Social - Mobilisation de l'Arast :

Grosse colère


Publié / Actualisé
La réunion qui s'est tenue entre, notamment, le Département, l'AGS (association pour la gestion du régime d'assurance des créances des salariés) le Pôle emploi et une représentante des ex-salariés de l'Arast (association régionale d'accompagnement social territorialisé) à la préfecture ce vendredi 22 janvier 2010 n'a pas abouti au déblocage tant espéré. De nouvelles aides ont été proposées et doivent être actées avant lundi 25 janvier à midi, à la suite d'un ultimatum posé par le préfet. Mais en dehors de cette réponse d'urgence sociale, le fond de l'affaire demeure entier. L'AGS refuse de payer les indemnités face à un conseil général qui rejette toute responsabilité. Un cortège d'anciens de l'Arast très en colère s'est présenté à la Villa du Département du côté de la rue sainte Anne, où se tenait une conférence de presse faisant suite à la réunion de médiation. Bilan : deux femmes ont été victimes de malaises à la préfecture et une autre a été blessée aux cervicales devant les grilles lorsque les forces de l'ordre sont intervenues pour dégager le sit-in que les travailleurs sociaux avaient organisé pour empêcher toute sortie de véhicules.
La réunion qui s'est tenue entre, notamment, le Département, l'AGS (association pour la gestion du régime d'assurance des créances des salariés) le Pôle emploi et une représentante des ex-salariés de l'Arast (association régionale d'accompagnement social territorialisé) à la préfecture ce vendredi 22 janvier 2010 n'a pas abouti au déblocage tant espéré. De nouvelles aides ont été proposées et doivent être actées avant lundi 25 janvier à midi, à la suite d'un ultimatum posé par le préfet. Mais en dehors de cette réponse d'urgence sociale, le fond de l'affaire demeure entier. L'AGS refuse de payer les indemnités face à un conseil général qui rejette toute responsabilité. Un cortège d'anciens de l'Arast très en colère s'est présenté à la Villa du Département du côté de la rue sainte Anne, où se tenait une conférence de presse faisant suite à la réunion de médiation. Bilan : deux femmes ont été victimes de malaises à la préfecture et une autre a été blessée aux cervicales devant les grilles lorsque les forces de l'ordre sont intervenues pour dégager le sit-in que les travailleurs sociaux avaient organisé pour empêcher toute sortie de véhicules.
La réunion a duré un peu moins de deux heures. Diverses mesures ont été prises en fonction des travailleurs sociaux qui ont signé, ou non, la convention de reclassement personnalisé (CRP). Valérie Bénard, la seule représentante des anciens de l'Arast à avoir été invitée à la table ronde, leur a fait un état des lieux à sa sortie, sans grande conviction.

Pour les 672 signataires de la CRP (convention de reclassement personnalisé), une seconde aide d'urgence de 1 000 euros a été proposée par le Préfet, qui a invité le conseil général et l'AGS à prendre chacun 306 travailleurs sociaux en charge. Ces derniers n'ont pas été payés du 5 au 25 décembre 2009, un trou - estimé à 800 000 euros -, "injuste qu'il faut combler" selon Ibrahim Dindar, vice-président du conseil général. Mais ce trou ne sera comblé que si "l'AGS s'engage à jouer le jeu et si les manifestants cessent leur occupation du siège du conseil général" déclare l'élu. L'AGS s'est engagée à faire remonter la proposition à sa direction nationale "faute d'avoir été mandatée pour une telle aide". La réponse est attendue par le Préfet lundi 25 janvier, à midi au plus tard.

Pour les 425 ex-salariés non-signataires de la CRP, le Pôle emploi a accepté de ne pas appliquer la carence relative aux congés payés, sous réserve de la signature d'un engagement de remboursement de ceux-ci, lorsque l'indemnité de congés payés leur sera versée. L'AGS s'est pour sa part engagée à faire un second "geste social envers ces mêmes travailleurs sociaux. Elle leur payera à nouveau l'équivalent d'un mois de préavis le 11 février prochain.

