Un collectif porte plainte contre l'ex-Premier ministre et le député réunionnais :

Jean-Marc Ayrault et Patrick Lebreton accusés de "provocation à la discrimination raciale"


Publié / Actualisé
Le groupe se nomme "Collectif républicain antiraciste et résistant". Le 5 avril 2014, ce mystérieux collectif a déposé une plainte pour "provocation à la discrimination raciale" à l'encontre de Jean-Marc Ayrault, accompagnée d'une seconde plainte, déposée le 4 mai 2014, à l'encontre du député-maire de Saint-Joseph Patrick Lebreton pour "provocation à la haine et à la discrimination raciale". Les membres de ce collectif anonyme mettent en cause le rapport commandé par le Premier ministre de l'époque au parlementaire réunionnais concernant la régionalisation de l'emploi ultramarin, estimant que la "préférence régionale" et la "régionalisation de l'emploi" s'apparentent à des thèses "racistes".
Le groupe se nomme "Collectif républicain antiraciste et résistant". Le 5 avril 2014, ce mystérieux collectif a déposé une plainte pour "provocation à la discrimination raciale" à l'encontre de Jean-Marc Ayrault, accompagnée d'une seconde plainte, déposée le 4 mai 2014, à l'encontre du député-maire de Saint-Joseph Patrick Lebreton pour "provocation à la haine et à la discrimination raciale". Les membres de ce collectif anonyme mettent en cause le rapport commandé par le Premier ministre de l'époque au parlementaire réunionnais concernant la régionalisation de l'emploi ultramarin, estimant que la "préférence régionale" et la "régionalisation de l'emploi" s'apparentent à des thèses "racistes".

Difficile de savoir qui se cache derrière ce Collectif républicain antiraciste et résistant, dont on ne trouve guère de traces. Dans un communiqué, les membres se présentent uniquement comme des "Républicains et militants antiracistes depuis toujours et de toutes origines", qui considèrent que "par nature le racisme n’a sa place nulle part sur le territoire de la République".

C’est en ce sens qu’ils s’attaquent à Jean-Marc Ayrault, qu’ils accusent de "provocation à la discrimination raciale suite à la lettre de mission (...) du 8 avril 2013 portée à la connaissance du grand public en intégralité lors de la remise du rapport de Monsieur Patrick Lebreton le 5 décembre 2013". Une plainte a été déposée en ce sens le 5 avril dernier auprès de la Cour de justice de la République, cette dernière ayant confirmé qu’un dossier était bien constitué et serait examiné par la commission des requêtes.

Dans la foulée, le 4 mai 2014, le collectif a déposé auprès du tribunal de grande instance de Paris une seconde plainte avec constitution de partie civile contre le député-maire de Saint-Joseph, pour "provocation à la haine et à la discrimination raciale".

Leur cible est le rapport déposé par Patrick Lebreton le 5 décembre 2013, contenant 25 propositions pour la régionalisation de l’emploi en Outre-mer. "Le thème de la régionalisation de l’emploi n’est rien d’autre que le plagiat de l’idéologie du Front national : la France aux Français, les Français d’abord", écrit le collectif. "La banalisation de la préférence régionale n’est rien d’autre que la banalisation de l’idéologie du FN. Cela contribue à créer et organiser la confrontation entre deux racismes dont les Réunionnais seront les seules victimes", poursuit-il.

"La Réunion est en train de sortir de la République"

Il va même plus loin en estimant que "La Réunion est en train de sortir de la République depuis deux ans avec une accélération de la banalisation du racisme à l’initiative des élus locaux et de leurs relais d’où l’apparition d’une majorité au sein de la population qui, bien qu’opposée à ce mouvement, demeure silencieuse par crainte légitime de représailles".

Ce "Collectif républicain antiraciste et résistant" s’oppose ainsi frontalement à une association comme l’AJFER-Nou lé kapab, en première ligne pour prôner la priorité à l’embauche des Réunionnais, mais aussi à nombre d’élus locaux. "Le sujet est extrêmement tabou (...) mais devant la gravité extrême de la situation nos convictions nous ont naturellement conduit à engager des procédures judiciaires depuis l’accélération hallucinante de ce racisme", expliquent les membres du collectif.

