Tourisme, soins à la personne, immobilier... :

Le secteur des services marchands paye mieux que la moyenne


Publié / Actualisé
C'est le plus gros employeur de l'île, et pourtant, le secteur des services marchands reste un pan de l'économie difficile à appréhender. Il contribue à la création d'un emploi salarié sur deux à La Réunion. Téléphonie mobile, start-up, mais aussi assurances ou encore hôtellerie-restauration, "c'est un secteur hétéroclyte mais c'est surtout un secteur d'avenir qui se développe rapidement", insiste David Perrain, chargé d'études économiques à l'Institut d'émission des départements d'outre-mer (IEDOM).
C'est le plus gros employeur de l'île, et pourtant, le secteur des services marchands reste un pan de l'économie difficile à appréhender. Il contribue à la création d'un emploi salarié sur deux à La Réunion. Téléphonie mobile, start-up, mais aussi assurances ou encore hôtellerie-restauration, "c'est un secteur hétéroclyte mais c'est surtout un secteur d'avenir qui se développe rapidement", insiste David Perrain, chargé d'études économiques à l'Institut d'émission des départements d'outre-mer (IEDOM).

A La Réunion, ce sont les services aux ménages qui sont particulièrement dynamiques (19% des services marchands), loin devant ceux aux entreprises. Ces derniers, qui concernent notamment la livraison ou le conseil, ne représentent que 6,1% à La Réunion, contre 12,4 % en métropole. “Cela s’explique sans doute par les spécificités du tissu économique local, qui compte peu de grandes entreprises”, estime David Perrain. L’île ne compte que 33 entreprises de 250 salariés et plus en 2014, “or, plus la taille d’une entreprise est importante, plus elle externalise”, complète le chargé d’études.

En revanche, les services à la personne ont le vent en poupe.“Ils occupent la première place au sein des services marchands, notamment à cause d’un rattrapage de niveau de vie”. Les trois-quarts des emplois sont ainsi regroupés dans les services de soin à la personne, chiffre l’étude de l’IEDOM. Vient ensuite l’hôtellerie-restauration (23%), qui a notamment profité d’un boom de la consommation locale de services touristiques entre 2005 et 2011.

Des rémunérations jusqu’à 60% supérieures à la moyenne régionale

Surtout, c’est un secteur où la productivité est particulèrement haute - un quart de productivité supplémentaire par rapport au reste de l’économie-,  ce qui permet d’avoir des rémunérations plus élevées, entre 20 et 60 % au dessus de la moyenne régionale.

S’il paye mieux, ce secteur est aussi très productif et rentable. “La création de richesse y est plus élevée que dans le reste de l’économie. Les marges sont plus importantes, notamment grâce à des frais de personnel et des impôts moindres ”, résume David Perrain. Les entreprises bénéficient notamment d’exonérations de cotisations patronales importantes, et grâce aux allègements fiscaux, le poids des impôts et taxes dans le revenu global est de 4,7% contre 6,7% en métropole.

“Ces profits plus élevés permettent d’investir et d’avoir un réel effet sur la croissance à La Réunion. C’est un secteur à fort potentiel, qui est voué à se développer avec la révolution numérique”, juge Thierry Berltrand, directeur de l’agence de l’IEDOM de La Réunion. Et certaines entreprises du secteur s’exportent même à l’international, à l’image de Pipangai, le studio d’animation réunionnais qui s’est fait connaître avec Adama, ou encore de RunWare, une start-up réunionnaisse spécialisée dans les services de santé. “Preuve que les services peuvent aussi s’exporter et contribuer à faire rayonner l’économie réunionnaise”, conclut David Perrain.

www.ipreunion.com

   

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