Manifestation de la CGPER :

L'inquiétude est grandissante dans le monde agricole


Publié / Actualisé
Les délégations de paysans canniers, éleveurs de toutes les filières agricoles ont défilé ce vendredi 20 juin 2014 dans les rues de Saint-Denis depuis l'ancienne gare routière, jusqu'à la préfecture. Ils étaient plus de 500 personnes à manifester leur mécontentement et porter leur revendications au président de la République, à l'occasion de la visite des ministres de l'intérieur et des outre-mer. Reçus par le chef du cabinet de George Pau -Langevin, les planteurs réclament une modification du modèle agricole réunionnais. Les agriculteurs s'inquiètent de la future suppression des quotas sucriers et des prix garantis.
Les délégations de paysans canniers, éleveurs de toutes les filières agricoles ont défilé ce vendredi 20 juin 2014 dans les rues de Saint-Denis depuis l'ancienne gare routière, jusqu'à la préfecture. Ils étaient plus de 500 personnes à manifester leur mécontentement et porter leur revendications au président de la République, à l'occasion de la visite des ministres de l'intérieur et des outre-mer. Reçus par le chef du cabinet de George Pau -Langevin, les planteurs réclament une modification du modèle agricole réunionnais. Les agriculteurs s'inquiètent de la future suppression des quotas sucriers et des prix garantis.

Les manifestants, menés par la CGPER, ont également abordé la situation de 1200 agriculteurs sinistrés. Ces personnes manquent de fonds en attente d'être indemnisés des pertes du cyclone Bejisa. Leur faible représentativité syndicale a été également un point abordé au cours de la rencontre. "La filière canne-sucre-rhum-énergie est menacée et avec elle le modèle agricole réunionnais", explique Jean Yves Minatchy, président de la Confédération générale des planteurs et éleveurs de La Réunion.

Suite au dossier déposé au ministre Manuel Valls par 5 parlementaires, et le responsable de Tereos, concernant la filière canne, les agriculteurs se sont révoltés. " Ils sont allés à notre insu parler de la filière canne. Ils veulent décider de notre sort, alors que nous fournissons la matière première", lance Jean-Yves Minatchy.
L'ensemble des acteurs, planteurs se disent inquiets cette suppression du quota sucrier. Elle représente une sérieuse menace pour la survie de la filière. À La Réunion, plus de 23 000 personnes vivent de l'agriculture. "Il n'est pas négligeable de rappeler que La Réunion a un taux de chômage de plus de 35 %", souligne le président de la CGPER. Ce taux est le plus élevé d'Europe mais aussi des autres DOM.  "La canne c'est le pivot de la diversification, le pieu de l'agriculture", déclare Jean-Yves Minatchy.

Les accords de libre-échange négociés avec de nombreux pays producteurs de sucre roux sont un risque pour les producteurs de la filière à La Réunion. " On sera dans un système de libre échange, de libre concurrence d'un marché commun ", précise le président de la CGPER.  Les producteurs de l'île ne disposent pas des mêmes armes. "On ne peut pas accepter d'un prix de la tonne au cours mondial", explique-t-il. "On ne pourra pas faire face à un pays comme le Brésil qui produit 40 millions de tonnes de sucres, avec un salaire moyen de 700 euros ou comme la Thaïlande où le salaire maximum est de 350 euros", rapporte-t-il.
Les producteurs demandent donc la mise en place d'une "compensation intégrale" pour que les paysans "survivent".

Leur dossier a été pris en charge par le cabinet de la ministre, il devrait être transmis à François Hollande. Dans l'attente de solutions concrètes, les planteurs se disent prêts à reprendre le combat si nécessaire.

Coralie Georget pour www.ipreunion.com

   

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