Au gouvernement de trancher en avril :

Régionales et départementales : l'hypothèse d'un report fait grincer des dents


Publié / Actualisé
Les élections régionales et départementales, initialement prévues en mars 2021 et désormais reportée aux 13 et 20 juin 2021, sont encore sur la sellette. Le Conseil scientifique estime qu'un nouveau report permettrait de limiter les contaminations mais renvoie la balle au gouvernement en termes de décision. Les élections pourraient alors avoir lieu en septembre ou octobre 2021, voire même après la présidentielle de 2022. Si la décision devrait être prise début avril, l'hypothèse fait déjà grincer des dents parmi les parlementaires de la droite locale (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
Les élections régionales et départementales, initialement prévues en mars 2021 et désormais reportée aux 13 et 20 juin 2021, sont encore sur la sellette. Le Conseil scientifique estime qu'un nouveau report permettrait de limiter les contaminations mais renvoie la balle au gouvernement en termes de décision. Les élections pourraient alors avoir lieu en septembre ou octobre 2021, voire même après la présidentielle de 2022. Si la décision devrait être prise début avril, l'hypothèse fait déjà grincer des dents parmi les parlementaires de la droite locale (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

Le Conseil scientifique a renvoyé à l'exécutif la décision "éminemment politique" d'un nouveau report des élections régionales et départementales, dans un avis très mitigé sur les questions sanitaires, transmis ce lundi 29 mars au Premier ministre et que l'Agence France-Presse s'est procuré.

"Comme prévu par la loi, le gouvernement remettra au Parlement d'ici le 1er avril un rapport sur la base de cet avis, qui donnera lieu également à une consultation des formations politiques", a fait savoir Matignon à l'AFP. "Si les autorités décident un report des élections, les risques de contamination seraient sensiblement moindres qu'au cours du mois de juin en raison d'un niveau prévisible de vaccination nettement plus élevé", écrivent les membres du conseil scientifique dans leur avis.

Lire aussi - Régionales : le Conseil scientifique renvoie la décision d'un nouveau report à l'exécutif

C’est le député David Lorion qui a réagi le premier, sur Twitter, ce mercredi 24 mars, évoquant l’éventuel report des élections. "Cette dérive n’est pas acceptable et met à mal notre démocratie", a-t-il fustigé" sur son compte twitter

Ce jeudi 25 mars, c’est le député Jean-Luc Poudroux qui s’est fendu d’un très long communiqué où il évoque pèle mêle le manque d’équité concernant la campagne de vaccination dans les Outre-mer, l’équilibre entre le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif, et, bien sûr, le report hypothétique des élections départementales et régionales.

"A quoi sert une loi si ce n'est pour revenir constamment pour la contredire par une autre loi quelques semaines, quelques mois après parce que le Gouvernement l'a décidé ?", s’interroge le député saint-leusien.

Il ne décolère pas : "je comprends que nous, les députés de la République, devons être réactifs, mais là, c'est vraiment prendre le Parlement pour une simple chambre d'enregistrement et d'exécution de ce que décide le Gouvernement tout seul dans son coin sans associer vraiment les élus". Il dénonce ensuite le "manque d’anticipation" du gouvernement dans cette crise. "Si la loi avait vraiment du sens pour le gouvernement, celui-ci aurait mis à disposition dans chaque commune tous les moyens pour faciliter le vote des électeurs", estime-t-il.

- La peur de la confusion -

D’autres réactions devraient certainement suivre ces prochains jours. Force est de constater qu’à l’image de la Métropole, les élus réunionnais ne veulent pas d’un report des élections. Et pour cause, tout d’abord, certains décideurs politiques estiment que ce nouveau report pourrait créer une confusion alors que les grandes manœuvres de la campagne des présidentielles démarreront dès septembre prochain. Organiser des élections alors que les candidats à la présidence se positionnent pourrait troubler l’électorat et fausser les résultats des régionales et des départementales.

Certains vont même jusqu’à penser que le président de la République Emmanuel Macron tente de repousser les régionales et les départementales à 2022, après les présidentielles, afin de ne pas subir de revers électoral à quelques mois d’un scrutin où il devrait, en toute logique, être candidat à un second mandat.

