Union, mobilisation et enjeux de l'entre-deux tours :

Régionales : la gauche unie face à la droite et au centre


Publié / Actualisé
Les finalistes du second tour des élections régionales sont connus. Didier Robert (31,10%)et Huguette Bello (20,74%) ont jusqu'à 18 heures ce mardi 22 juin 2021 pour élaborer leur stratégie, et déposer une liste en vue du second tour qui se tiendra ce dimanche 27 juin. Dès ce dimanche 20 juin au soir, à l'issue des premiers résultats des régionales, les téléphones ont commencé à fonctionner entre les différents candidats. Les tractations ont permis de rapidement former l'union de la gauche. A droite, l'heure est à la mobilisation des maires qui doivent plus que jamais convaincre l'électorat de se rendre aux urnes pour conserver une chance de l'emporter (Photo www.ipreunion.com)
Les finalistes du second tour des élections régionales sont connus. Didier Robert (31,10%)et Huguette Bello (20,74%) ont jusqu'à 18 heures ce mardi 22 juin 2021 pour élaborer leur stratégie, et déposer une liste en vue du second tour qui se tiendra ce dimanche 27 juin. Dès ce dimanche 20 juin au soir, à l'issue des premiers résultats des régionales, les téléphones ont commencé à fonctionner entre les différents candidats. Les tractations ont permis de rapidement former l'union de la gauche. A droite, l'heure est à la mobilisation des maires qui doivent plus que jamais convaincre l'électorat de se rendre aux urnes pour conserver une chance de l'emporter (Photo www.ipreunion.com)

- Contrairement à 2010 et 2015, la gauche est cette fois en position de force -

Premier enseignement que peut tirer la gauche de ce premier tour, c’est qu’elle est en position de force à l’approche de ce second tour. En effet, d’un point de vue strictement mathématique, la gauche est largement majoritaire lorsqu’on fait l’addition des voix des différents candidats de cette famille politique : Huguette Bello (20,74%), Ericka Bareigts (18,48%), Patrick Lebreton (7,78%), Olivier Hoarau (4,24%) et Jean-Yves Payet (1,14%), soit 52,38% des voix au total. Cela, sans compter une partie des voix de Vanessa Miranville (9,91%) dont le positionnement originel sur l’échiquier politique se trouve plutôt à gauche.

La gauche est théoriquement majoritaire. Cette situation tranche avec les deux scrutins précédents qui ont vu la victoire de Didier Robert.

En 2010, si la gauche était mathématiquement majoritaire, elle a pêché par une incapacité à s’unir, provoquant une triangulaire fatale où Paul Vergès (35,55%) et Michel Vergoz (18,99%) se sont mutuellement affaiblis pour laisser un boulevard à Didier Robert (45,56%).

En 2015, c’était une autre configuration puisque Didier Robert bénéficiait d’une dynamique extrêmement efficace de l’union de la droite et du centre (avec la présence de Nassimah Dindar) qui avait ses preuves aux municipales de 2014 et aux départementales de 2015. C’est ainsi que le président de Région a creusé un immense écart dès le premier tour, réunissant 40,36% des voix, loin devant son adversaire de l’époque, Huguette Bello, qui avait recueilli 23,80% des voix. L’écart était tel que la victoire de Didier Robert semblait inéluctable, malgré l’union des tous ses adversaires au second tour. Le patron d’Objectif Réunion l’avait emporté avec 52,69% des voix.

La différence, cette année, c’est que l’écart entre Didier Robert et Huguette Bello n’est pas aussi large, 11 points les séparent. D’autre part, le président de Région sortant est, contrairement à 2015, très loin de la barre des 50% (19 points à combler), alors qu’il ne dispose que de très peu de réserves de voix.

- Après les discours, les tractations, et l’union -

Aussi, la gauche, si elle souhaite avoir un maximum de chance de l’emporter, se devait de mettre ses rivalités de côté et savoir s’unir derrière Huguette Bello. Dès ce dimanche soir, une fois les résultats connus, le consensus semblait de mise sur les plateaux TV, celui de la nécessité de créer l’union de la gauche en vue du second tour. De Ericka Bareigts à Olivier Hoarau en passant par Patrick Lebreton, tous semblaient dire en chœur que l’union derrière Huguette Bello en vue du second tour devait se faire.

Plusieurs questions se posaient alors, d’abord celle de l’ampleur de l’ouverture de la liste de Huguette Bello à ses nouveaux alliés, Ericka Bareigts et Patrick Lebreton.

D’autre part, on pouvait s’interroger sur la position d’Ericka Bareigts sur cette liste. L’ancienne ministre et actuelle maire de la plus grande ville d’Outre-mer avait-elle intérêt d’y apparaître dans les places éligibles ou simplement de façon symbolique pour formaliser son soutien ?

