Election (actualisé) :

Présidentielle : le premier tour en quatre (grandes) leçons


Publié / Actualisé
Le premier tour des présidentielles, ce dimanche 10 avril 2022 a hissé Emmanuel Macron (27,6%) et Marine Le Pen (23,41%) au second tour du scrutin prévu le 24 avril prochain. Cette journée d'élection a été marquée par au moins quatre grands enseignements. Le premier est que les Outre-mer ont plébiscité clairement Jean-Luc Mélenchon. Le deuxième est que les sondages, même s'ils ont été globalement justes, ont peut-être faussé la donne électorale. Le troisième est qu'un front républicain semble se construire mais il est difficile de savoir si cela se concrétisera dans les urnes. Enfin, le dernier enseignement porte sur l'implosion des partis traditionnels PS et LR, ce qui augure une recomposition politique d'ampleur dans les prochaines semaines.
Le premier tour des présidentielles, ce dimanche 10 avril 2022 a hissé Emmanuel Macron (27,6%) et Marine Le Pen (23,41%) au second tour du scrutin prévu le 24 avril prochain. Cette journée d'élection a été marquée par au moins quatre grands enseignements. Le premier est que les Outre-mer ont plébiscité clairement Jean-Luc Mélenchon. Le deuxième est que les sondages, même s'ils ont été globalement justes, ont peut-être faussé la donne électorale. Le troisième est qu'un front républicain semble se construire mais il est difficile de savoir si cela se concrétisera dans les urnes. Enfin, le dernier enseignement porte sur l'implosion des partis traditionnels PS et LR, ce qui augure une recomposition politique d'ampleur dans les prochaines semaines.

- Si les départements d’Outre-mer devaient élire leur président, ce serait Mélenchon -

S’il termine au pied du podium qualificatif pour le second tour au niveau national, force est de constater que les départements Outre-mer ont massivement voté pour Jean-Luc Mélenchon. En Guadeloupe, il recueille 56,2% des voix. En Guyane, 50,6% des électeurs ont voté en sa faveur. Même constat en Martinique avec 53,1% pour le patron de la France Insoumise. Score honorable également à La Réunion (40,3%), à Saint-Pierre et Miquelon (40,9%) ainsi qu’à Saint-Martin et Saint-Barthélemy (28,1%).

Ces scores fleuves peuvent certainement s’expliquer par la particularité de tous ces territoires, confrontés pour la majorité à une situation socio-économique difficile, un taux de chômage et une cherté de la vie plombant le pouvoir d’achat des habitants. C’est justement sur le sujet du pouvoir d’achat que Jean-Luc Mélenchon a su certainement parler aux ultramarins, promettant notamment une prime de vie chère, le SMIC à 1400€ ou encore une régulation des prix.

A contrario, outre son bilan critiqué, Emmanuel Macron n’a certainement pas réussi à parler aux ultramarins. Au contraire, avec des propositions telles que la retraite à 65 ans ou encore le fait de conditionner le RSA à une obligation de consacrer 15 à 20 à une activité visant à l’insertion professionnelle, le président de la République sortant a plutôt braqué l’électorat d’Outre-mer. S’il fait des scores encourageants en Nouvelle Calédonie (40,5%), en Polynésie française (40,3%) et à Wallis et Futuna (39,5%), c’est parce que les enjeux ne sont pas les mêmes, ces territoires étant davantage portés vers leur autonomie, sujet sur lesquels sont ministre des Outre-mer Sébastien Lecornu a toujours été actif.

Seul un département d’Outre-mer a hissé Marine Le Pen en tête des votes. Il s’agit de Mayotte où elle enregistre 41,4% des voix. Là encore, la particularité de ce territoire fortement touché par la problématique de l’immigration clandestine en provenance des Comores peut expliquer ce ralliement aux idées du Rassemblement national qui fait de la lutte contre l’immigration l’un de ses thèmes privilégiés de campagne.  

- Les sondages ne font pas l’élection, mais peuvent avoir une influence -

La question que l’ont peut se poser à l’issue de ce premier, c’est de savoir quel a été l’impact des sondages sur la mobilisation des électeurs.

Très clairement, les dernières publications des instituts de sondage ont montré une vague bleue marine prête à déferler sur la France. Celle qui n’était créditait que de 18% des intentions de vote début mars semblait déferler sur Emmanuel Macron qui se voyait semaine après semaine grignoter des voix. Ainsi, à la veille du 1er tour, les intentions de vote donnaient 28% pour Emmanuel Macron et 24% pour Marine Le Pen.

Jean-Luc Mélenchon était quant à lui relégué à de la figuration avec 16% des intentions de vote. C’est justement concernant les scores du leader de la France Insoumise que le bât blesse puisqu’au final il obtient 21,95% de voix. Quel a été l’influence des sondages sur ce résultat ?

En effet, ces derniers jours, le péril "Marine Le Pen" semblait créer un climat anxiogène en France, poussant très certainement les électeurs à se tourner vers le " vote utile ". Un vote utile qui a certainement profité à Emmanuel Macron, celui la même qui paraissait selon les sondages le mieux armé pour contrer la leader du Rassemblement National. Un vote utile qui a certainement coûté à Jean-Luc Mélenchon sa qualification au second tour.