"Sur le territoire de la République française, il n’existe pas et il n’existera jamais un droit au racisme, un droit à la discrimination à l’embauche, à la mobilité... fondée sur l’origine. De la même manière, il n’existe pas et il continuera à ne pas exister de droit à obtenir un travail dans sa région, dans son département, dans son village", considèrent-ils.

www.ipreunion.com

   

10 Commentaire(s)

Frédo, Posté
A l'hypocrite : Oui. Elle ne fait pas partie des RUP et à ce titre ne perçoit notamment pas de Fonds Structurels Européens comme la Réunion qui est la plus grande bénéficiaire de ces Fonds en France.
Par ailleurs, c'est assez singulier de voir des personnes justifier ici l'institutionnalisation de discriminations raciales par l'existence d'autres discriminations raciales et de considérer ce "raisonnement" comme progressiste. Enfin, les auteurs de propos tenus sur les forums ne sont pas exempts de poursuites pénales lorsque ces propos tombent sous le coup de la loi pénale comme c'est le cas en l'espèce. Il n'a jamais servi à rien de débattre avec des racistes. Le seul débat qui vaille c'est devant les prétoires.
StopHypocrites, Posté
Et la Kanaky-Nouvelle-Calédonie ? Depuis les accords de Nouméa de 1998, les kanaks bénéficient d'une priorité à l'embauche. Sont-ils pour autant "sortis de la République" ?
Ti Kréol, Posté
Les privilégiés sont toujours les premiers à monter au front lorsque leurs privilèges sont attaqués.
La lutte contre la discrimination des réunionnais passera par la régionalisation des emplois. Les républicains pseudo-universalistes de ce collectif n'ont rien d'antiracistes. Au contraire, en prétendant faire de l'anti-racisme aveugle aux différences ("colourblind"), ils confortent le système raciste en place depuis l'époque coloniale jusqu'à aujourd'hui. En cela, ce sont les alliés objectifs du racisme qui maintient une large partie des réunionnais à des postes subalternes.
La préférence régionale n'a rien à voir avec la préférence nationale du FN. Le FN veut la défense des intérêts des dominants. A la Réunion nous voulons que les réunionnais cessent d'être dominés chez eux.
La préférence régionale est une idée progressiste !
Texte à lire :
http://www.tikreol.re/la-preference-regionale-est-une-idee-progressiste/
ASSEZ, Posté
n'importe quoi eux ! c'est normal la reunion est une region d outre mer avec une identité précise normal qu'il y a de la preference regional comme en Corse voila tout
Némésis, Posté
La Ligue des Droits de l'Homme, dont le seul intitulé vaut aujourd'hui imposture, combat en métropole ce qu'elle défend à La Réunion. Il ne peut y avoir de discrimination valable par nature. La LDH est d'une rare complaisance vis à vis de l'islam, radical ou pas, elle exsude un complexe de repentance postcoloniale propre à l'extrême gauche, et a perdu toute crédibilité en appelant à voter Ségolène Royal en 2007.
Mulder, Posté
La LDH n'est pas une référence en matière de démocratie et de respects des Droits de l'Homme. La citoyenneté ne se bricole pas, ne se morcèle pas, il n'existe pas plus de citoyenneté de résidence, que de citoyenneté non exclusive. La LDH qui fait ostentation par son intitulé des valeurs qu'elle contribue à détruire, prône discrimination et communautarisme en lieu et place de démocratie et république. La citoyenneté est le fondement même de la démocratie et de la république, mais il est bien évident que la promotion de la supposée diversité et des sans papiers est gênée par l'existence de ce concept parfait de citoyenneté, qui à l'origine, dans la Ve République, n'était pas même sexué. Enfin, quand on voit la dite LDH refuser de voir que derrière les pauvres palestiniens qu'elle porte aux nues, se dressent les assassins du Hamas et du Jihad Islamique, entre autres démocrates avancés, on comprend mieux quelle est la nature de cette associations et l'idéologie qui sous-tend ses manifestations moralisantes.
Gramoun FM, Posté