"Et sur le problème des indemnités ?" interroge la foule pendue aux lèvres de Valérie Bénard. "Aucun accord. Chacun campe sur ses positions" répond la porte-parole. La colère monte parmi les manifestants. Les cris fusent tandis que Valérie Bénard tente de continuer son explication. Une aide à domicile, Mimose, fait un malaise, suivie quelques minutes plus tard par Huguette. Tout le monde est fatigué et tendu, la décision de remonter la rue de Paris pour manifester devant la Villa du département ne tarde pas à être prise.

Arrivés à l'annexe du conseil général par la rue sainte Anne, les manifestants, environ cinquante, font comme à chaque fois qu'ils se retrouvent face à des grilles fermées : ils les secouent de toutes leurs forces. Et cette fois le cadenas lâche. Les vigiles empêchent les ex-salarieées d'entrer en repoussant le portail. Personne n'arrive à entrer dans la cour de la Villa. Il faudra attendre 10-15 minutes pour que des renforts policiers arrivent sur place. Encore quelques minutes pour qu'ils interviennent. Et en quelques secondes ils forment un cordon de sécurité entre les manifestants et les grilles. Le portail est rapidement refermé, à nouveau cadenassé et les vigiles ajoutent une chaîne en renfort. Ce problème est réglé.

Mais il est 18h passé, la présidente du Département Nassimah Dindar (présente à la conférence de presse), son vice-président ainsi que ses conseillers ne peuvent pas sortir. Et les manifestants ne se montrent pas prêts à quitter la rue. Ils décident d'ailleurs de faire un sit-in devant le portail. Vers 19h, les policiers interviennent pour faire dégager la sortie. Les policiers parviennent ainsi à faire sortir les voitures des élus et de leurs employés. Mais une femme, Bettina, a reçu un choc au cou pendant l'opération. Elle est emmenée par les pompiers quelques minutes plus tard. Son état n'est pas grave, elle devrait sortir de l'hôpital dès demain, samedi, après une nuit d'observation.

Une autre femme s'est légèrement blessée au doigt lorsqu'elle secouait les grilles de la Villa du département. Rien de grave selon les pompiers.

Quant aux décideurs, le jeu de ping-pong continue. Le Département accuse l'AGS de "mentir". "C'est un marché de dupe. L'AGS prétendent ne pas avoir à payer les indemnités pour des questions de gestion de trésorerie", affirme Ibrahim Dindar. "La période étant ce qu'elle est, il y a de la manipulation et de la récupération politique", déclare Nassimah Dindar en faisant allusion aux élections régionales de mars. "Nous avons demandé au Préfet de présenter une "sur garantie" de paiement auprès de l'AGS en leur rappelant son droit de déclencher un mandatement d'office si nous refusions de rembourser les indemnités en dépit d'une décision de justice" dit-elle.

Un argument qui n'a aucune valeur aux yeux de Maître Rabenantoandro, l'avocat de l'AGS. " Le Département refuse de faire face à ses responsabilités. Le mandatement d'office n'a pas sa place dans le débat. Nous savons que le Préfet détient ce pouvoir légal. Mais aucun tribunal ne pourra clairement condamner le Département à nous rembourser les indemnités versées aux travailleurs sociaux. La seule procédure que nous pourrions engager serait contre les bénéficiaires. Et c'est inenvisageable pour nous ".

Pour rappel, dans un communiqué publié à l'issue de la table ronde qui s'était tenue le 8 janvier 2010, la préfecture notait que le Département proposait à l'AGS de payer " les indemnités dues aux ex-salariés, le conseil général s'engageant à rembourser l'AGS si une décision judiciaire ultérieure venait à reconnaître la responsabilité du Département ". Disant attendre un engagement écrit du conseil général, Éric Marimoutou, directeur de l'AGS, n'avait pas fait de commentaire sur cette proposition.

Les ex-salariés de l'Arast en sont à leur 18e jour d'occupation du conseil général. Ils se sont repliés au Palais de la Source vers 19h30, où ils camperont encore ce vendredi soir.

   

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