Ce nouvel épisode pose une fois de plus la question des sondages, faiseurs d’opinion voire même d’élection. Cela, au détriment du programme, d’un véritable débat de fond sur les idées de chacun des candidats. Certains médias tels que Ouest France ont fait ainsi le choix de ne publier aucun sondage, cela, pour laisser la démocratie pleinement s’exprimer.

- Le front républicain sera-t-il efficace ? -

C’est la grande question à deux semaines du second tour. Un temps enterré, le front républicain semble renaître de ses cendres au soir du 1er tour pour faire barrage au Rassemblement National.

En effet, très rapidement Valérie Pécresse, Yannick Jadot, et Anne Hidalgo ont appelé à voter en faveur d’Emmanuel Macron. Jean-Luc Mélenchon a quant à lui annoncé qu’il consulterait très rapidement ses militants tout en appelant à " ne pas donner une seule voix " à Marine Le Pen, sans pour autant appeler ouvertement à voter pour Emmanuel Macron.

L’époque où les électeurs votaient comme un seul homme pour le candidat désigné par le leader politique semble révolu. Et pour cause, selon les différents sondages parus, l’électorat de Jean-Luc Mélenchon devrait se partager entre Marine le Pen, Emmanuel Macron et le vote blanc/nul, montrant toute la fragilité de ce front républicain.

Un front qui pourrait même se fissurer à l’approche du second tour. En effet, pour les électeurs de la France Insoumise, le dilemme entre les deux candidats finalistes semble extrêmement difficile, ce qui pourrait les inciter à ne soutenir aucun d’entre eux. Par ailleurs, la gauche risque d’être davantage concentrée sur des règlements de compte du fait de leur division que sur un soutien massif à la candidature du président de la République sortant.

- L’implosion des partis traditionnels -

Avec respectivement 4,79% et 1,74% des voix, Valérie Pécresse (LR) et Anne Hidalgo (PS) ont fait les pires scores d’un parti de gouvernement sous la 5ème République lors de ce scrutin, ce qui constitue un séisme dans la vie politique française. A titre de comparaison, c’est comme si les Républicains et les Démocrates aux Etats-Unis ou encore le parti Travailliste et les Conservateurs en Grande Bretagne enregistraient un score anecdotique lors de scrutins nationaux.

L’implosion des partis traditionnels est une réalité qui invitera nécessairement ses membres, ainsi que les autres partis, à envisager une restructuration du paysage politique français. Le PS et les LR ne risquent pas de se relever de cet échec. Si la France Insoumise semble destinée à aspirer ce qu’il reste du PS, l’enjeu est plus compliqué en ce qui concerne LR. Déjà durant la campagne, et notamment les primaires, les différents candidats avaient exposé des visions très différentes concernant le devenir de leur parti, certains tels qu’Eric Ciotti plaidant un réajustement idéologique vers la droite, et à proximité de l’extrême droite, d’autres plaidant pour un parti allant de la droite au centre droite.

Inévitablement, ces deux tendances vont provoquer le déchirement des Républicains qui se retrouveront donc définitivement divisés. Les uns penchant vers les partis de centre droit (LaRem, Modem, UDI, Horizons…), les autres tentant de croire un grand parti allant de la droite à l’extrême en essayant de rassembler Marine Le Pen, Eric Zemmour et les transfuges de LR.

Une chose est certaine, le paysage politique français va profondément changer, assez rapidement, afin d’être en ordre de bataille pour les législatives du mois de juin. L’objectif étant que les positionnements des uns et des autres soient clairement affirmés pour que les électeurs puissent identifier les forces en présence.

Lire aussi : Présidentielle : Emmanuel Macron et Marine Le Pen qualifiés pour le second tour de tous les dangers

Lire aussi : Présidentielle 2022 : 28,1% pour Emmanuel Macron, 23,3% pour Marine Le Pen

www.ipreunion.com/ [email protected]

   

7 Commentaire(s)

Les électeurs de gauche faiseurs de roi, Posté
Ce sont les électeurs de gauche notamment ceux de Melanchon qui vont choisir la future présidente ou président de la République le 24 avril prochain. Les 2 candidats leur font les yeux doux mais il faut être authentique.
Adjuna, Posté
Si les gens veulent à nouveau le retour du passe vaccinal, marcher à 4 pattes pour manger dans un restaurant, un contrôle de vos vies à la chinoise, alors voter E.M. Pour le 2è tour; je voterais contre Macron.
SOMANKE , Posté
Quoi faire au deuxième tour:Voter Macron: le peuple est dans la rue avant les 100 joursVoter le Pen: le peuple est dans la rue dans le même temps.Réveilles toi Gavroche, ton heure est revenue
Missouk, Posté
Un autre enseignement : vu le faible score de MACRON à la REUNION, on pourrait imaginer 7 députés de gauche dans un mois, ce qui clouerait sérieusement le bec aux girouettes opportunistes qui se sont ralliées à MACRON !
Autre enseignement , Posté
Autre enseignement, les relais de Macron à la Reunion sont molles et impopulaires.
ChefBrody , Posté
Marine présidente ' ' '
La retraite à 65 ans signera sa défaite , Posté
La réforme de la retraite à 65 ans de Macron ne passe pas.