Institut d'émission des départements d'outre-mer :

Economie : pas de retour "à la normale" en 2021


Publié / Actualisé
Après une baisse d'activité de 28% durant le confinement en 2020, "l'économie réunionnaise fait preuve de résilience" note l'Institut d'émission des départements d'outre-mer (IEDOM). Pour autant, le "retour à la normale" n'est pas prévue pour 2021, bien qu'une augmentation de 6% du chiffre d'affaires des entreprises a déjà été relevée. L'instauration de nouvelles restriction depuis mi-février est par ailleurs "susceptible d'affecter la consommation des ménages et risque de retarder un retour à la normale". Tous les grands secteurs économiques de l'île ont subi des pertes de chiffres d'affaires en 2020, de façon inégale : le commerce, l'industrie, les secteurs agricoles et les industries agroalimentaires ont réussi à minimiser leur baisse d'activité. À l'inverse, d'autres sont encore fortement touchés, comme le tourisme et la construction. "Pour 2021, tous anticipent une amélioration de leur CA par rapport à 2020, mais, pour certains, comme le tourisme, cette reprise ne suffira pas à retrouver leur niveau d'avant crise" précise l'IEDOM. Nous publions le communiqué complet ci-dessous (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
Après une baisse d'activité de 28% durant le confinement en 2020, "l'économie réunionnaise fait preuve de résilience" note l'Institut d'émission des départements d'outre-mer (IEDOM). Pour autant, le "retour à la normale" n'est pas prévue pour 2021, bien qu'une augmentation de 6% du chiffre d'affaires des entreprises a déjà été relevée. L'instauration de nouvelles restriction depuis mi-février est par ailleurs "susceptible d'affecter la consommation des ménages et risque de retarder un retour à la normale". Tous les grands secteurs économiques de l'île ont subi des pertes de chiffres d'affaires en 2020, de façon inégale : le commerce, l'industrie, les secteurs agricoles et les industries agroalimentaires ont réussi à minimiser leur baisse d'activité. À l'inverse, d'autres sont encore fortement touchés, comme le tourisme et la construction. "Pour 2021, tous anticipent une amélioration de leur CA par rapport à 2020, mais, pour certains, comme le tourisme, cette reprise ne suffira pas à retrouver leur niveau d'avant crise" précise l'IEDOM. Nous publions le communiqué complet ci-dessous (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

L’Institut d’émission des départements d’outre-mer (IEDOM) publie sa synthèse annuelle sur la situation économique et monétaire de La Réunion en 2020. Cette note dresse un premier bilan des conséquences économiques de la crise de la Covid-19 sur le territoire et évoque les perspectives pour 2021.

- Un choc inédit pour l’économie réunionnaise -

Après une baisse d’activité sans précédent durant le confinement (-28 % d’activité), l’économie réunionnaise fait preuve de résilience, aidée par une situation sanitaire maitrisée dans l’île et par des soutiens publics importants. Ainsi, après une chute brutale, l’indicateur du climat des affaires issu de l’enquête de conjoncture de l’IEDOM s’améliore sur la seconde partie de l’année pour se rapprocher de sa moyenne de longue période. Sur l’ensemble de l’année, les chefs d’entreprise interrogés estiment une baisse de 9 % de leur chiffre d’affaires (CA) en moyenne pour 2020 par rapport à 2019.

Les différents dispositifs de soutien ont joué un rôle important d’amortisseur, avec notamment une volonté affichée de préserver la trésorerie des entreprises face au choc subi. Plus de 12 000 entreprises ont bénéficié d’un report de cotisations sociales au plus fort de la crise et près de 7 000 ont obtenu un prêt garanti par l’Etat (PGE). Sur l’année 2020, les banques ont octroyé 1,1 milliard d’euros de PGE. " Ces mesures ont permis de soulager la trésorerie des entreprises et nous ne voyons pas de vague de faillites comme on a pu le craindre. Cependant, les doutes sur leurs possibles difficultés ne sont pas totalement dissipés, notamment lorsque ces aides prendront fin " comme le précise Gilles Lesellier directeur de l’agence IEDOM de La Réunion.

- Pas de retour " à la normale " en 2021 -

La reprise économique progressive redonne confiance aux chefs d’entreprise ce qui se ressent dans la formulation de leurs perspectives. En effet, ils estiment que leur CA devrait augmenter de 6 % en moyenne en 2021. Marie Aouriri, responsable du service Études, indique que " malgré ce rebond, l’amélioration de l’activité ne devrait pas permettre de compenser les pertes enregistrées en 2020 de sorte que la reprise devrait s’étaler au-delà de 2021 ".

La conjoncture économique reste dépendante de la situation sanitaire du département. Ainsi, l’instauration de nouvelles mesures de restriction depuis mi-février 2021 (fermeture des centres commerciaux de plus de 20 000 m2, couvre-feu généralisé à toute l’île et son passage de 20h à 18h) est susceptible d’affecter la consommation des ménages et risque de retarder un retour " à la normale ".

- Baisse de la consommation et hausse de l’épargne des ménages -

La consommation des ménages se redresse assez rapidement après avoir été fortement contrainte durant le confinement. Toutefois, ceci ne suffit pas à compenser les pertes du confinement. Pour illustration, sur l’ensemble de l’année, les ventes de véhicules de tourisme sont en recul de 14,3 % par rapport à 2019. Les flux de billets enregistrés au guichet de l’IEDOM, c’est-à-dire les remises de recettes par les commerçants, sont en repli de 8,3 % sur l’année.

La consommation se traduit par une hausse importante de l’épargne des ménages de près d’un milliard d’euros. En effet, la période de confinement et les restrictions de circulation ont fortement limité la consommation des ménages, impliquant une épargne " contrainte ". De plus, l’inquiétude suscitée par la pandémie et la crise économique favorise l’épargne de précaution.

- Les entreprises réunionnaises résistent face à la crise de la Covid-19 -

Tous les grands secteurs économiques de l’île subissent des pertes de chiffres d’affaires en 2020, mais avec des fortunes diverses. Le commerce, l’industrie, les secteurs agricoles et les industries agroalimentaires arrivent à minimiser leur baisse d’activité à -2 % en moyenne sur l’ensemble de l’année 2020, selon les chefs d’entreprise interrogés. À l’inverse, d’autres sont encore fortement touchés, comme le tourisme (-39 %), la construction (-13 %), mais aussi les autres services marchands (-7 %). Pour 2021, tous anticipent une amélioration de leur CA par rapport à 2020, mais, pour certains, comme le tourisme, cette reprise ne suffira pas à retrouver leur niveau d’avant crise.

 

   

1 Commentaire(s)

John , Posté
LES ENTREPRISES PAYENT TOUJOURS LEURS TAXES SANS POUVOIRS TRAVAILLER LOL ET LES FONCTIONNAIRES SONT ASSIS DANS DES BUREAUX AVEC LA CLIM EN PLUS DE LEURS SALAIRES QUI TOMBENT À LA FIN DU MOIS