D’autres estiment qu’il est trop tard pour décider d’un report, la machine étant déjà lancée pour plusieurs candidats, déjà en campagne ou sur le point de se lancer.

- Plusieurs candidat.e.s déjà sur la ligne de départ -

Concernant les régionales, Vanessa Miranville est sur le terrain depuis plusieurs mois. Olivier Hoarau a confirmé sa candidature et le lancement de sa campagne. Huguette Bello et Ericka Bareigts sont tout proche d’officialiser leur candidature. La maire de Saint-Paul a déjà obtenu le soutien de 150 personnalités. La maire de Saint-Denis affine sa stratégie et a d’ores et déjà obtenu le soutien du maire de Saint-Benoît, Patrice Selly, et de son mouvement, Banian et du Parti communiste réunionnais.

L’artiste Richard Riani a confirmé sa présence aux régionales. Jean-Pierre Marchau prépare également sa liste écologiste.

Concernant les départementales, les candidatures commencent à s’officialiser. Cyrille Melchior a déjà annoncé être candidat dans son canton, tout comme Nassimah Dindar à Saint-Denis, aux côtés de l’élu de la majorité municipale Jean-François Hoareau. L’ancienne députée Monique Orphé a également annoncé sa candidature à Saint-Denis avec Gérard Françoise. Brigitte Adame et David Belda seront quant à eux présents sur le canton 3 de Saint-Denis.

A Sainte-Marie, Céline Sitouze se lance avec Antony Venerosy tandis que le conseiller départemental sortant, Remy Lagourgue, fera cavalier seul, suite à son divorce avec la majorité municipale.

Le report pourrait ainsi bouleverser certaines stratégies régionales.

La gauche aurait alors peut-être le temps de se retrouver, de discuter et de faire un projet commun pour les régionales. A droite, le procès de Didier Robert étant alors passé et une éventuelle condamnation certainement prononcée, les différents leaders auraient le recul nécessaire pour décider de soutenir le président de Région sortant ou de se trouver un autre champion pour mener une liste aux régionales.

Selon le gouvernement, la décision devrait être prise dans les prochains jours, après avoir recueilli l’avis du Conseil scientifique - qui a décidé de laisser le soin à l'exécutif de décider  - et rencontré les différents chefs de parti. En cas de report, une nouvelle loi devra être votée, mettant en pause une campagne qui vient tout juste de vraiment démarrer.

www.ipreunion.com / [email protected] avec AFP

   

