Ceux travaillant en hôpital ne sont pas payés à hauteur de leur statut :

Mobilisation des orthophonistes au centre hospitalier


Publié / Actualisé
Ce vendredi 3 juin 2016 et suite à un appel national, les orthophonistes réunionnais se sont mobilisés. Face au CHU Félix Guyon à Saint-Denis et au CHU de Saint-Pierre, ils demandent une revalorisation salariale. Pour exemple, à l'issue de cinq années d'études, un orthophoniste travaillant à l'hôpital est payé à peine plus que le SMIC.
Ce vendredi 3 juin 2016 et suite à un appel national, les orthophonistes réunionnais se sont mobilisés. Face au CHU Félix Guyon à Saint-Denis et au CHU de Saint-Pierre, ils demandent une revalorisation salariale. Pour exemple, à l'issue de cinq années d'études, un orthophoniste travaillant à l'hôpital est payé à peine plus que le SMIC.

Si, maintenant les études d'ortophonie ont un grade master, la grille salariale à l'hôpital n'a pas été réévaluée en conséquence. "Aujourd'hui, il n'y a plus assez d'orthophonistes dans les hôpitaux. A bac +5, on ne va pas travailler pour un SMIC" affirme, lucide, Adeline Deiber, orthophoniste libérale à Saint-André. Ce matin, elles étaient environ une dizaine à manifester face au CHU de Bellepierre. Car le métier reste majoritairement féminin. L'occasion d'interpeller la ministre de santé sur ce sujet également : "La profession la plus mal payée de toute la fonction publique est aussi la plus féminisée, est-ce que Marisol Touraine trouve ça normal?"

Cette carence d'orthophonistes à l'hôpital mettrait les patients en danger. Adeline Deiber pointe du doigt une lésion de prise en charge, "dans des moments très critiques" tels qu'après un traumatisme crânien ou un AVC. Déglutition, alimentation, articulation : le malade doit tout réapprendre... auprès d'un orthophoniste. Or, il est, la majeure partie du temps orienté vers d'autres professionnels "non formés et diplômés", ou vers le milieu libéral. Laetitia Bertaina travaille à Sainte-Clotilde et s'en désole : "Dans le libéral, il y a forcément des temps d'attente. Un temps vital pour le patient!".

Actuellement, dans l'est et le nord de La Réunion, les listes d'attente auprès des ortophonistes sont particulièrement longues. Dans son cabinet dyonisien, Laetitia Bertaina en a pour un an, avec trente personnes inscrites dans l'attente d'un rendez-vous.

"Aujourd'hui, tout ce qu'on demande, c'est une revalorisation salariale qui relève de la logique pure ! Un Bac +5 doit être payé à Bac +5" soupire Adeline Deiber. Selon les orthophonistes mobilisés ce matin, ceux qui paient les pots cassés, ce sont les patients. Des négociations étaient prévues aujourd'hui au ministère, entre Marisol Touraine et les paramédicaux.

 

   

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