Audit sur le fonctionnement de la régie de l'eau :

Sébastien Guyon : "l'avenir de La Créole n'est en aucun cas menacé"


Publié / Actualisé
Depuis ce lundi 30 août 2021, la régie communautaire d'eau "La Créole" est dans la tourmente. En effet, un rapport d'audit du TCO a pointé du doigts plusieurs dysfonctionnements au sein de l'établissement public, en matière notamment de masse salariale, d'investissements, ou encore la forte augmentation des impayés, de l'ordre de 19 millions d'euros actuellement. Premières conséquences de cet audit, le directeur Patrick Pellegrini a été mis à pied et est sous le coup d'une procédure de licenciement. Les salariés ont quant à eux repris leur grève, inquiets du climat au sein de la régie, et surtout de son avenir. La délégation syndicale a accepté une nouvelle rencontre ce samedi 4 septembre. Sébastien Guyon, élu de la majorité à Saint-Paul et président de la Créole, a tenu à répondre en assurant que " l'avenir de la régie n'est en aucun cas menacé ". Entretien. (Photo rb/www.ipreunion.com)
Depuis ce lundi 30 août 2021, la régie communautaire d'eau "La Créole" est dans la tourmente. En effet, un rapport d'audit du TCO a pointé du doigts plusieurs dysfonctionnements au sein de l'établissement public, en matière notamment de masse salariale, d'investissements, ou encore la forte augmentation des impayés, de l'ordre de 19 millions d'euros actuellement. Premières conséquences de cet audit, le directeur Patrick Pellegrini a été mis à pied et est sous le coup d'une procédure de licenciement. Les salariés ont quant à eux repris leur grève, inquiets du climat au sein de la régie, et surtout de son avenir. La délégation syndicale a accepté une nouvelle rencontre ce samedi 4 septembre. Sébastien Guyon, élu de la majorité à Saint-Paul et président de la Créole, a tenu à répondre en assurant que " l'avenir de la régie n'est en aucun cas menacé ". Entretien. (Photo rb/www.ipreunion.com)

Pourquoi cet audit a-t-il été commandé ?

Une nouvelle majorité est installée à la tête du TCO, gestionnaire de la régie, depuis près d’un an. Elle a souhaité en tout premier lieu faire un état des lieux de la situation au sein de la Créole, connaître les éventuels dysfonctionnements et la situation financière afin d’identifier les points d’amélioration. C’est cette démarche tout à fait légitime et naturelle qui a amené l’intercommunalité à commander cet audit.

Que retenez-vous de cet audit ?

Ce que je retiens, c’est que la situation n’est pas catastrophique. Mais elle n’est pas parfaite. Plusieurs points été soulignés au sein de cet audit, notamment des investissements en berne qui ne permettent pas de répondre à la nécessité d’un réseau efficient. Il y aussi la question des impayés qui continuent d’augmenter. C’est un problème qui a toujours existé et pour lequel nous voulons trouver une solution durable. Il est également question de l’absence d’un contrat annuel d’objectifs et de moyen entre la régie et l’intercommunalité. C’est un outil nécessaire pour améliorer le service public d’eau et notamment pallier à la chute des rendements. L’audit montre surtout que le cap choisi par le capitaine (le directeur de la régie Patrick Pellegrini - NDLR) était à l’origine de tous ces dysfonctionnements.

D’où la procédure votée par les élus du TCO visant à sa mise à pied avant l’ouverture d’une procédure de licenciement ?

Je voudrais d’abord souligner qu’il ne s’agit en aucun cas d’une chasse aux sorcières comme on peut l’entendre ci et là. Il faut savoir que la Créole étant une régie communautaire, le TCO est souverain en matière de choix directeur, et donc il aurait pu le faire dès le changement de majorité. Ce qui n’a pas été le cas. C’est l’audit qui met en lumière les dysfonctionnements qui sont imputables au directeur dans le cadre de la mise en œuvre opérationnelle. Il y a aussi d’autres manquements qui seront évoqués dans le cadre de la procédure disciplinaire en cours. Elle sera menée dans le strict respect des dispositions légales. Le directeur aura à cet effet l’occasion de s’expliquer et de défendre ses droits.

