Lundi de Pentecôte :

"Non au travail forcé"


Publié / Actualisé
Le gouvernement voulait que ce lundi 16 mai 2005 soit une journée de solidarité en faveur des personnes âgées, mais pour les syndicats ce lundi de Pentecôte s'est transformé en journée de revendication. Ils se sont réunis à Saint-Pierre et à Saint-Paul pour protester contre la suppression de ce jour férié
Le gouvernement voulait que ce lundi 16 mai 2005 soit une journée de solidarité en faveur des personnes âgées, mais pour les syndicats ce lundi de Pentecôte s'est transformé en journée de revendication. Ils se sont réunis à Saint-Pierre et à Saint-Paul pour protester contre la suppression de ce jour férié
"Oui à la solidarité, non au travail forcé". À l'exception du SNALC dans l'éducation nationale, tous les secteurs des syndicats publics et privés ont appelé à la grève pour ce premier lundi de Pentecôte non férié. À Saint-Pierre, 4 000 à 4 500 personnes selon les syndicats (2 500 selon la police) ont suivi le mot d'ordre de mobilisation lancé l'intersyndical et ont manifesté dans les rues saint-pierroise. Devant l'hôtel de ville, les manifestants ont rappelé leurs principales revendications : lutter contre la suppression du lundi de Pentecôte en tant que jour férié, faire amender la loi sur la retraite et défendre le service public.
Les syndicalistes ont demandé à renégocier la journée de solidarité. Armand Hoareau de l'UNSA estime "qu'il n'est pas normal que M. Raffarin ait laissé libre choix aux entreprises. Ce n'est pas possible que dans un pays, il y ait la moitié qui travaille, et l'autre moitié pas. Ce n'est pas sérieux". Cette solidarité doit selon lui être assurée par la sécurité sociale, de manière à ce que les revenus de l'ensemble des citoyens soit touchés. Le syndicaliste ajoute que la forte présence des employés du secteur privé à cette manifestation traduit la volonté des salariés "de contrer la décision de Jean-Pierre Raffarin".

La CFDT fait cavalier seul

La CFDT, qui ne fait pas partie de l'intersyndicale, s'est réunie sur les berges de l'Étang Saint-Paul pour un pique-nique. Environ 500 personnes y ont participé. Selon Axel Zettor, la CFDT a préféré faire cavalier seul "parce nous voulions nous concentrer sur une seule revendication: le refus de la remise en cause des 35 heures. Nous ne voulions pas que ce message soit brouillé par d'autres messages". Il est à noter que l'intersyndicale avait placé la question de la retraite parmi ses revendications. Or, la CFDT avait soutenu le gouvernement au moment de la réforme de ce ssytme. Par ailleurs, la CFDT souhaite l'ouverture des négociations pour débattre du financement de la protection sociale des citoyens.

Plus d'enseignants que d'élèves

Majoritairement, les écoles sont restées ouvertes. Une gestion compliquée pour les établissements ayant ouvert leurs portes notamment pour assurer la surveillance des élèves. Le rectorat a enregistré 19,6% d'enseignants grévistes dans le premier degré et 35% dans le second degré. Dans l'ensemble des établissements scolaires, le rectorat a noté plus d'élèves absents (46% en moyenne) que de professeurs. Par précaution, de nombreux parents ont en effet choisi de ne pas envoyer leurs enfants à l'école.
De grosses perturbations ont été notées concernant les lignes desservies par le réseau de bus Citalis. 2/3 du personnel ont choisi de faire grève. Sur 47 bus, seuls 13 fonctionnaient. À La Poste, on enregistrait 30% de grévistes. Au CHD de Bellepierre, 35% du personnel était en grève. Un mouvement toutefois sans conséquence sur le fonctionnement des services hospitaliers.
Au niveau des chambres consulaires, elles ont toutes été fermées. La chambre d'agriculture entend prélever un jour de RTT à ses salariés. Portes fermées également à la Chambre de commerce et d'industrie de La Réunion.
   

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