L’autre question qui se posait concernait l’attitude de Patrick Lebreton en vue d’une éventuelle fusion des listes devant cohabiter avec Ericka Bareigts ou certains de ses colistiers, ceux-là même que le maire de Saint-Joseph qualifiait de "liste de droite" il y a deux mois

Moins de 24 heures après les résultats, Huguette Bello, Ericka Bareigts et Patrick Lebreton ont levé tous les doutes en confirmant ce lundi après-midi leur union. La rapidité de cette annonce peut surprendre. Habituellement, les différents camps prennent le temps de discuter et de négocier. C’est souvent le mardi matin voire même le mardi après-midi que les choses se décantent réellement. "Nous voulons très rapidement nous lancer dans la campagne du second tour. Nous avons tiré les leçons de 2015", a souligné la maire de Saint-Paul.

Huguette Bello a vraisemblablement su adopter une posture de rassembleuse qui a permis aux gauches réunionnaises de s’entendre et de faire l’union en vue de ce second tour. Patrick Lebreton semble avoir enterré la hache de guerre avec la maire de Saint-Denis. " L’essentiel, c’est de tirer les leçons de ce scrutin ", a-t-il déclaré.

Quant à Ericka Bareigts, elle apparaît bien sur cette nouvelle liste d’union, " en bonne position ", a confié Huguette Bello qui indiquait par ailleurs qu’ "il n’y a eu aucune querelle concernant la composition de cette liste ".

- A droite, Didier Robert n’a plus toutes les cartes en main -

S’il termine premier de ce premier tour avec 31,09% des voix, Didier Robert ne peut pas être tout à fait serein à la lumière de ce résultat. En effet, le candidat de l’union de la droite et des centres perd 9 points par rapport au 1er tour de 2015 où il avait obtenu 40,36% des voix, témoignant d’une dynamique qui s’essouffle, ou, en tout cas, qui a eu beaucoup de peine à décoller au 1er tour.

Les scores enregistrés par le président de Région sortant dans les communes où il était soutenu par les maires en place démontrent en effet que Didier Robert peine à convaincre les électeurs malgré l’appui de l’appareil municipal. L’exemple le plus flagrant se trouve du côté du Sud, à Saint-Pierre ou au Tampon où il obtient respectivement 32,21% des voix et 39,69% des voix alors qu’il est soutenu par les deux ténors que sont Michel Fontaine et André Thien-Ah-Koon. Paradoxalement, aux départementales, les candidats de l’union de la droite font carton plein dans les cantons de ces deux communes en obtenant plus de 50% des voix.

Même constat à Bras-Panon (33,02%), à l’Etang-Salé (32,25%), aux Avirons (32,45%) ou encore à Saint-Leu (33,12%) où Didier Robert ne surfe pas véritablement sur le soutien des maires en place.

A contrario, et c’est plus surprenant, Didier Robert enregistre un score très correct à Saint-André (32,15%), loin devant Huguette Bello (21,75%) pourtant soutenue par le maire en place Joé Bédier, ce qui est une indication inquiétante pour l’édile saint-andréen un an à peine après son élection. A Saint-Denis, Didier Robert arrive aussi en tête (33,12%), d’un cheveu, devant Ericka Bareigts (33,10%). Dans ce cas de figure, les électeurs dionysiens semblent plutôt avoir sanctionné la maire de Saint-Denis qui lorgnait sur le fauteuil de président de Région à peine élue dans le chef-lieu.

D’autres communes ont pleinement joué le jeu, tels que Saint-Philippe (49,46%), Sainte-Marie (44,38%) ce qui démontre l’influence encore très forte de Jean-Louis Lagourgue dans la commune dont il fut maire, à Salazie (45,14%) la Plaine de Palmistes (46,44%) ou encore, fait étonnant, à Sainte-Rose, ville dirigée par l’ancien socialiste Michel Vergoz, où Didier Robert enregistre son meilleur score sur l’île avec 60,44% des voix.

Quand un ancien socialiste parvient à faire voter davantage Didier Robert que des alliés historiques, cela interroge forcément sur la volonté de la droite réunionnaise de soutenir son poulain.

En tout cas, à l’aube de ce second tour, Didier Robert ne semble plus vraiment avoir les cartes de sa réélection entre ses mains. Il semble avoir fait le plein de voix au premier tour. Tout dépendra maintenant de la capacité, ou de la volonté, des maires en place d’amplifier la mobilisation en faveur du président de Région sortant. Les scores dans certaines communes ne sont en effet pas à la hauteur de ce que certains maires pouvaient attendre, donnant à Didier Robert des espoirs d’y croire pour ce second tour.