A la lumière de ce que révèle l’audit, notamment les 19 millions d’euros d’impayés, est-ce que la Créole pourra-t-elle surmonter ces difficultés ?

Je voudrais être très clair sur ce point. L’avenir de la Créole n’est en aucun cas menacé. Comme dans toutes entreprises, il y a des impayés mais ils ne sont pas de nature à mettre en péril la régie. Des procédures sont mises en place pour assurer l’accompagnement et le recouvrement par le comptable public. Concernant les autres points de l’audit, nous allons nous atteler à apporter les améliorations nécessaires, en travaillant étroitement avec le TCO, le Conseil d’administration de la Créole, la représentation du personnel ainsi que la nouvelle direction de la régie dont la nomination interviendra une fois la procédure actuelle terminée.

Les salariés de la Créole ont relancé leur grève, arrêtée en juillet dernier, cette semaine. Un préavis a d’ores et déjà été déposé pour la semaine prochaine. Quel est le climat aujourd’hui au sein de la Créole ? Des licenciements sont-ils à craindre ?

Il y a un mal être dans cette régie mais cela remonte déjà à quelques temps. L’inspection du travail mène une enquête en raison des risques psycho sociaux. Ce que je tiens à dire, c’est qu’aucun plan de licenciement n’est prévu suite à cet audit, si ce n’est la procédure actuelle (la procédure de licenciement du directeur - NDLR). La régie compte des salariés compétents et dévoués. Ce n’est pas leur travail qui est remis en cause mais les décisions stratégiques qui ont été prises. Aujourd’hui, je veux lancer un appel à la raison. Nous devons tous être à la hauteur des enjeux, celui de proposer un service public constant et de qualité à nos usagers. Des perturbations ont été enregistrés suite au mouvement de grève de cette semaine. Il serait inconcevable, durant ce week-end, que des perturbations sur les réseaux persistent. C’est la raison pour laquelle j’invite la représentation du personnel à une réunion le plus tôt possible en leur apportant deux réponses fortes. D’une part, l’existence de la régie de la Créole n’est pas menacée. Et les dispositifs évoqués dans l’audit (astreinte, heures supplémentaires, remisage…) ne seront pas remis en cause. Nous mettrons en place des procédures pour que ces dispositifs fonctionnent plus efficacement. Cela sera fait en collaboration étroite avec les instances représentatives du personnel. Il faut désormais que le travail reprenne.

Cette situation aura-t-elle des répercussions sur les usagers, notamment sur le prix de l’eau ?

Les seules répercussions actuelles sont les perturbations consécutives à la grève du personnel. Quant au prix de l’eau, il n’augmentera pas. Le Conseil d’administration s’était déjà opposé à une hausse des tarifs en fin d’année 2020. C’était une proposition du directeur. Nous estimons que le prix payé par les usagers est suffisant. Je me considère comme l’héritier politique de ceux qui ont bâti cette régie. Nous mettrons tout en œuvre afin de poursuivre notre travail en assurant un service public efficace et efficient pour la population, à un prix juste.

www.ipreunion.com / [email protected]

   

2 Commentaire(s)

Stean, Posté
Curieux, devons nous comprendre que le DG a pu prendre des décisions " stratégiques " sans l'aval de son président et du conseil d'administration' Dans les grandes entreprises il y a expert comptable, commissaire aux comptes, conseil d'administration, assemblée générale, expertises du CSE, et j'en passe'Trop facile de mettre tout sur le dos d'un seul homme 'et franchement on sait très que les enjeux sont ailleurs'
Noel, Posté
Le montant des taxes, 135 %, est conséquent : eau 35 ' taxes 47 '. Si les investissements ne sont pas faits, faut-il rendre l'argent ' Enfin quand on pratique la facturation "intermédiaire" sous évaluée durants des années en ne relevant pas les compteurs (absent : mon oeil !), forcément que des gens n'arrivent pas à payer quand La créole fini par facturer la consommation réelle. Ils se retournent vers le CCAS, ou l'élu de quartier'