Grève de la fonction publique :

Les vacances mettent en évidence une "'érosion générale de la mobilisation"


Publié / Actualisé
Une grève nationale de la fonction publique a lieu ce mardi 26 janvier 2016 à l'initiative de FO, Solidaires et la CGT. Au menu des revendications : l'emploi et une revalorisation salariale. A quelques jours de la rentrée des classes, la mobilisation s'annonce peu suivie. Les syndicats reconnaissent une difficulté à mobiliser, près de dix ans après les dernières grandes manifestations, et parlent d'une "'érosion générale de la mobilisation" encore pous is e en évidence en période de vacances
Une grève nationale de la fonction publique a lieu ce mardi 26 janvier 2016 à l'initiative de FO, Solidaires et la CGT. Au menu des revendications : l'emploi et une revalorisation salariale. A quelques jours de la rentrée des classes, la mobilisation s'annonce peu suivie. Les syndicats reconnaissent une difficulté à mobiliser, près de dix ans après les dernières grandes manifestations, et parlent d'une "'érosion générale de la mobilisation" encore pous is e en évidence en période de vacances

Utilisé pour calculer le salaire des fonctionnaires, le point d'indice est gelé depuis 2010, soit une perte de pouvoir d'achat que le syndicat FSU estime à près de 10%. "En février s'ouvriront des négociations salariales pour la fonction publique", précise Pierrick Ollivier de la CGTR Finances publiques. "La mobilisation d'aujourd'hui est nécessaire pour créer un rapport de force favorable au moment de ces négociations". "Pour le moment, on est encore loin d'aboutir à une revalorisation salariale, le dégel du point d'indice n'est pas encore à l'ordre du jour", complète de son côté Marie-Hélène Dor, du syndicat FSU.

Les syndicats se mobilisent aussi afin de dénoncer les problèmes de fonctionnement de certains services publics en raison du manque de personnel, une conséquence directe des suppressions d'emplois. "Le fait de supprimer les fonctionnaires, c'est un recul du service public", assure de son côté Solidaire-Réunion. Le syndicat à rappelé au cours d'une conférence de presse, lundi 25 janvier, le rôle indispensable du service public et de la protection sociale en France. "Le sujet n'est pas juste la défense de certaines personnes, c'est quelque chose qui concerne tout le monde."

"Il est difficile d'avoir une mobilisation d'ampleur aujourd'hui"

La grève de ce mardi 26 janvier a lieu dans tous les départements français, à l'initiative de FO, Solidaires et la CGT. Pourtant, les syndicats réunionnais reconnaissent qu'il sera difficile de mobiliser en période de vacances, à deux jours de la rentrée des classes et alors que les fonctionnaires de l'Education nationale représentent le gros des troupes. Solidaires et la CGT Réunion appellent donc à la grève, mais au lieu de rassemblements, se limitent à l'organisation de conférences de presse. "On ne va pas faire une manifestation avec 20 personnes", regrette la CGTR. La FSU fera de même, afin de faire entendre sa voix au sujet de la réforme des collèges, mais ses adhérents de la fonction publique territoriale, membres de la Snuter FSU, manifesteront depuis l'ancienne gare routière jusqu'à la Préfecture, à Saint-Denis.

Le mois de janvier est certes le mois de vacances à La Réunion, mais force est de constater que la tendance ces dernières années n'est pas particulièrement à la mobilisation. Les syndicats semblent voir le sable leur filer entre les doigts. "C'est vrai que l'on constate une espèce d'érosion de la mobilisation, dans la fonction publique, mais aussi dans le privé, sur la dernière décennie", reconnait Pierrick Ollivier. "On ne peut pas le nier, il est difficile d'avoir une mobilisation d'ampleur aujourd'hui. Avant, on avait parfois jusqu'à 70% de grévistes, aujourd'hui, si on en a 40 à 45%, on est content".

"Depuis les grandes manifestations de 2003 sur les retraites, qui ont donné très peu de résultats, il y a une forme de résignation", estime la syndicaliste de la FSU. Un constat que partage la CGTR qui rappelle aussi qu'"une journée de grève équivaut à une journée de salaire perdu", ce qui compte dans le contexte actuel. Marie-Hélène Dor note aussi, de son côté, le discrédit général des politiques et "l'amalgame" établi avec les syndicats, qui leur porte préjudice et une tendance au "repli sur soi lorsque la société ne va pas bien". 

"Trouver d'autres leviers de mobilisation"

La CGTR affirme toutefois que la fonction publique compte toujours beaucoup plus de personnes syndiquées que dans le privé "où les salariés travaillent pour la plupart dans les petites et moyennes entreprises où il n'y a pas de représentation syndicale" et où "un salarié qui fait grève risque son emploi."

"Mais le rôle des syndicats est toujours d'être dans la défense des salariés, qu'ils soient syndiqués ou non", soutient Pierrick Ollivier. Pourtant, Marie-Hélène Dor reconnaît que cette baisse de la mobilisation a un impact et "affaiblit le discours syndical". 

Solidaires, pour sa part, souhaite "trouver d'autres leviers de mobilisation, en allant par exemple à la rencontre des salariés dans les entreprises, l'administration publique, etc". Pour être plus proche des citoyens et des problématiques de société, le syndicat organise des conférences-débats "en faveur des citoyens et des associations". La prochaine, au mois de mars, aura pour thème les violences sexistes au quotidien et l'inégalité homme femme dans le milieu professionnel. "Il nous faut retisser ce lien de proximité, affirme le syndicat. Notre principal objectif est de retrouver notre place dans les différentes structures, de mobiliser les gens sur des luttes sectorielles pour ensuite arriver à des mobilisations interprofessionnelles."

www.ipreunion.com

   

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