8 Commentaire(s)

NSR, Posté
La Réunion n'avance plus vraiment, elle patine et une large partie de la population est "larguée" (beaucoup de jeunes ne croient plus "la politique"). La crise des Gilets jaunes aura bien mis en exergue les difficultés que connaissent les ménages et les entreprises au quotidien, avec le Covid_19 le tableau ici est on ne peut plus clair !La plupart des adultes aujourd'hui ont connu au moins 4 présidences (EM, FH, NS, JC*), et les plus âgés ont connu FM, VGE, et même Pompidou et le Général de Gaulle... Certains ont connu la Seconde guerre mondiale et d'autres traversés la GF (bloc contre bloc, Allemagne divisée : en RFA & RDA, etc.). Nous n'avons pas rattrapé notre retard sur le continent européen ! Tous les gouvernements n'ont pas su réduire cet écart insupportable intellectuellement..., ils ont foulé le sol réunionnais et en sont retournés dans leurs ministères !Sur le plan local, on vient de franchir les 75 ans de départementalisation (19 mars 2021), on a une collectivité régionale qui existe depuis 1983 (Mario Hoarau au bénéfice de l'âge/Raymond est coincé sur la RL...), premier suffrage universel en mars 1986, avec l'élection de Pierre Lagourgue. En 1992, La Réunion traversait une grave crise sur fond de combat pour le PAR [Paysage Audiovisuel Réunionnais], l'homme en blanc avait surpris tout le monde: toute la classe politique était frustrée et sans doute jalouse...gros ker?En mars, passons sur la période 93 assortie de changement de majorité, 1998, là c'est l'idée d'un grand rassemblement qui avait germé (Jean-Louis Lagourgue, le neveu à Pierre, était même la locomotive de derrière !), mais 19 sièges n'était pas la majorité des 45...merci Camille...En mars 2004, ce sera la toute première fois que le mode à 2 tours et prime de 25% des fauteuils au premier sera éprouvé en France (et donc ici également...) => 135 706 suffrages : avec refus de fusion avec l'allié d'hier! (chemin BÅ"uf mort).Mars 2010, ce sera la vengeance, et le maintien pour la fameuse triangulaire, forcément on faisait perdre un camp et de facto faire gagner l'autre (avec seulement 11,5% des inscrits au 1er tour et même pas 50% au 2nd : 45,5%).Six après, presque, en décembre 2015, mis en ballottage (40% au premier tour!), au 2nd tour la dynamique ne sera pas dans le camp des prétendants : en huit jours, la population ne sera pas convaincue...alors que le rejet de l'exécutif sortant était clair le 8 décembre 2015...Là, on est 2021, et on ne connaît toujours pas grand-chose pour l'avenir de la Réunion ! On ignore le projet pour les 20 ou 25 ans à venir...Notre modèle de gouvernance a fait son temps et surtout montré ses limites et faiblesses : il est largement temps d'innover et de partir dans une réelle prise de responsabilité ici : sur et dans ce territoire de l'Océan indien où flotte le drapeau bleu-blanc-rouge...Ne pas le reconnaître, cela serait une faute grave et qui va encore compromettre l'avenir des enfants nés et à naître. Deux collectivités qui administrent la même division administrative et exactement la même population, c'est absurde et aberrant..., sans minorer le grand gaspillage d'argent public !La Réunion est dans une asphyxie qui peut entraîner "sa mort" économique et sociale...
Question, Posté
Et si reporte les élections, la demi route NRL ne sera pas pret d'etre terminée alors ?
Lauret, Posté
Reporter laisse thierry robert présenter - au moins il y aura du beau , voir même du très beau spectacle ! Veil ta woir robert koi Ti coq i prevoir pou ou
Commerçant du centre ville dionysiens, Posté
Report encore alors qu'il a déjà bénéficié d'un an de salaire en plus par mes impÃ'ts! Non svp , préparez ses valises et vive Bareigts
Le changement en.Juin, Posté
Il ne faut pas reporter les élections. Le changement au conseil régional est indispensable pour faire avancer la Reunion.
Parce que vous Êtes gouvernés par Les Ratés En Mouvement ( LREM ), Posté
Car en réalité, jamais un Président n'a été aussi impopulaire que Macron. Le désastre électoral de la Macronie lors des municipales en est la preuve. Et c'est pour cette raison que les régionales pourraient être repoussées, afin d'éviter une seconde débâcle au camp présidentiel.Ce Pouvoir mafieux a réduit nos libertés au strict minimum, nous a conditionnés et manipulés avec une pandémie qu'il fait durer plutÃ't que de la traiter
La jeunesse, Posté
Le tollé des élus contre un report éventuel des élections est incompréhensible et injustifiable. Qui s'inquiète pour notre BAC et les conditions de notre passage au grand oral. La jeunesse personne ne s'inquiète ! Comment allons-nous faire pour passer notre BAC avec cette nouvelle réforme ? Notre santé , notre BAC c'est notre avenir, les élections ce ne sont pas la priorité. Merci aux élus de défendre notre BAC et notre santé.
Coljack, Posté
Démocratie confinée ? Tous les élus sont contre un report des élections et les communiqués vont pleuvoir. Comme dans le temps de la colonie quelques familles possédaient toute les richesses de l'île et étaient des petits roitelets. Aujourd'hui quelques politiques dirigent la Réunion et la démocratie est verrouillée. Les cumulards pensent aux indemnités que la santé de la population. Les masques tombent aujourd'hui. Chaque jour ils veulent un confinement et maintenant ils veulent coût que coût que les élections se fassent en juin. Où est la cohérence ? Povre réunion.