- Et les autres listes ? -

Pour l’heure, aucun autre candidat que ceux cités précédemment ne s’est positionné en faveur d’une candidature en lice pour ce second tour. Peut-être attendent-ils que les choses se décantent et d’y voir plus claire en termes de forces en présence.

On peut néanmoins déjà supposer que les électeurs de Jean-Yves Payet se tourneront davantage vers la gauche lors de ce second tour, tout comme les électeurs de Jean-Pierre Marchau, qui travaille déjà avec la gauche, notamment à la mairie de Saint-Denis.

A contrario, ceux de Corinne de Flore, celle qui se positionne plutôt à droite, pourraient aller vers Didier Robert. Quid du Rassemblement National de Joseph Rivière et des 6 107 électeurs de Philippe Cadet ? Il est très difficile de prévoir où iront leurs électeurs, tout comme ceux de Vanessa Miranville (9,91%) qui n’a pas souhaité donner de consigne de vote.

www.ipreunion.com / [email protected]

   

9 Commentaire(s)

@ Lucay, Posté
Bon pé cabris i coup' , brûlé out l'encens , à 60% Bello i rentre dimanche soir! Bello là point malédiction si son tête, robert oui! Lé fini out candidat menteur, profiteur et futur condamné !!!!!
Lucay , Posté
Zot y rentra pas à partir de ce soir mi brule un bougie pou zot
974, Posté
Il faut le changement.Tout sauf Robert
Volailles d'o Lo , Posté
DR dehors, ou l'a augmenté out salaire de 6800', ou la nourri out famille, zot toute les rond ek l'argent nout zimpot, karma i vient pour twoi'. Life is short man
Sappel Bellepierre en sursis, Posté
Freedom ce matin la donne robert, ou la la , comment un condamné peut il encore courir derrière un mandat comme ça ''''''
Douala, Posté
Les dinosaures qu'il a insulté et traiter comme des moins que rien " des traitres "! Aujourd'hui son Lacouture la gagne un bon totochement pour les départementales, le prochain président du departement sera jeune et la future présidente de la region sera une femme de dossiers, droit dans ses bottes - adieu robert et compagnie vous avez fait énormément de mal aux réunionnais
Macatia, Posté
A Montrose, vous rigolez, en 2015, didier n'était pas insolent et in n'a pas insulté ses amis en le prenant pour des traites qu'il ne faut plus nourrir. Lundi matin, on sentira le propre du coté de Moufia. Didier doit partir, il a fait trop de dégâts àla Région.
Montrose, Posté
Vous êtes un peu optimiste dans votre analyse et manquez d'analyse objective. Sans préjuger du candidat qui sortira gagnant des urnes, les chiffres ne sont pas ceux que vous avancez quand vous comparez la situation actuelle à celle de 2015. Elle est plutôt comparable et n'est pas défavorable au sortant contrairement à ce que vous dites. La gauche cumulait déjà plus de 50% des voix avec Bello, Thierry Robert et Lebreton au premier tour, jusqu'à 53% avec Ramenons et Payet et on connaît le résultat. La différence par rapport à 2015, n'est donc pas tant le score de la gauche qui est finalement moins bien cette année mais celui de la droite qui perd 10% qu'on retrouve chez Miranville. Cependant il ne faut pas comparer des pourcentages qui sont des valeurs relatives sur des chiffres qui sont entiers. Ce serait comme comparer le pourcentage des voix entre la commune de st Philippe de 5000 habitants et st denis de plus 100 000 habitants ! Par conséquent, la réserve de voix pour la droite comme pour la gauche et dans les abstentionnistes qui sont importants para rapport à 2015. La dynamique du sortant va donc mobiliser l'électorat comme en 2015 qui a permis à la droite de maintenir son avance du premier tour au second avec 5% d'avance malgré l'union de la gauche. Comme vous le dites, on a moins voter au Tampon et à st Pierre. Ce ne sera pas le cas le week-end prochain. Mais rien n'est gagné pour autant. Soyez objectifs ! (C'est votre analyse, merci de la partager ici avec toutes ces précisions. Très belle journée à vous Montrose - Webmaster)
Tuit Tuit, Posté
Alors que la gauche est sur le point de disparaitre en France, c'est dire leurs incompétences sur les dernières décennies. Seule la Réunion résiste. Et oui, ici l emangé cochon est bon. Celle qui est prompt à toutes les critiques, s'allie aujourd'hui avec sa meilleure ennemie .... Et oui, ses deux là, ne se supportent pas, trop d'égo. Bareigt serait en tête, Bello n'aurait jamais fait alliance, elle aurait maintenu sa candidature.... Quel avenir pour l'île, avec 2 égo pareil ' Lebreton va s'arracher les cheveux à faire l'arbitre et nous Réunionnais, encore une fois on va subir l'immobilisme de la gauche et leur casse de tout ce qui a été fait ....