Lutte contre les discriminations :

Écriture inclusive : une évolution de la langue et de la société


Publié / Actualisé
L'écriture inclusive ou langage non-sexiste est utilisé.e pour éviter les discriminations et l'androcentrisme. L'écriture inclusive permet aussi de se référer au genre neutre grâce à l'utilisation de mots génériques comme personne, journaliste... et évite ainsi le mégenrage c'est-à-dire l'utilisation du mauvais pronom en parlant d'une personne transgenre, non-binaire ou qui ne s'identifie pas comme homme ou femme. Cette écriture qui rend la langue et la grammaire française plus égalitaires, divise la société car elle ne serait pas adaptée aux personnes apprenant à lire, celles dyslexiques et malvoyantes dépendantes de logiciels d'aides à la lecture. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
L'écriture inclusive ou langage non-sexiste est utilisé.e pour éviter les discriminations et l'androcentrisme. L'écriture inclusive permet aussi de se référer au genre neutre grâce à l'utilisation de mots génériques comme personne, journaliste... et évite ainsi le mégenrage c'est-à-dire l'utilisation du mauvais pronom en parlant d'une personne transgenre, non-binaire ou qui ne s'identifie pas comme homme ou femme. Cette écriture qui rend la langue et la grammaire française plus égalitaires, divise la société car elle ne serait pas adaptée aux personnes apprenant à lire, celles dyslexiques et malvoyantes dépendantes de logiciels d'aides à la lecture. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

Pour la politologue et militante féministe décoloniale Françoise Vergès, le débat autour de l’écriture inclusive est "un mouvement de justice".  Elle ajoute : "il y a toujours une mise en cause de la moindre chose remettant en question un ordre établi se présentant comme neutre mais qui est quand même masculin et patriarcal". Selon Françoise Vergès, le débat autour de l'écriture inclusive est "un mouvement de masse contre l'invisibilisation de la moitié de la société, les femmes en l'occurrence" “

- La langue, reflet de la société -

L’écriture inclusive renverse une règle grammaticale en place depuis plus de trois siècles et affrmant que "le masculin l’emporte sur le féminin". En 1675, l’abbé Bouhours avait décrété "lorsque le deux genres se rencontrent, il faut que le plus noble l’emporte". Le grammairien Nicolas Beauzéea avait ajouté en 1767: "le genre masculin est réputé plus noble que le féminin à cause de la supériorité du mâle sur la femelle". L’instauration de cette règle grammaticale reflète la société de cette époque. Elle est toujours appliquée de nos jours, preuve que notre société est toujours aussi sexiste. Pourtant avant cette règle discriminante, l’accord de proximité - consistant à accorder l’adjectif avec le nom le plus proche - existait déjà et se pratiquait en grec, en latin et en français.

“Ce que l’on dit aujourd'hui est que le langage structure la pensée et c’est tout à fait vrai” indique Xylric Lepinay, président de l’association OriZon qui lutte contre les discriminations liées à l'orientation sexuelle et l'identité de genre. “La règle enseignait à l'école dès le CP formate de manière purement artificiel.  On voit du féminin uniquement quand il est seul il est effacé dans les autres cas" ajoute-t-il.  Quand il y a 999 femmes et un homme, on dit "ils". Cela révèle un aspect de notre rapport au genre". souligne-t-il. "C’est quelque chose qui doit changer pour les femmes et les personnes queer de manière générale” note Xylric Lepinay.  Les personnes queer "n'adhèrent pas à la vision binaire des genres des sexualités et ne veulent pas être catégorisées selon les normes imposées par la société" selon le site QueerParis.  "On essaye de présenter la langue française comme un monolithe alors qu’elle a toujours évolué" remarque Xylric Lepinay.

- "L'écriture inclusive n'est pas une barrière" -

Dans une circulaire publiée le 6 mai 2021 au Bulletin officiel de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Education nationale, proscrit l’utilisation du point médian. Cette disposition interdit aux enseignant.e.s d'apprendre à leurs élèves à écrire "candidat.e.s" ou "chef.fe" par exemple. Selon le ministre ,"la complexité et l'instabilité de l’écriture inclusive" constituent des "obstacles à l’acquisition de la langue comme de la lecture". Jean-Michel Blanquer, préconise l’usage de la féminisation des métiers et des fonctions. Un usage qui avec l’utilisation de formules épicènes (terme qui a la même forme au masculin et au féminin), fait partie"des pratiques constitutives de l’écriture inclusive".

