Justice :

Les factures téléphoniques de plusieurs magistrats passées au crible


Publié / Actualisé
Alors que les tensions au sein du parquet de Saint-Denis ont pris une nouvelle dimension la semaine dernière autour du cas du procureur Philippe Muller, la suspicion semble plus que jamais de mise dans le petit monde de la justice réunionnaise. L'administration judiciaire serait en train de passer au crible les factures détaillées des téléphones mobiles professionnels de plusieurs magistrats ainsi que les GSM attribués aux juges d'instruction et aux membres du parquet de permanence. Une intrusion soulevant beaucoup d'interrogations, d'autant qu'elle n'aurait fait l'objet d'aucune communication auprès des intéressés.
Alors que les tensions au sein du parquet de Saint-Denis ont pris une nouvelle dimension la semaine dernière autour du cas du procureur Philippe Muller, la suspicion semble plus que jamais de mise dans le petit monde de la justice réunionnaise. L'administration judiciaire serait en train de passer au crible les factures détaillées des téléphones mobiles professionnels de plusieurs magistrats ainsi que les GSM attribués aux juges d'instruction et aux membres du parquet de permanence. Une intrusion soulevant beaucoup d'interrogations, d'autant qu'elle n'aurait fait l'objet d'aucune communication auprès des intéressés.

Depuis quelque temps maintenant, sérénité et confiance sont des notions ayant délaissé l’administration judiciaire réunionnaise. Notamment au sein du parquet de Saint-Denis, où le cas du procureur de la République Philippe Muller cristallise les tensions, ce dernier faisant l’objet d’une "proposition de mutation" de la part de la chancellerie, mais aussi d’un avertissement de la part du procureur général Claude Laplaud. Deux procédures que l’intéressé entend contester, comme l’a indiqué son avocat maître Gangate ce vendredi 9 mai.

L’ambiance est donc très loin d’être au beau fixe, la suspicion et la méfiance gagnant chaque jour un peu plus de terrain. C’est dans ce contexte que l’administration judiciaire aurait diligenté un examen très approfondi des factures téléphoniques détaillées des mobiles professionnels de certains magistrats.

Or si un contrôle des factures des téléphones professionnels peut apparaître légitime pour détecter un éventuel dépassement de forfait, l’analyse menée actuellement semble aller beaucoup plus loin. Bien au-delà d’un simple contrôle d’usage, il s’agirait d’examiner tous les numéros entrants et sortants, tous les SMS envoyés et reçus, mais aussi tous les accès internet utilisés. Cet épluchage minutieux concernerait donc les téléphones de plusieurs magistrats ainsi que les téléphones de permanence des juges instructeurs et des parquetiers.

Le déclenchement d’une telle procédure n’est pas chose courante et est loin d’être anodin. A priori, l’intéressé doit être averti d’une telle analyse de ses relevés téléphoniques, même professionnels. Dans le cas contraire, c’est une forme d’atteinte au respect de la vie privée.

Or aucune communication officielle, aucune demande n’a été formulée en ce sens auprès des magistrats ciblés. "Il y a deux possibilités : soit il s'agit d'un contrôle comptable interne de routine, soit il s'agit d'une procédure judiciaire, mais je n'ai aucune information à ce sujet", précise le secrétaire général de la cour d'appel de Saint-Denis, Philippe Faisandier, ancien procureur de Mayotte ayant notamment requis dans l'affaire Roukia.

"Je ne suis pas au courant, je n’ai pas de commentaires à faire", confie de son côté le procureur Philippe Muller. A noter qu'il aurait d’ailleurs dû être saisi s’il s’agissait d’un simple contrôle des dépassements de forfait de factures. Ce qui n’a pas été le cas.

Quel serait le but de telles investigations et d’une telle intrusion ? Le climat de tensions au sein du parquet de Saint-Denis, entre les "pro-Muller" et les "anti-Muller ", y serait-il pour quelque chose ? Pourquoi seuls certains magistrats seraient visés ? Autant de questions sans réponse pour le moment…

Ce qui est certain est que l’administration judiciaire n’a guère apprécié – le mot est faible – certaines fuites dans la presse, notamment la révélation par Imaz Press, le 8 avril dernier, d’une note officielle du parquet général. Il était demandé à Philippe Muller d’intervenir dans l’affaire du trafic de drogue à Mayotte mettant en cause plusieurs gendarmes. Cela afin que le juge d’instruction mahorais Hakim Karki accepte de se dessaisir de la partie du dossier sur laquelle il enquête au profit de Jean-Pierre Niel, doyen des juges d'instruction à Saint-Denis, qui mène des investigations dans une autre partie de ce dossier.

L’un des objectifs de l'épluchage des factures pourrait alors être d’identifier d’éventuels échanges téléphoniques entre magistrats et journalistes. En toute contradiction avec la loi sur le secret des sources...

www.ipreunion.com

   

5 Commentaire(s)

René, Posté
Ou en n'est l’enquête?? Maintenant sans Muller tout enquête dossiers sera enterré , on veux savoir qui été derrière les non des journalistes Ripoux l' enquête citoyens le sait déjà on veux que ce soi officiel
Eveilcitoyen974, Posté
Une nouvelle pétition est en ligne...
http://www.mesopinions.com/petition/justice/maintien-procureur-muller-reunion-soutien-institution/12027
RUN DAN, Posté
Un panier crabe l’administration judiciaire réunionnaise .
Boulevard Voltaire en France en parle... En déformant la réalité des faits par un journaleux à côté de ses pompes dans son article
CQFD
Tartealacreme, Posté
Parlant de relevés téléphoniques fait sur des téléphones professionnels, dire "Dans le cas contraire, c’est une forme d’atteinte au respect de la vie privée." est hors de propos. Les téléphones professionnels, payés par le contribuable en l’occurrence, ne doivent servir qu'à des communications professionnels et tout contrôle de l'employeur est normal. S'en étonner est juste pour les magistrats concernés une tentative d'échapper à leurs responsabilités.
Moi plus rien ne m'étonne dans ce domaine.
Eveilcitoyen974, Posté
Boulevard Voltaire en France en parle...
http://www.bvoltaire.fr/francoisteutsch/taubira-mute-procureur-parce-quil-voulait-travailler,59604