La FRBTP annonce la disparition de 3 000 emplois en 2015 :

Bernard Siriex : "Nous allons droit dans le mur"


Publié / Actualisé
Après avoir émis un avis d'alerte cyclonique, la Fédération réunionnaise du BTP affirme ce lundi 3 novembre 2014 être "dans l'oeil du cyclone." Pour la FRBTP, le projet de loi des finances 2015 discuté actuellement à l'assemblée nationale doit apporter des solutions urgentes pour le secteur. "Si rien n'est fait, le BTP local sera revenu dans un an à ce qu'il état dans les années 90", annonce Bernard Siriex. Pour le président de la fédération, le chiffre d'affaires du BTP réunionnais pourrait être inférieur à un milliard d'euros en 2015. Une première depuis des décennies. Afin de pallier cette possibilité et d'encourager un retour des investisseurs, la FRBTP demande une défiscalisation ultramarine pour les logements intermédiaires.
Après avoir émis un avis d'alerte cyclonique, la Fédération réunionnaise du BTP affirme ce lundi 3 novembre 2014 être "dans l'oeil du cyclone." Pour la FRBTP, le projet de loi des finances 2015 discuté actuellement à l'assemblée nationale doit apporter des solutions urgentes pour le secteur. "Si rien n'est fait, le BTP local sera revenu dans un an à ce qu'il état dans les années 90", annonce Bernard Siriex. Pour le président de la fédération, le chiffre d'affaires du BTP réunionnais pourrait être inférieur à un milliard d'euros en 2015. Une première depuis des décennies. Afin de pallier cette possibilité et d'encourager un retour des investisseurs, la FRBTP demande une défiscalisation ultramarine pour les logements intermédiaires.

Pour quelles raisons la FRBTP a décidé de lancer un cri d'alarme ?

Bernard Siriex : "Nous craignons une baisse de 40 à 50 % du chiffre d'affaires dans l'ensemble des entreprises. Nous sommes passés de 25 000 à 15 000 salariés et nous annonçons dès aujourd'hui une perte de 3 000 emplois dans les mois à venir si nous ne sommes pas entendus. Si le gouvernement reste sur ses positions et sur les textes votés en 2013, nous perdrons 1 700 logements sociaux par an à La Réunion. Nous avons eu des promesses qui n'ont pas été tenues, nous avons rencontré le président de la république lors de sa visite à La Réunion il y a trois mois. Un engagement a été pris par le président, aujourd'hui on demande juste à ce qu'ils soient réellement pris."

Que demandez-vous ?

"On se doit, vis à vis de l'ensemble de nos mandants, de trouver des solutions puisque nous allons droit dans le mur. Nous avions lancé une alerte cyclonique il y a trois mois. Aujourd'hui, nous sommes dans l'oeil du cyclone. Si rien n'est fait, le futur risque d'être terrible pour notre profession. Nous demandons à l'ensemble des acteurs du BTP de nous rejoindre. L'heure est grave. Des décisions doivent être prises actuellement à l'Assemblée nationale, au Sénat, à l'Elysée."

Vous voulez une union sacrée y compris avec les syndicats du secteur. Mais les salariés peuvent penser que les chefs d'entreprise gagnent bien leur vie...

"Tous les mercredis, au tribunal de commerce, il y a de plus en plus d'entreprises qui déposent le bilan. Et nous pouvons le voir dans l'ensemble des secteurs. Les seuls membres du conseil d'administration de la FRBTP qui étaient absents aujourd'hui sont sur le terrain en train de se battre pour leur entreprise. Ils sont soit en plan de sauvegarde, soit proches d'une mise en redressement judiciaire. Il y a péril dans la demeure, il faut se bouger et que le tout le monde le fasse."

Tout le monde est-il touché par cette crise ?

"Oui. Tous les corps de métier, que ce soit dans le bâtiment ou dans les travaux publics, toutes les entreprises sont touchées aujourd'hui à La Réunion. Cette situation concerne également les bureaux d'étude, les bureaux architectes, tout ce qui concerne la sécurité, les OPC (Ordonnancement, pilotage et coordination)... Tout le monde est concerné, tout comme nos partenaires sociaux. Nous sommes dans l'oeil du cyclone, c'est un moment d'accalmie. Mais bientôt, les vents pourraient s'avérer extrêmement violents."

Les collectivités publiques disent ne plus avoir les fonds nécessaires. Comptez-vous sur le secteur privé pour relancer le secteur ?

"Bien sûr. La commande publique souffre énormément. Nos collectivités ont des problèmes de financement. Nous ne pourrons pas nous en sortir sans le retour des investisseurs privés. Nous avons besoin d'amener des investisseurs à La Réunion pour compenser le manque de la commande publique. C'est une nécessité. Pour les faire venir, il faut qu'ils aient un intérêt par rapport à la France métropolitaine."

Vous demandez donc une réintégration de la défiscalisation outre-mer pour les logements intermédiaires. Pour quelles raisons ?

"Aujourd'hui, le système de défiscalisation mis en place sur les logements intermédiaires ne fonctionne pas. Il n'est pas attrayant. Nous avons besoin de la défiscalisation intermédiaire pour le parcours locatif de l'ensemble de la population réunionnaise. Nous ne pouvons pas faire que du social. Lorsque nous faisons du privé, ça aide également au financement et à l'aménagement du social. Nous avons besoin d'avoir un écart par rapport à la défiscalisation métropolitaine."

Comptez-vous encore sur la politique du gouvernement pour sortir de la crise ?

"Ils ont été élus pour ça. Ils sont là pour représenter la population réunionnaise, pour représenter les gens au travail, et non pas les gens au chômage. Bien sûr que nous comptons sur nos politiques, il faut que les gens se bougent. Aujourd'hui, nous ne sommes pas en campagne politique. Nous sommes là pour défendre l'intérêt de la population réunionnaise et des travailleurs."

www.ipreunion.com

   

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