[PHOTOS-VIDÉOS] 120 sites visés sur la commune :

Caméras nomades à Saint-Leu, la chasse aux pollueurs est ouverte


Publié / Actualisé
La ville de Saint-Leu s'est équipée récemment de six caméras nomades, installées dans des endroits stratégiques, pour chasser les auteurs de dépôts sauvages. La première caméra a été posée cette semaine dans les hauts pour tenter de prendre les makot en flagrant délit. Un travail de fourmi alors que 120 sites récurrents ont été recensés sur la commune. Reportage. (Photos rb/www.ipreunion.com)
La ville de Saint-Leu s'est équipée récemment de six caméras nomades, installées dans des endroits stratégiques, pour chasser les auteurs de dépôts sauvages. La première caméra a été posée cette semaine dans les hauts pour tenter de prendre les makot en flagrant délit. Un travail de fourmi alors que 120 sites récurrents ont été recensés sur la commune. Reportage. (Photos rb/www.ipreunion.com)

"Vous voyez on a de tout, des ordures ménagères, des carcasses de véhicules, de la ferraille…". Sur le chemin Quatre-sous dans les hauteurs de Saint-Leu, bien connu des amateurs de rallye, le gardien brigadier de la police municipale, Marie-Emilie Girardeau, se désole face aux déchets massés sous ses yeux.

A travers le masque Covid-19, l’odeur reste quasi irrespirable dès que le vent se lève et les moustiques, attirés par les ordures, sont innombrables. Dans le tombant du chemin, les déchets sont multiples et se chevauchent de virage en virage. On peut même distinguer quelques carcasses d’animaux en état de putréfaction au milieu des sacs poubelles.

"C’est un chemin qui est retiré, les gens sont quasiment certains de ne pas se faire attraper" regrette Marie-Emilie Girardeau. Le site a également la réputation d’être difficilement inaccessible pour les nettoyeurs, le tombant nécessitant la mobilisation de cordistes.

C’est le prochain site à recevoir une caméra nomade. Celle-ci, discrète et de couleur kaki pour se fondre dans le paysage, va être installée en hauteur, dans les arbres, à l’abri des regards.

Lire aussi - Saint-Leu : des caméras nomades pour identifier les pollueurs

Les auteurs de dépôts sauvages sont prévenus : des panneaux sont installés autour des lieux concernés pour leur indiquer qu'ils sont filmés. De quoi dissuader tout dépôt d'ordures, espère la police.

- De la sensibilisation à la verbalisation -

Pour la ville de Saint-Leu, il était essentiel de s’attaquer directement au problème des dépôts sauvages. "J’ai voulu passer à la vitesse supérieure, et verbaliser. C’est une minorité qui jette mais une majorité qui paye" regrette le maire de la commune, Bruno Domen.

Alors que 120 sites récurrents de dépôts sauvages sont répertoriés sur le territoire saint-leusien, ce sont environ 20 caméras qui devraient être installées à terme, annonce le maire. Celles-ci sont bien nomades, et sont déplacées régulièrement. Ensuite les images sont exploitées et transmises via un rapport d’infractions à l’officier de la police judiciaire, pour enquête.

Si le pollueur est pris en flagrant délit à pied, il risque une contravention de 135 euros. Si les ordures sont jetées à même la voiture, il s’agit cette fois d’un délit et l’amende est beaucoup plus sévère, elle peut aller jusqu’à 1.500 euros.

"Malgré la sensibilisation et l’action du TCO, nous voyons encore beaucoup trop de dépôts sauvages", notamment dans un contexte de reprise de la dengue, remarque Bruno Domen. Sa ville est la première à activer ce dispositif, d’autres pourraient suivre comme La Possession.

- Opération embellissement -

Sur le chemin littoral par exemple, qui permet de se promener en surplombant les falaises à la sortie de la ville, plusieurs carcasses de voitures trônent sur le bitume, totalement désossées. Un triste spectacle dans un cadre naturel qui mérite pourtant d’être valorisé. "Nous avions déjà procédé à un enlèvement de déchets et des VHU (véhicules hors d’usage, ndlr) en décembre dernier… deux mois plus tard on a à nouveau plusieurs carcasses de voitures et des ordures jetés ici" se désole Jean-Noël Ellayah. Le site pourrait lui aussi accueillir une caméra prochainement.

Quand les sites sont nettoyés, la ville encourage les associations à réhabiliter le lieu pour l’embellir via notamment des plantations. Les ordures ont fait place aux fleurs, et pour être certains que les makot ne reviendront pas sur ce lien, une caméra nomade – la première à être posée – a été installée cette semaine sur cette zone.

L’association ADH (association pour le développement des hauts) s’est occupée d’embellir l’espace. "L’objectif c’est de faire ça sur tous les sites. En les réhabilitant, en plantant, on réduit aussi les emplacements de dépôts sauvages" indique le chef de la police municipale de Saint-Leu, Jean-Noël Ellayah.

mm/www.ipreunion.com / [email protected]

   

4 Commentaire(s)

Patoy, Posté
Très bonne initiative mais il faudrait mettre des sentinelles de la nature en plus des caméras. Les gros cochons trouveront d'autres lieux à polluer. Je me demande bien comment ils vivent chez eux !
Tipneu , depuis son mobile, Posté
Excellente initiative
Romuald, Posté
Au lieu de communiquer aux pollueurs les lieux où ils ont installé leurs caméras de surveillance, ils feraient mieux de nous dire combien de ces individus ont été, grâce à ce dispositif, pris sur le fait et à combien ils ont été verbalisés !
(Bonjour. Comme indiqué dans l'article la première caméra a été posée cette semaine il est donc bien trop tôt pour faire un bilan des personnes verbalisées grâce à ce dispositif. Cordialement - WEBMASTER)
Jaco, Posté
Bravo........