Il est grand temps que l'on dénonce cette scandaleuse transposition à la Réunion des thèses du Front National. les défenseurs de la "préférence régional" soutiennent en fait une idée fondamentalement , celle du rejet de l'autre parce qu'il arrive d'ailleurs. Que dirait on si ce principe était appliqué à l'encontre de nos enfants qui vont travailler en France ou ailleurs....
Driviere974, Posté
Bonjour, La République n'existe pleinement que dans le respect des libertés, de l'égalité et de l'universalité des droits. Toute discrimination, toute assignation des êtres humains en fonction de leurs origines, de leur couleur de peau, de leurs choix de vie ou de leurs opinions la défigure. Aucune singularité, aucun particularisme n'autorise à déroger à ces exigences.
Pour autant, confondre égalité et uniformité, en appeler à l'universalité pour refuser la diversité, c'est combattre ce que l'on prétend défendre, c'est refuser l'égale liberté d'être soi-même qui fonde toute citoyenneté vivante. Parce que l'universel se construit aussi à partir du singulier, parce que les voies vers l'universalité sont multiples, seule la reconnaissance de la diversité permet d'éviter les tentations relativistes et les enfermements identitaires.
(...)
C'est aussi au nom de cette " citoyenneté de résidence " que nous affirmons, plus que jamais, la nécessité de penser l'articulation territoriale de citoyennetés non " exclusives ". Une certaine " tradition républicaine " française de " citoyenneté par arrachement " a trop longtemps refusé de regarder en face la dialectique du singulier et de l'universel. La démocratie ne peut se passer d'expressions collectives des citoyens, de niveaux " intermédiaires " d'exercice de la citoyenneté et de reconnaissance de la diversité des appartenances citoyennes et des communautés citoyennes. Mieux encore, elle en a besoin pour son renouveau. (...)
Le développement des " communautés de destin " à tous les niveaux de démocratie vivante, du local au planétaire, suppose à la fois la mémoire du passé et la capacité de le dépasser, l'expression des singularités et l'ouverture au monde, la reconnaissance de la liberté d'être soi-même et celle de l'altérité qui nous inscrit ensemble, solidaires, dans l'humanité. A défaut, chaque collectivité, chaque peuple est renvoyé à l'inégalité des ressources, aux logiques d'externalité, de domination et de dépendance mais aussi aux discriminations territoriales (en particulier en matière de droits sociaux et d'accès effectif aux services publics) qui accentuent la fragmentation sociale.(...)
Asseoir sur la résidence les conditions d'exercice de certains droits fondamentaux, c'est agir pour une démocratie plus vivante, plus effective, pleinement respectueuse de l'égalité en droits et de la protection des individus et groupes minoritaires, et qui travaille à s'enrichir de la diversité des sociétés, des langues, des cultures et des territoires dans laquelle se déploie la dimension politique de l'humanité. La LDH, attentive à la conciliation de l'universalité des droits et de l'expression légitime des identités démocratiques, considère comme indispensable la reconnaissance du lien entre citoyenneté et résidence et affirme la nécessité de penser l'égalité autrement que dans l'uniformité.
LDH - Congrès de NIORT 2013
Jean-pierre espéret, Posté
Cela fait déjà quelques lustres que ceux qui ont des liens avec l'île bénéficient de points supplémentaires pour une nomination outre-mer dans la fonction publique. Cela fait déjà quelques lustres que les originaires de telle ou telle région de métropole bénéficient également de priorités, par exemple pour l'inscription dans certaines filières universitaires. Et d'une façon générale ces avantages ne font que compenser des désavantages autant et presque toujours plus discriminants.
Michel de Fort Dauphin , Posté
l'emplois à La Réunion aux reunionnais , les emplois de la route du littoral aux reunionnais , assez de la discrimination de notre île (supprimé pour prise à partie - webmaster ipreunion.com)