A La Réunion, le Rectorat applique, logiquement, les consignes gouvernementales. D’abord la circulaire du 21 novembre 2017 relative aux règles de féminisation et de rédaction des textes et publiée au Journal officiel  et celle du 6 mai 2021 qui proscrit l'utilisation du point médian."On utilise un vocabulaire simple, plus accessible au grand nombre. On utilise aussi le dédoublement et la féminisation des fonctions" indique le Rectorat. Pour ce qui est du langage épicène le Rectorat se dit"ne pas être encore confronté à cette problématique". Pour Xylric Lepinay le langage épicène est une "très bonne technique notamment quand on ne connaît pas encore le genre d’une personne". Cependant la binarité de la langue française pose problème “ Si on utilise que le langage épicène à un certain moment on sera bloqué, et on devra utiliser des mots genrés”.

David Lorion, député Les Républicains de Saint-Pierre,  soutient le gouvernement pour l’interdiction de l’écriture inclusive à l’école. "Elle ne permet pas d’appréhender le sens du mot et l’enfant ne peut donc pas apprendre à décrypter lorsqu’il apprend à lire" indique-t-il. D’autres comme Xylric Lepinay estime que l'écriture inclusive n’est pas une barrière."Ce n’est pas ce qu’il y a de plus compliqué à apprendre en français, ce n'est pas non plus la chose la plus excluante” ajoute-il. Le constat est le même pour la politologue Françoise Vergès. "Les choses changent, ce sont des conventions à prendre dès la petite école. Ce sont des habitudes que l’on prendrait" souligne-t-elle.

Bien qu’il soit contre l’écriture inclusive à l’école, David Lorion estime qu’il est "normal d’avoir une approche féminine pour certains mots et de changer des formulations comme "les Droits de l’Homme" avec des termes plus inclusifs. “Je préfère les Droits humains, c’est une meilleure formulation”, souligne-t-il.

- Une écriture inclusive qui ne serait pas adaptée à tous.tes -

Même si l’écriture inclusive est utilisée pour éviter les discriminations et rendre ainsi la langue française plus égalitaire, pour certains elle ne serait "pas adaptée aux personnes qui apprennent à lire ainsi qu’à celles dyslexiques et malvoyantes, dépendantes de logiciels d’aides à la lecture". Pour Françoise Vergès il ne s’agit que "d’arguments de résistance, ce sont des réactions et non des arguments réels fondés sur quelque chose”. Celles et ceux "qui déclarent que cette écriture n'est pas adaptée aux personnes dyslexiques et malvoyantes tendent à réduire l'écriture inclusive au point médian alors qu'il en existe différentes formes" dit-elle encore.

Pour Xylric Lepinay cette écriture "ne poserait pas problème à ces personnes puisqu'il en existe différentes formes comme la féminisation, le dédoublement, le langage épicène...". Pour que cette écriture s'adresse à toutes et à tous, le président d'OriZon conseille de "développer une écriture inclusive réfléchie pour qu'elle soit adaptée au plus grand nombre possible de personnes" possible".

Françoise Vergès abonde en ce sens et souoigne : "l'écriture inclusive est aussi la façon dont on en rendrait une langue plus juste car la règle du masculin l’emporte sur le féminin n’est pas simplement une règle de grammaire. Elle tend à ce que l’homme devienne le sujet universel”.

L’écriture inclusive permet donc de représenter toutes les personnes qui n’entreraient pas dans la binarité des genres, “ni strictement homme, ni strictement femme” précise Xylric Lepinay. “Ce serait une simplification de la langue et non une complexification” note-il. Du fait de la multiplicité des formes inclusives à savoir le point médian, l'utilisation de parenthèses, du slash, du "E" et bien d'autres, l'écriture inclusive peut donc varier d'une utilisation à une autre.

Cette multiplicité d'écriture pourrait causer "des disparités entre régions" selon le président d'OriZon. Il plaide donc "de statuer" sur une forme d’écriture inclusive, la plus accessible à toutes et à tous en l'occurrence.

vl/www.ipreunion.com / [email protected]

   

