Régionales et départementales 2021 :

Quand une élection en éclipse une autre


Publié / Actualisé
Les 20 et 27 juin 2021, les électeurs se déplaceront aux urnes pour élire leurs nouveaux conseillers régionaux et leurs nouveaux conseillers départementaux. Pourtant, dans la tête de beaucoup de Réunionnais, on ne voit qu'un seul scrutin, celui des élections régionales. Les élections départementales sont clairement éclipsées, très certainement à cause des enjeux, totalement différents, mais aussi du mode de scrutin et de l'amalgame qui est souvent fait entre les deux collectivités réunionnaises (Photo rb/www.ipreunion.com)
Les 20 et 27 juin 2021, les électeurs se déplaceront aux urnes pour élire leurs nouveaux conseillers régionaux et leurs nouveaux conseillers départementaux. Pourtant, dans la tête de beaucoup de Réunionnais, on ne voit qu'un seul scrutin, celui des élections régionales. Les élections départementales sont clairement éclipsées, très certainement à cause des enjeux, totalement différents, mais aussi du mode de scrutin et de l'amalgame qui est souvent fait entre les deux collectivités réunionnaises (Photo rb/www.ipreunion.com)

- La Région, collectivité qui donne le pouls de La Réunion -

Pour beaucoup d’observateurs, celui ou celle qui préside la Région Réunion préside en quelque sorte La Réunion. Si dans les faits, cette analyse est erronée puisque les pouvoirs locaux sont répartis entre trois autorités (préfet, président de Région et président de Département), il est vrai que la Région a toujours donné cette impression de toute puissance qui en fait la collectivité qui donne le pouls de La Réunion.

C’est la raison pour laquelle les élections régionales ont toujours attiré les convoitises des candidats (11 listes ont été déposées cette année) et l’intérêt de la population réunionnaise.

Cette impression d’importance de la Région Réunion est accentuée par l’importance des projets portés par la collectivité régionale et donc des enjeux sur le long terme. En 2010, le projet de Maison des Civilisations et celui du Tram Train ont été transformés en véritable référendum pour ou contre Paul Vergès. En 2015, le projet de NRL était au cœur des débats, notamment la question du tracé choisi. En 2021, cette même NRL continue de faire couler de l’encre, avec d’autres sujets tels que la question plus globale des déplacements, la continuité territoriale ou encore la gestion de la politique culturelle.

- Un mode de scrutin qui donne davantage de visibilité aux élections régionales -

Outre les enjeux, le mode de scrutin contribue également à créer un déséquilibre d’intérêt et de médiatisation entre les deux élections. Les élections régionales sont un scrutin de liste, avec une tête de liste précisément identifiée ce qui permet à l’électeur de se retrouver plus facilement et de mieux cerner les projets portés par chaque liste. Par ailleurs, les élections régionales sont le scrutin qui attirent le plus les " têtes d’affiche " du moment, lui donnant un attrait particulier puisque les personnalités présentes sont connues, et donnent à ce scrutin un caractère plus personnel.

De l’autre côté, les élections départementales sont un scrutin beaucoup plus morcelé avec des binômes qui se présentent sur un canton bien précis. La Réunion est divisée en 25 cantons, et compte donc 50 conseillers départementaux. 

Au total, 508 candidatures ont été enregistrées par les services de la préfecture, de quoi s’y perdre très facilement quand on ne suit pas la politique de façon très précise. A chaque binôme, son projet, soit 127 projets. A chaque canton, ses spécificités. Les besoins d’un canton du Tampon ne sont pas les mêmes que les besoins du canton de Saint-Leu ou Sainte-Suzanne par exemple.

Cette multiplicité des candidatures, de projets et la complexité du scrutin rend donc la tâche des candidats bien plus difficile, obligés de tenter de se frayer une place dans le flot d’informations médiatiques, tout en tentant d’intéresser la population davantage tournée vers les régionales et leurs joutes verbales.

