Réforme du baccalauréat - Luc Chatel fait ses propositions :

Les options et le second tour dans le collimateur


Publié / Actualisé
Le ministère de l'éducation nationale, de la jeunesse et de la vie associative, et les inspections générales ont présenté le rapport "Propositions pour une évolution du baccalauréat" le lundi 12 mars 2012. L'objectif : redonner ses lettres de noblesse à l'épreuve, mais aussi sécuriser le baccalauréat suite aux incidents survenus en 2011. Ces propositions comprennent entre autres la réduction du nombre d'options facultatives et le remplacement des épreuves du second groupe par l'examen du livret scolaire. Des mesures qui inquiètent autant les syndicats enseignants que les associations de parents d'élèves.
Le ministère de l'éducation nationale, de la jeunesse et de la vie associative, et les inspections générales ont présenté le rapport "Propositions pour une évolution du baccalauréat" le lundi 12 mars 2012. L'objectif : redonner ses lettres de noblesse à l'épreuve, mais aussi sécuriser le baccalauréat suite aux incidents survenus en 2011. Ces propositions comprennent entre autres la réduction du nombre d'options facultatives et le remplacement des épreuves du second groupe par l'examen du livret scolaire. Des mesures qui inquiètent autant les syndicats enseignants que les associations de parents d'élèves.
Le gouvernement a présenté ce lundi ses propositions pour faire évoluer le baccalauréat. Parmi elles, la réduction du nombre d'options au bac. Les matières facultatives, comme le latin, la LV3 (troisième langue vivante), le dessin, la musique ou autres, passeraient ainsi à la trappe, pour la simple raison que ces options expliquent 26% des mentions très bien en série S (scientifique) et jusqu'à 40% des mentions très bien en série L (littéraire) au niveau national.

L'éventuelle disparition de ces options provoque l'indignation des syndicats enseignants et des associations de parents d'élèves. "Je suis outrée par cette proposition. Depuis cinq ans, le gouvernement est entré dans une démarche progressiste pour supprimer l'offre, et encore une fois, on vient s'attaquer à la diversité des enseignements", s'indigne Marie-Hélène Dor, secrétaire départementale adjointe à la FSU (fédération syndicale unitaire).

"Avec cette réforme, on fait un pas en arrière, on revient à l'époque napoléonienne avec un seul tronc commun et pas de place pour la diversité. Pourquoi avoir mis en place ces options si c'est pour les supprimer après ? Que vont devenir ceux qui ont choisi telle ou telle matière en option ?", demande pour sa part Jean-Odel Oumana, vice-président de la FCPE (fédération des conseils de parents d'élèves) à La Réunion.

Parmi les autres mesures énoncées, il y a la mise en place d'une évaluation continue plutôt que des épreuves terminales à la fin de l'année, ce qui amènerait à remplacer les épreuves du second groupe par l'examen du livret scolaire. "Ce remplacement va créer des disparités de résultats dans les établissements parce que l'évaluation n'est pas la même d'un professeur à l'autre. Une telle mesure peut inciter certains enseignants à gonfler les livrets dans un esprit de compétitivité avec d'autres établissements. Ça faussera complètement les résultats", souligne Marie-Hélène Dor.

Le gouvernement souhaite aussi introduire des seuils éliminatoires dans les disciplines les plus importantes de chaque série au baccalauréat. "Le ministre veut ajouter de la difficulté au bac", estime Marie-Hélène Dor. "Le système des coefficients est suffisant pour montrer la différence entre les matières principales et secondaires. Mettre en place des seuils éliminatoires, ça peut être dangereux, surtout en ce qui concerne les matières où les résultats peuvent être assez aléatoires, comme la philosophie", note la secrétaire départementale adjointe de la FSU.

Enfin, pour sécuriser l'examen, après la fuite d'un sujet de mathématiques dans la série scientifique en 2011, le gouvernement prévoit de créer une commission de discipline spécifique pour les fraudes au baccalauréat.

Jean-Odel Oumana regrette, lui, que ces mesures soient décidées de manière "unilatérale". "La méthode n'est pas la bonne. A ce que je sache, ni la FCPE, ni la PEEP, n'a été contactée pour donner son opinion sur ces propositions de réformes. Il faut une réforme du baccalauréat, certes, mais ce n'est pas comme ça qu'on devrait la faire. Il faut réunir toutes les parties concernées autour d'une table pour trouver les bonnes mesures à prendre", conclut-il.

Samia Omarjee pour
   

2 Commentaire(s)

Saisei, Posté
Ce qui m'exaspère, c'est le livret. Le bac sur livret ! La blague. Ok les élèves trichent. Les profs ont déjà le dessus sur le bulletin, s'ils se mettent à nous saquer sur le livret, on fait quoi nous? On fait quoi de la triche des professeurs? On fait les bons élèves hypocrites tous les ans? Non merci. Pourquoi on donnerait pas un coup de fouets aux correcteurs et aux critères de corrections? Ah non, faut qu'on s'en prenne aux options sans lesquelles l'année serait bien ennuyeuse et peu épanouissante. Pour une fois qu'on peut nous évaluer sur un choix à part entière, qu'on peut faire la différence sur une épreuve.
Npk..., Posté
des notes éliminatoires au bac ? c'est n'importe quoi ! moi, j'ai eu 8 en philo als que j'étais en série L, ça veut dire que j'aurais pas du avoir mon bac parce que j'étais pas douée dans une matière ?? pff... et pour les options, franchement, si on prend des matières facultatives, c'est bien pour avoir des points en plus et espérer décrocher une mention...c'est ridicule de vouloir les supprimer ou les réduire...