L'entraîneur de l'équipe de France de surf se lâche sur Facebook :

Patrick Flores se vante d'avoir éliminé huit requins


Publié / Actualisé
Là où certains appellent à la retenue sur le sujet requin, d'autres continuent de susciter la polémique. C'est le cas de Patrick Florès, entraîneur national de la fédération française de surf et père du surfeur Jérémy Florès. Le mardi 17 janvier 2012, sur sa page Facebook, ouverte au public, l'homme lance un premier appel à la chasse aux requins hors réserve naturelle, "où tout est permis", selon ses propos. En moins d'un jour, une cinquantaine de commentaires abondera en ce sens. Les publications sont supprimées le 18 janvier 2012. Patrick Florès prétend que cet appel n'était "que du second degré". Sauf que ce week-end, il a réitéré avec une annonce du même genre, déclarant fièrement au passage qu'il a éliminé 8 requins en moins de 24 heures. Bien que sur Facebook, il prétende assumer ses paroles, l'entraîneur national de la fédération française de surf a finalement supprimé de nouveau sa publication quelques heures après l'avoir mise en ligne.
Là où certains appellent à la retenue sur le sujet requin, d'autres continuent de susciter la polémique. C'est le cas de Patrick Florès, entraîneur national de la fédération française de surf et père du surfeur Jérémy Florès. Le mardi 17 janvier 2012, sur sa page Facebook, ouverte au public, l'homme lance un premier appel à la chasse aux requins hors réserve naturelle, "où tout est permis", selon ses propos. En moins d'un jour, une cinquantaine de commentaires abondera en ce sens. Les publications sont supprimées le 18 janvier 2012. Patrick Florès prétend que cet appel n'était "que du second degré". Sauf que ce week-end, il a réitéré avec une annonce du même genre, déclarant fièrement au passage qu'il a éliminé 8 requins en moins de 24 heures. Bien que sur Facebook, il prétende assumer ses paroles, l'entraîneur national de la fédération française de surf a finalement supprimé de nouveau sa publication quelques heures après l'avoir mise en ligne.
"A quelques spots près, on ne peut plus surfer à La Réunion (...) Petit appel à tous mes potes pêcheurs, en dehors de la réserve, tout est permis !!! Carte blanche !!!". Voilà ce qu'on pouvait lire en substance sur le mur Facebook de Patrick Florès, entre le mardi 17 et mercredi 18 janvier.

Le père du champion Jérémy Florès précisait : "Il est temps d'agir, et dans la légalité. En dehors de la réserve, le bouledogue n'est pas protégé". Il envisageait même "un bon concours de pêche avec un 'prize money' comme ça se fait dans tous les pays du monde". L'homme retirera sa publication dans l'après-midi du mercredi 18 janvier 2012, mais elle n'est pas passée inaperçue.

Interrogé à ce sujet, Patrick Florès prétend que ces propos ne sont "que du second degré entre potes, qui n'auraient pas dû être publics". "C'est pour montrer l'hypocrisie de la situation, on n'arrête pas de dire qu'il ne faut pas toucher aux requins dans la réserve, mais juste un mètre derrière les bouées jaunes, on peut les pêcher", note-t-il.

Sa publication retirée, l'affaire aurait pu s'arrêter là, mais Patrick Florès réitère son appel quelques jours après, et annonce sur son mur Facebook : "Enfin, c'est parti !!! Moins 8 en moins de 24 heures...Quand je pense à tous ceux qui ont essayé ou fait semblant d'essayer (...) et qui n'y sont pas arrivés...C'est tellement facile !". Par - 8, on comprend l'élimination de huit squales. Dans les commentaires qui suivent, quand l'un de ses amis lui demande son objectif de requins à éliminer, il répond : "30 en 3 jours, quitte à me faire allumer sur les sites internet ou les journaux. Je ne demande pas un massacre (...) je ne demande pas une extermination totale, juste un petit nettoyage".

Un "petit nettoyage" qui ne plaît pas à tout le monde. Sea Shepherd, dans un communiqué en date du 19 janvier, avait réagi au premier appel à la chasse aux requins : "Le but n'est pas de relever une à une les inepties proférées par Monsieur Florès et ses acolytes sur les causes ou les solutions à apporter à la problématique des attaques de requin, mais plutôt d'interpeller les pouvoirs publics sur la dangerosité de tels propos émanant d'un individu qui occupe le poste d'entraîneur national de la fédération de surf. En effet, quelles valeurs le coach de l'équipe française est-il en train de transmettre à tous les jeunes qui voient en lui un modèle et un exemple à suivre ?".

Sea Shepherd demande alors "aux autorités compétentes à ne pas prendre à la légère ce genre d'appel à la vindicte". "Les requins bouledogues et les requins tigres ne sont pas protégés, ce qui ne veut pas dire qu'ils n'ont pas besoin de protection. Leur statut est en déclin, tout comme la totalité des espèces de requins. (...) Il est donc urgent de protéger efficacement ces espèces vitales à l'écosystème marin", estime Sea Shepherd.

L'association souligne que "l'océan est d'abord et avant tout un milieu naturel et sauvage, il est accessoirement le terrain de jeu des surfeurs et non l'inverse". "Patrick Florès et les surfeurs qui le suivent dans son hystérie ne sont pour leur part rien d'autre que des consommateurs de vagues, obsédés par la seule performance, mus par leur seul plaisir immédiat, égoïste et irresponsable. Pourtant, les surfeurs devraient être les ambassadeurs des océans et de la vie marine et leurs plus fervents défenseurs. Apparemment, c'est loin d'être une évidence pour certains d'entre eux", regrette Sea Shepherd.

Christophe Mattei, représentant des Frères de la côte, lui non plus ne comprend pas l'appel de Patrick Florès. "Patrick et moi, ça fait longtemps qu'on n'est pas d'accord sur le sujet", confie-t-il. "Plutôt que d'éliminer les requins, il faut s'intéresser aux causes qui les amènent dans nos eaux", explique-t-il. "Si on lance une chasse aux requins, on va en attraper quelques-uns. Quand on jugera en avoir pêché un nombre suffisant, on aura une impression de sécurité pendant un certain temps...jusqu'à ce qu'une nouvelle attaque survienne, parce que la cause de leur présence n'aura pas été réglée", souligne-t-il.

Pour Christophe Mattei, "la chasse aux requins n'est qu'une solution factice, voire dangereuse". "On devrait s'intéresser aux vrais problèmes, aux rejets des stations d'épuration par exemple. On devrait aussi s'atteler à nettoyer les ports", propose-t-il. "On va droit dans le mur avec la pêche aux requins, et après, les surfeurs n'ont plus aucune crédibilité auprès des pouvoirs publics", regrette-t-il.

Samia Omarjee pour
   

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