Enquête de l'obsevatoire citoyen sur les pratiques des dentistes :

La Réunion : pas de "dérives inacceptables" sur les frais dentaires


Publié / Actualisé
L'Obsevatoire citoyen des restes à charge en santé s'est penché sur les frais dentaires, grand volet des dépenses de santé. Une étude a été publiée le lundi 25 novembre 2013, analysant 177 000 devis et les données de l'assurance-maladie. L'observatoire, qui représente 60 millions de consommateur, la société Santéclair et le Collectif interassociatif sur la santé (CISS) dénonce des prix élevés. L'enquête pointe également du doigt des "dérives inacceptables". Si à Paris, les dépassements d'honoraires sont courants, à La Réunion, nos dentistes passent pour de bons élèves. Imaz Press Réunion s'est procuré quelques chiffres concernant notre île. Il en ressort que les frais dentaires pratiqués à la Réunion sont globalement dans la moyenne nationale.
L'Obsevatoire citoyen des restes à charge en santé s'est penché sur les frais dentaires, grand volet des dépenses de santé. Une étude a été publiée le lundi 25 novembre 2013, analysant 177 000 devis et les données de l'assurance-maladie. L'observatoire, qui représente 60 millions de consommateur, la société Santéclair et le Collectif interassociatif sur la santé (CISS) dénonce des prix élevés. L'enquête pointe également du doigt des "dérives inacceptables". Si à Paris, les dépassements d'honoraires sont courants, à La Réunion, nos dentistes passent pour de bons élèves. Imaz Press Réunion s'est procuré quelques chiffres concernant notre île. Il en ressort que les frais dentaires pratiqués à la Réunion sont globalement dans la moyenne nationale.

Pour les besoins de son enquête, l’Observatoire citoyen des restes à charge en santé a analysé les chiffres de l’assurance-maladie, ainsi que 177 000 devis. Parmi toutes ces données récoltées, se trouvent des informations concernant notre département. L’étude a par exemple dénoncé des dépassements d’honoraires abusifs, aux montants élevés à Paris (près de 10 euros par acte).

A La Réunion, Frédérick Cosnard, directeur médical de Santéclair, parle de chiffres "anecdotiques." En moyenne, les dépassements d’honoraires représentent environ 80 centimes pour les soins conservateurs (dévitalisation dentaire). Il faut tout de même être prudent avec ce chiffre qui est une moyenne des actes, les dépassements d’honoraires pratiqués sur l’île peuvent par exemple être exceptionnels mais pratiqués à des tarifs élevés. "Mais en moyenne, La Réunion connaît une situation assez proche du niveau national. Mais il faut le rappeler que ces pratiques sont illégales", souligne le responsable de la société de conseil en santé.

D’après l’observatoire, la facture pour une couronne à la Réunion est en moyenne de 290,10 euros. Cette somme est entièrement à la charge du patient, après remboursements obligatoire et complémentaire. "La couronne, c’est un exemple emblématique des tarifs pratiqués par les dentistes. Le problème, c’est que la caisse d’assurance-maladie, ne précise pas le matériau utilisé lors du soin. Ils mélangent les tomates et les carottes", commente Frédérick Cosnard.

En effet, la pose d’une couronne est regroupée sous l’appellation SPR50 par la CGSS. Une catégorie qui va de la pose d’une couronne en métal non précieux à la couronne tout céramique, avec des tarifs vont du simple au triple. "Ce sont des chiffres moyennés à prendre avec beaucoup de prudence et qui dépendent de l’équipement des prestations. Cette somme de 290 euros doit être fortement tirée par des couronnes métalliques. Mais nous sommes encore ici dans une moyenne nationale", précise le directeur médical de Santéclair.

Autre prestation phare des soins dentaires : l’orthodontie. Le tarif à charge des patients réunionnais est de 345,57 euros pour un semestre actif, et de 432,52 lorsqu’il s’agit d’un soin pratiqué par un spécialiste en orthopédie dento-faciale. Des prix qui sont aussi dans la moyenne nationale. "Par rapport à ce qui se passe à la Martinique ou en Guadeloupe, la Réunion est un département ultramarin avec des tarifs raisonnables", analyse Frédérick Cosnard.

Néanmoins, les tarifs appliqués par les médecins restent encore trop élevés pour les associations de consommateurs. Noor-Olivier Bassand, président de l’association Roul Pa Nou, est scandalisé : "l’étude est bien faite, elle démontre que des gens profitent d’un marché qui est captif, et de la situation d’urgence sociale des plus faibles d’entre nous. Ils se gavent d’une manière éhontée, c’est ignoble." Celui qui représente les consommateurs réunionnais solidaires dit croiser souvent des personnes qui se privent de soins, ou qui partent à Maurice pour bénéficier de prestations moins chères. Un constat, que le diplômé de l’école polytechnique d’assurance, tient à nuancer : "la France est un pays où la couverture maladie est la mieux développée. Mais cela signifie que nous devons être particulièrement éveillé, pour que les acquis sociaux soient conservés."

Contacté, le conseil départemental de l’Ordre national des chirurgiens dentistes n’a pas pu donner suite à nos sollicitations, son responsable étant hors département.

www.ipreunion.com

   

1 Commentaire(s)

Assuré petit money, Posté
Trop de dentistes à La Réunion refusent de faire des soins nécessaires et appropriés pour les patients mais estimés peu "profitables", et s'obstinent à imposer des "produits qui leur rapportent énormément, neutralisant non seulement les efforts de la Sécurité sociale et des mutuelles alors que ces dernières continuent d'augmenter de manière exponentiel les cotisations (notons au passage qu'ils refusent aussi le tiers payant) . A cela il convient d'ajouter qu'après avoir changé plusieurs fois de dentistes, lorsque le patient tente de se tourner vers les services des hôpitaux, ces derniers se font renvoyer comme des malpropres au motif que l'hôpital public ne s'occuperait qu'essentiellement des malades hospitalisés . Au final, on se retrouve avec des dentistes qui ne veulent soigner ce pour quoi la santé publique les paye, ils se comportent comme des business men . Donc au-delà de la mauvaise prise en charge de ces types de soins et de l'augmentation de plus en plus insupportable de la participation du patient, et contrairement aux apparences, les patients n'y trouvent pas du tout leur compte . Beaucoup, de guère lasse, finissent par ne plus se soigner . Le problème est donc grave et nécessite un toilettage des méthodes d'exploitation du marché et une reprise en main par la sécurité sociale de ses obligations . En diminuant son train de vie et en revoyant ses comptes, la CGSS parviendrait à mieux financer les soins dont les Français ont besoin .