Grève du Bâtiment et des routiers :

Paralysie


Publié / Actualisé
L'économie de La Réunion a été sérieusement perturbée ce mardi 11 mai 2004. Les camionneurs ont dressé des barrages filtrants aux entrées du Port (Ouest) et de Saint-Pierre (Sud) empêchant la circulation des camions et des poids lourds. Ils réclament la fin du conflit dans le BTP (bâtiment et travaux publics) où les négociations entre patronat et syndicats sont au point mort
L'économie de La Réunion a été sérieusement perturbée ce mardi 11 mai 2004. Les camionneurs ont dressé des barrages filtrants aux entrées du Port (Ouest) et de Saint-Pierre (Sud) empêchant la circulation des camions et des poids lourds. Ils réclament la fin du conflit dans le BTP (bâtiment et travaux publics) où les négociations entre patronat et syndicats sont au point mort
Les routiers sont passés à l'action très tôt ce mardi matin. Vers 6 heures des camionneurs commençaient à installer des barrages sur le pont de la rivière Saint-Étienne reliant Saint-Pierre à Saint-Louis (Sud) et autour des ronds-points d'accès au Port (Ouest). Les véhicules de secours, les voitures et les bus pouvaient circuler librement. Par contre les camions, camionnettes et autres engins de chantier étaient interdits de passage.
Le trafic routier était ralenti, mais le flux de voitures arrivait tant bien que mal à s'écouler.
"Sitôt que la grève sera terminée dans le BTP nous lèverons nos barrages. Sinon, ils resteront en place tant que les deux parties ne seront pas arrivées à un accord" commentait dans la matinée Jean-René Marianne dirigeant de l'UNOSTRA (union nationale des organisations syndicales des transporteurs routiers automobiles).

"Gravement pénalisés"

Les routiers estiment en effet que le conflit du Bâtiment les "pénalise gravement". Ils précisent qu'ils ne sont pas contre la grève, "mais nous sommes obligés de travailler si nous voulons honorer nos traites et nos prêts bancaires. Si nous ne pouvons pas travailler, il n'y a aucune raison pour que les autres le puissent" font-ils remarquer.
N'ayant pu être alimentées en carburants par les camions citernes de la SRPP (société réunionnais des produits pétroliers - basée au Port), certaines stations de l'île ont du baisser leurs rideaux dans journée. Dans la soirée de longues files d'automobilistes inquiets s'allongeaient devant les pompes encore en fonction. À noter qu'à la demande de la préfecture, les routiers ont accepté de lever leurs barrages de 20 heures à 0 heure. Les camions transportant de la nourriture pour bétail et les citernes de kérosène alimentant les avions de l'aéroport Roland Garros ont ainsi pu circuler. Les barrages filtrants ont été réinstallés après 0 heure.

Rencontre

Refusant toute polémique avec les transporteurs, les syndicats de salariés du Bâtiment préfèrent positive. "Il faut que les camionneurs fassent pression sur le patronat afin de faire accélérer la fin de la grève. Ils n'ont aucune raison de faire pression sur nous puisque nous ne demandons qu'à signer la convention collective" faisait remarquer Pierre Savigny de la CFDT Bâtiment. "Le blocage de la situation vient du patronat, les camionneurs ont raison de faire pression sur lui" ajoutait Alain Naillet de la CGTR Bâtiment. En milieu de journée des travailleurs en grève du BTP sont d'ailleurs venus à la rencontre des routiers sur le barrage du rond-point des Danseuses à l'entrée Sud du Port. Les deux groupes de grévistes se sont serrés la main et ont sereinement discuté de leurs revendications respectives.

Mouvement reconduit

Les camionneurs reconduiront leur mouvement ce mercredi "puisque aucune solution n'a été trouvée dans le BTP" notait Jean-René Marianne mardi en début de soirée.
Les négociations entre le patronat et les syndicats du Bâtiment n'ont en effet guère avancées dans la journée de mardi. La situation s'est même un peu plus tendue. À la demande du préfet, Alix Séry, directeur du travail et de l'emploi a reçu à l'inspection du travail les représentants de la FRBTP et de la CAPEB, les deux organisations patronales du BTP et peu plus tard les représentants des syndicats de salariés.

Réunion avec le préfet

Conformément à sa mission de médiateur, il a écouté chacune des deux parties afin de déterminer les points possibles de rapprochement entre patronat et salariés. Malgré cette mission de bons offices, la CAPEB a décidé de se retirer des négociations et de ne plus participer aux réunions de concertation.
Cette organisation patronale reviendra peut-être sur sa décision ce mercredi matin. Le préfet , revenu précipitamment de métropole, a en effet invité les deux parties à une réunion dans la matinée. Le préfet a également demandé aux routiers de lever leurs barrages.
Rappelons que le conflit porte sur l'attribution dès cette année des primes de panier et de transport aux personnels embauchés en contrat de chantier.
Les salariés du BTP sont en grève depuis le lundi 3 mai. 80% des chantiers de l'île sont paralysés.
   

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