est-elle aussi morose que vous l'aviez prédit ?

- Contrairement à nos prévisions, nous avons fait mieux que l'an dernier. Sur l'usine de Bois-Rouge, 960 000 tonnes ont été livrées au lieu de 948 000 tonnes l'an dernier. À Sainte-Rose, par exemple, nous avons battu un record historique et nous avons dû augmenter les quotas des planteurs. Dans le Sud, les chiffres devraient tourner autour de 925 000 à 930 000 tonnes. Concernant la richesse, elle s'élève à 13,3 points au lieu de 13,2 en 2010. C'est assez encourageant pour la suite, notamment grâce aux nouvelles variétés de cannes, R582 à R585.

* Pourtant à en croire certains agriculteurs, ces nouvelles variétés sont beaucoup moins résistantes à la pluie...

- C'est peut-être le cas dans les bas de l'île mais elles ont permis un gain important en productivité dans le secteur des hauts. Le tonnage à l'hectare a quasiment doublé, passant de 40 tonnes à 80, voire 100 tonnes, actuellement.

* Si tout va bien, dans ce cas, pourquoi les agriculteurs manifestent et revendiquent constamment ?

- Dire que tout va bien ne signifie pas qu'il n'y a pas de problèmes. Au mois de juin, par exemple, si les planteurs n'avaient pas crié, ils n'auraient pas obtenu un total d'aides de 4,4 millions d'euros.

* Sincèrement, vous n'avez pas l'impression d'en faire trop, de revendiquer sur tous les sujets par principe ?

- Quand l'incendie est là, il faut bien l'éteindre. Soit nous sommes là pour faire bouger les choses, soit nous démissionnons.

* L'agriculture est le secteur le plus subventionné dans l'île...

- Citez moi un secteur dans l'île qui n'est pas subventionné par l'État à La Réunion. Regardez la nouvelle route du littoral, les ronds-points etc. D'où vient l'argent ? De l'État. Tout est subventionné de A à Z.

* La canne est donc un secteur sous perfusion...

- Non, ce n'est pas un secteur sous perfusion. Nous avons besoin de la filière cannes. Elle génère près de 20 000 emplois dans l'île. Et puis, la canne, ce n'est pas que le sucre. Elle touche aussi le secteur de l'énergie, du développement durable. Tout est bon dans la canne.

* Doit-on comprendre que la canne a encore de beaux jours devant elle ?

- C'est une filière avec un bel avenir. Le sucre de canne est d'ailleurs le plus vendu au monde.

* L'agriculture réunionnaise en général a-t-elle encore de l'avenir?

- Selon une étude de l'Insee, l'agriculture est le secteur qui rapporte le plus. Tout le monde a besoin de ce secteur. De toutes les façons, quelle que soit la situation, quelle que soit la conjoncture économique, il faudra bien se nourrir. À La Réunion comme ailleurs on a besoin de l'agriculture pour vivre.

Propos recueillis par Émilie Sorres pour
   

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