Social :

Les anciens de l'ARAST vont déménager


Publié / Actualisé
Ce mercredi 27 janvier 2010, les anciens salariés de l'Arast (association régionale d'accompagnement social territorialisé) ont obtenu de la mairie de Saint-Denis un local rue Jules Auber à Saint-Denis. Ils pourront ainsi continuer le travail d'aide d'urgence pour lequel ils utilisaient l'hémicycle du conseil général. En contrepartie, les travailleurs sociaux se sont engagés à libérer cet hémicycle et le nettoient actuellement. Mais libérer ce lieu de réunion des élus ne signifie pas cesser leur présence au Palais de la Source. La dizaine d'anciens de l'Arast enfermée à l'intérieur du conseil général n'a pas l'intention de quitter le hall avant d'avoir l'assurance d'un déblocage de la situation. Ils seront 13 à y dormir pour la 23e nuit consécutive ce soir.
Ce mercredi 27 janvier 2010, les anciens salariés de l'Arast (association régionale d'accompagnement social territorialisé) ont obtenu de la mairie de Saint-Denis un local rue Jules Auber à Saint-Denis. Ils pourront ainsi continuer le travail d'aide d'urgence pour lequel ils utilisaient l'hémicycle du conseil général. En contrepartie, les travailleurs sociaux se sont engagés à libérer cet hémicycle et le nettoient actuellement. Mais libérer ce lieu de réunion des élus ne signifie pas cesser leur présence au Palais de la Source. La dizaine d'anciens de l'Arast enfermée à l'intérieur du conseil général n'a pas l'intention de quitter le hall avant d'avoir l'assurance d'un déblocage de la situation. Ils seront 13 à y dormir pour la 23e nuit consécutive ce soir.
La mairie de Saint-Denis a mis à disposition une grande maison en dur d'un étage qui était utilisée par l'ancienne association dionysienne d'éducation populaire (ADEP), liquidée il y a quelque temps. Située sur deux niveaux au 161 de la rue Jules Auber, cette maison possède au moins 5 bureaux et devrait être équipée en électricité, en connexion Internet et en eau. Une imprimante et un fax devraient également être mis à disposition. Inoccupés depuis longtemps, ces locaux ont été en partie nettoyés par le personnel de la mairie ce mercredi et devraient être entièrement propres pour vendredi midi.

Par ailleurs, le Département bloque les entrées du Palais de la Source pour la deuxième journée consécutive ce mercredi. Désormais, rien ni personne ne peut passer les portails, médicaments compris. Les chaises et bancs qu'utilisaient les anciens de l'Arast leur ont été retirés vers 9h45 ce mercredi matin et la dernière prise de courant qui permettait encore de cuisiner a été coupée. La pression pour étouffer le mouvement des ex-salariés de l'Arast enclenchée ce lundi 25 janvier au soir se durcit. Un huissier a également photographié les femmes qui dormaient dans l'hémicycle cette nuit de mardi à mercredi. Pour l'heure, une vingtaine de personnes, une majorité de femmes et deux hommes, résistent en dépit de la fatigue qui se lit sur leurs visages.

Vers 10h30, des anciens de l'Arast bloqués à l'extérieur du Palais de la Source ont tenté de faire passer des bonbonnes d'eau. Les vigiles, surpris, se sont interposés mais quelques bonbonnes ont néanmoins réussi à rentrer. Désormais, ces derniers forment un cordon entre les travailleurs sociaux et les grilles afin d'empêcher toute denrée : eau, nourriture ou encore médicaments de passer. Les ex-salariés de l'Arast n'ont "qu'à rentrer chez eux, ils seront soignés et traités comme il se doit", déclare Christian Leuck, directeur de la communication du Département qui s'est rendu sur place dans le courant de la matinée pour constater l'état de la situation. 


Un dialogue s'est engagé entre les manifestants et le représentant du conseil général. Selon ce dernier, "la raison (des travailleurs sociaux -NDLR) n'est plus d'actualité. On stigmatise le conseil général alors qu'il n'est pas le seul partenaire en cause." En conséquence, pour mettre un terme à la présence des ex-salariés de l'Arast au Palais de la Source, le conseil général n'exclut "évidemment pas le recours à la force." Autrement dit, "il vaut mieux que ces personnes s'en aillent d'elles-mêmes plutôt qu'elles soient bousculées par les forces de l'ordre", selon ce même directeur de la communication . 


En fin de matinée près de 90 sapeurs-pompiers en grève sont venus témoigner leur soutien aux travailleurs sociaux devant les grilles du Palais de la Source.



Vincent Defaud, à la tête d'Europe écologie et Jean-Huges Ratenon, président du mouvement pour l'accès aux droits fondamentaux, sont également venus en soutien. 



Pour rappel, le conseil général a assigné Paul Junot, secrétaire général de la CFTC, et "toutes les personnes de son fait" en référé ce mardi 26 janvier 2010. Le syndicaliste est convoqué à 9h30, ce jeudi 28 janvier, au tribunal de grande instance (TGI). Il sera jugé pour sa présence et celles de nombreux ex-salariés de l'Arast au Palais de la Source depuis le 5 janvier 2010. "Du fait de cette occupation sans droit ni titre, le déroulement normal de l'institution est gravement perturbé" peut-on lire dans la requête.

Les anciens de l'Arast ont rencontré leur avocat ce mercredi en début d'après-midi afin d'établir leur défense et tous ceux qui le pourront accompagneront Paul Junot au TGI ce jeudi. L'intersyndicale et plusieurs associations ont annoncé qu'elles viendraient elles aussi soutenir le syndicaliste.

Par ailleurs, ce mercredi en fin d'après-midi une délégation d'ex-salariés a été reçue, à sa demande, par Paul Vergès, président du conseil régional. Les travailleurs sociaux sont venus lui demander son soutien.

   

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