Pourtant, des personnalités de premier plan sont aussi présentes à ce scrutin, telles que le président sortant, Cyrille Melchior, la sénatrice et ancienne présidente Nassimah Dindar, la députée Nathalie Bassire ou encore plusieurs maires.

- La Réunion, une région monodépartementale -

Comme la Guyane, la Martinique et la Guadeloupe, La Réunion a la spécificité d’être une région monopartementale, à savoir qu’elle est à la fois une Région et un Département, alors qu’en Métropole, une Région peut compter plusieurs Départements, ce qui permet de les différencier plus facilement.

Cette situation institutionnelle contribue à renforcer l’amalgame entre les deux collectivités. Pour nombre de Réunionnais, évoquer le Département, c’est parler de la Région. De fait, l’existence même de la collectivité départementale est peu présente dans l’esprit de la population, celui des conseillers départementaux l’est tout autant, d’où le peu d’intérêt pour ces élections.

Pourtant, la Région Réunion ne gère qu’un budget de 1 milliard d’euros, comparé au budget départemental qui avoisine les 1,7 milliard d’euros. La différence de traitement vient sûrement du fait que, malgré ce budget conséquent, le Conseil départemental s’occupe avant tout du quotidien des Réunionnais, moins sujet à médiatisation et à enjeux malgré l’importance de certaines thématiques telles que le développement agricole, le vieillissement de la population, ou encore l’insertion des Réunionnais sur un territoire miné par le chômage.

www.ipreunion.com / [email protected]

   

4 Commentaire(s)

Babouk loswoir, Posté
Deux assemblées ' Pourquoi faire ' Administrer aussi mal un même territoire et bien sûr la même population ! La Réunion renferme tant d'inégalités sociales décriantes et déchirantes...Plus de 3 000 agents dans l'une et près de 4 000 dans l'autre, cumul de 7 000 fonctionnaires (parfois un cadre A ne sort même pas un courrier réponse par mois, d'autres directeurs même pas un rapport par trimestre) pour 865 000 habitants ! Du jamais vu dans un autre département de cette taille...en métropole. Par ailleurs, il faut arrêter avec plus ceci ou plus cela (routes, équipements publics, logements sociaux ou pas, écoles élémentaires, collèges, lycées, renforcement AEP, extension assainissement EU OU EP, 2 PORTS, 2 AÉROPORTS, 3 TRAMWAYS, CHU, etc.). Il faut beaucoup d'argent pour entretenir tout ça. Il est tant d'amorcer l'inflexion (différent de la transition !) sur la démographie : c'est le sujet le plus inquiétant, le plus perceptible et palpable, mais personne ne dit mot! Comme c'est bizarre... vous avez dit bizarre, c'est bizarre!La liaison aérienne est une des plus chères au monde, là aussi aucun mot!Le prix du foncier s'envole depuis 30 ans...pareil pas une phrase! La différence de prix sur un bien comme une voiture de base, par rapport à la métropole (et aussi on peut comparer par rapport à Maurice, South Africa, Australie, Nouvelle- Zélande...il y a les mêmes voitures là-bas !), là aussi c'est n'intéresse personne... Quant à l'immobilier, c'est violent pour accéder à la propriété pour un jeune couple de réunionnais : ça s'emballe personne de le souligner là :, à cette grande occasion et rendez-vous avec le peuple réunionnais !
Coco pourrie, Posté
Nous vé ou DIdier robert - dou dehors comme dit Nassima dans le jir d'aujourd'hui
Stop aux escrocs , Posté
Si.on.pouvait déjà ne.pas voter pour un.cimulard, un.escroc, un.incompetent. ce serait déjà un.bon.debut.
Contribuable, depuis son mobile , Posté
La solution une assemblée unique une seule élections et non deux assemblées pour satisfaire les ambitions de nos élus aucun candidat prône dans leurs programmes pour une assemblée unique .