Grève dans le Bâtiment :

Le blocage


Publié / Actualisé
La situation est toujours bloquée dans le conflit qui oppose depuis 9 jours les syndicats aux patrons du BTP (Bâtiment et travaux publics). La réunion de concertation de ce lundi 10 mai 2004 a tourné court. S'estimant lésés par le mouvement revendicatif, les transporteurs ont décidé de se mettre en grève dès mardi matin
La situation est toujours bloquée dans le conflit qui oppose depuis 9 jours les syndicats aux patrons du BTP (Bâtiment et travaux publics). La réunion de concertation de ce lundi 10 mai 2004 a tourné court. S'estimant lésés par le mouvement revendicatif, les transporteurs ont décidé de se mettre en grève dès mardi matin
"Les patrons ne veulent rien entendre, il n'est pas possible de discuter dans ces conditions". Pierre Savigny, de la CFDT Bâtiment est mécontent et ne cherche pas à le cacher. "Le patronat reste sur ses positions, il refuse toujours le versement immédiat des primes de panier et de transport aux salariés en contrat de chantier. Il nous pousse à durcir notre mouvement" ajoute sur le même ton Alain Naillet, de la CGTR Bâtiment. En début d'après-midi ce lundi, les deux hommes et leurs collègues de l'intersyndicale CGTR, CFDT, FO, CFTC viennent de sortir de la préfecture où ils ont rencontré un peu plus de deux heures les représentants de la FRBTP et de la CAPEB les deux organisations patronales du BTP.
En fait, les syndicalistes ont une nouvelle fois quitté la table des négociations après avoir constaté "l'intransigeance" de leurs interlocuteurs. "Nous n'avons pas l'intention de bloquer les routes, nous n'en avons pas besoin. La mobilisation se fera dans les entreprises et sur les chantiers" répond Alain Naillet lorsqu'on lui demande comment se concrétisera le durcissement de la grève.

"Nous allons tout bloquer"

Le ton est différent chez les transporteurs qui ont manifesté lundi à l'appel de l'union nationale des organisations syndicales des transporteurs routiers automobiles (UNOSTRA) et la Fédération nationale des transports routiers (FNTR). Klaxons bloqués, une soixantaine de camions et de poids lourds venant de l'Est et de l'Ouest sont arrivés devant la préfecture en milieu de matinée. "Nous n'avons rien contre les grévistes du Bâtiment. Mais cette grève nous pénalise. On nous empêche de travailler depuis 5 jours nous ne pouvons pas être les dindons de la farce" lance Joël Mongin, dirigeant de la FNTR. "Le conflit est interne au BTP, nous n'allons pas nous en mêler, mais nous avons des obligations. Nous avons des traites et des prêts bancaires à honorer. Nous devons travailler. Si nous ne pouvons pas le faire et bien plus personne ne travaillera. Nous allons bloquer l'économie" renchérit très explicite M. Marianne, dirigeant de l'UNOSTRA.

Gasoil détaxé

"Nous profitons de l'occasion pour poser à nouveau le problème du gasoil détaxé. Les agriculteurs y ont droit, les pêcheurs également, mais pas nous. Nous allons demander des explications au conseil régional" annonçait Joël Mongin.
Leur entrevue avec le représentant de l'État a duré moins d'une heure. Les camionneurs ont dit leur volonté de voir le conflit du BTP se terminer rapidement. L'intersyndicale du Bâtiment a quitté la table des négociations en début d'après-midi. "Nous sommes prêts à une nouvelle rencontre avec le patronat au moment qui leur conviendra, mais nous viendrons uniquement pour signer la convention dans ses termes initiaux" notait Pierre Savigny.
Pour leur part, les camionneurs ont obtenu gain de cause au conseil régional où ils ont été reçus en milieu de journée. La collectivité s'est en effet engagée à mettre en place une subvention de 51 centimes par litre de gasoil utilisé par les camionneurs.
   

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