18 Commentaire(s)

Johndal, depuis son mobile , Posté
Cette écriture est une invention d'illettre. Essayez de lire à haute voix, de chanter, de traduire un texte écrit dans cette écriture dans n'importe quelle langue vous verrez le résultat.
SinInk, Posté
https://soseducation.org/petitions-mobilisations-collectives/contre-ecriture-inclusiveLes personnes contre peuvent signer cette pétition et la faire tourner.
Ver5gétorix, Posté
C'est vraiment le fond de la question. Si vous ne savez pas nommer une morue mâle les écolos vous tourneront le dos et un de ces jours êtes vous sûrs d'être secouru en mer si vous n'avez pas su estimer quelle proportion de morues mâles et quelle proportion de morues femelles vous avez pêchées. En fait il y a une solution, mais c'est juste pour contourner le piège tendu par des écolos de salon. Pour cette espèce il y a plusieurs noms. Vous pouvez donc déclarer la pêche de 300 cabillauds (autre nom de la morue) et de 200 morues. On n'a pas vexé les écolos, mais je parie qu'ils sont incapables de faire la différence.
Gouvemon, Posté
Une minorité souhaite détruire notre langue, une des plus belle du monde. Ne les laissons pas faire et exigeons un référendum. Ça sera vite enterré au vu des commentaires...
Bernie, Posté
Et si je ne suis pas genré, comment je fais '
Faycel, Posté
En tant qu'étranger je ne suis pas pour. Je trouve que ça complique la langue et ne sert à rien. Le problème est le même en Allemagne, eux mettent un * au lieu du point et la discussion fait rage. mais de grâce, épargnez ce français qu'on aime de points et déclinaisons illisibles et surtout imprononçables. SVP, soyez simples, inventez une forme NEUTRE puisqu'elle n'existe pas encore !!! Le français est une langue déjà trop compliquée de base alors n'en faites pas davantage. ne soyez pas jaloux si les étrangers se tournent vers l'anglais après...
Tipiment, Posté
Je ne pense pas que vous luttiez contre la discrimination avec ces élucubrations, je pense même que vous en ajoutez une autre encore plus grave
Titou, Posté
Bientôt il n'y aura plus de rapport entre la langue écrite et la langue parlée. Il n'y a rien qui vous choque ' Autant changer le français par l'anglais et ces soi-disant féministes seront comblés, non '
Calou, Posté
Je ne supporte plus la triste mode lancée par Macron avec ses francaizéfrancais, chacuneéchacun, toutzétous, celleséceux et autres.Et de voir qu'il est imité par tant de politiciens est parfaitement ridicule !
T42, depuis son mobile , Posté
la correspondance avec l'oralité est impraticable, elle a pour effet d'installer une langue seconde dont la complexité pénalisé les individus
Jojo le.merou, Posté
Il s'agit d'adopter une vision très états-unienne de la société telle qu'elle se répand dans certaines universités qu' a fréquenté Francoise. Il faut qu'elle se remette d'avoir eu une grande mère détentrice de nombreux esclaves et qu'elle utilise ses talents pour de vrais combats.
Domie , Posté
L'écriture dite inclusive pervertit la fonction de la langue, outil par excellence à la disposition de tous. Elle crée des formes inédites d'inégalités et d'exclusion pour servir une idéologie dévastatrice humainement, intellectuellement et culturellement. Je ne suis pas étonnée de voir l'esclave idéologique de la bien pensance officielle !!! ....je me désabonnerais très vite de votre site si vous persistez à genrer l'écriture dans le seul et unique de vous conformer à un symbole du combat pour l'égalité entre les femmes et les hommes pathétique et franchement carricatural. ...
Comme alp974 si iIPR se fait le chantre , Posté
et milite pour la généralisation de l'écriture inclusive , je ne vous lirais plus et j'influencerais mes relations en ce sens .
Korine, depuis son mobile , Posté
Bravo pour votre article!
Nathalie, Posté
Je suis une femme et franchement j'ai d'autres combat que l'ecriture inclusiveSuperbe idée pour compliquer l'apprentissage de la lectureLe francais est genré, nous n'allons rien y changer.Laissons nos enfants apprendre à lire correctement, ne leur compliquons pas la tache et surtout arretons d'en faire un débat de société visant à aider les femmes Ouvrez des centres d'aide aux femmes seules ou battues, aidez les femmes victimes de violences à avoir un cadre rassurant quand elles vont porter plainte,......
Jeanbon, Posté
Ou comment compliquer encore plus une grammaire et un orthographe qui le sont déjà suffisamment, et qu'une grande majorité ne s'est toujours pas appropriée.Changez de combat, l'écriture SMS est un mal bien plus grave, tout comme l'illettrisme !C'est comme si ma voiture n'avait pas de moteur, et que je réparerai la roue de secours crevée...
Alp974, Posté
Sachez que si vous persistez dans l'utilisation de ce charabia de bobos je cesserais de vous lire !