Manifestation du 1er mai à Saint-Denis :

La rue montre sa force


Publié / Actualisé
Pour la troisième fois en 15 jours des milliers de personnes, 7 000 selon les renseignements généraux, 20 000 selon les syndicats, sont descendues dans la rue ce jeudi 1er mai 2003 à Saint-Denis pour protester contre les projets de réformes de gouvernement sur les retraites et la décentralisation. C'est la première fois qu'un défilé du 1er mai rassemble autant de manifestants à La Réunion
Pour la troisième fois en 15 jours des milliers de personnes, 7 000 selon les renseignements généraux, 20 000 selon les syndicats, sont descendues dans la rue ce jeudi 1er mai 2003 à Saint-Denis pour protester contre les projets de réformes de gouvernement sur les retraites et la décentralisation. C'est la première fois qu'un défilé du 1er mai rassemble autant de manifestants à La Réunion
Si les 15 et 23 avril derniers, les syndicats de la fonction publique, principalement ceux de l'Éducation nationale, ont occupé le devant de la scène, ce jeudi 1er mai ce sont les syndicats du secteur privé, notamment la CGTR, qui ont fait une démonstration de force. Une mobilisation qui pulvérise un nouveau record en termes d'affluence. En effet, si le score de la manifestation du 15 avril à Saint-Denis (20 000 personnes) et de Saint-Pierre le 23 avril (25 000 personnes) n'ont pas été atteints, jamais un 1er mai n'avait rassemblé autant de monde.

"Une éclosion sociale prometteuse"

Si les manifestants sont descendus dans la rue à l'appel de l'intersyndicale CGTR, FO, FSU, UIR-CFDT et UNSA, il est clair que les syndicats du secteur privé, à commencer par la CGTR ont mobilisé en masse. À noter aussi la présence de FO qui n'avait plus participé à de manifestation unitaire depuis plus de 20 ans. "La situation sociale est tellement grave, qu'elle exige la mobilisation de masse" notait Éric Marguerite, secrétaire confédéral de ce syndicat. "Les gens en ont assez de ne pas être écouté. Ils se rendent compte que ce gouvernement veut casser le social, alors ils se font entendre" notait Yvan Hoarau, secrétaire général de la CGTR (confédération général des travailleurs réunionnais). " Il y a quelque chose de profond qui est en train de s'exprimer. Nous assistons à une éclosion sociale féconde et prometteuse pour l'avenir" commentait pour sa part Raymond Mollard, secrétaire général du SNES (syndicat d'enseignants).

"Raffarin t'es foutu"

Aux cris de "Raffarin t'es foutu le peuple est dans la rue", de "Raffarin démission" ou encore de "Raffarin rouv la port, les travayèr rantré" ("Raffarin ouvre la porte, laisse les travailleurs entrer" - en créole réunionnais) les manifestants ont défilé dans la rue de Paris. Les premiers sont arrivés au Barachois vers 11 heures 30. Les derniers les ont rejoints une heure plus tard.
Les dirigeants syndicats ont appelé à de nouvelles manifestations pour le mardi 6 mai à Saint-André (la ville du sénateur-maire UDF Jean-Paul Virapoullé qui soutient fermement les projets du gouvernement) et le mardi 13 mai où un mot d'ordre de grève général a été lancé par les syndicats au niveau national.
La manifestation s'est ensuite dispersée dans le calme. Aucune motion n'a été déposée en préfecture.
   

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