INSEE - Publication de "Économie de La Réunion" :

Les migrations changent la structure de l'île


Publié / Actualisé
Le magazine Economie de La Réunion de mai 2010 a été présenté par les services de l'Insee (Institut national de la statistique et des études économiques) ce mardi 4 mai 2010. Selon ce nouveau numéro, avec 43 000 personnes arrivées sur La Réunion en cinq ans, les migrations ne contribuent que "de façon marginale" à l'augmentation de la population réunionnaise, à hauteur de 5%. Mais elles modifient en profondeur sa structure démographique et interagissent avec l'activité économique.
Le magazine Economie de La Réunion de mai 2010 a été présenté par les services de l'Insee (Institut national de la statistique et des études économiques) ce mardi 4 mai 2010. Selon ce nouveau numéro, avec 43 000 personnes arrivées sur La Réunion en cinq ans, les migrations ne contribuent que "de façon marginale" à l'augmentation de la population réunionnaise, à hauteur de 5%. Mais elles modifient en profondeur sa structure démographique et interagissent avec l'activité économique.
L'arrivée de personnes non natives de La Réunion est un phénomène qui prend de l'ampleur. Ainsi, en 2006, 15,3% de la population résidente à La Réunion sont nés ailleurs contre 6,9% en 1989. Conséquence des migrations, la population réunionnaise se féminise et vieillit. Entre 1999 et 2006, la moyenne d'âge a augmenté de 2,1 ans dont un cinquième est dû à la migration.

Dans le détail, les personnes natives de métropole sont les plus nombreuses puisqu'elles représentent 10% de la population réunionnaise (79 000 personnes) et 60% des nouveaux arrivants (25 000 personnes). C'est souvent une population "très diplômée" et "bien intégrée sur le marché de l'emploi". Ainsi, 77% des femmes et 68% des hommes de 20 à 34 ans ont au moins le bac. Le taux d'emploi des hommes natifs de métropole (20 - 59 ans) s'élève à 76% et celui des femmes à 64% contre respectivement 59% et 43% pour l'ensemble de la population réunionnaise.

Concernant les natifs de Mayotte, l'Insee en recense 6 000 sur l'île, soit 0,8% de la population. Les chiffres restent stables depuis 1999, mais on assiste à un changement démographique important. En effet, l'étude montre que la migration a évolué selon les catégories d'âge. Alors qu'on enregistre une arrivée importante de mahorais âgés de moins de 20 ans, on constate paradoxalement beaucoup de départs de mahorais âgés de plus de 20. Le nouveau numéro d'Economie de La Réunion met aussi en exergue le fait que la population native de Mayotte est peu qualifiée et peu insérée sur le marché de l'emploi.

Enfin, les natifs des "îles voisines" (Madagascar, Maurice et Comores) constituent également une part importante de la population réunionnaise (23 000 personnes). L'Insee note que 90% des natifs de Madagascar et 80% des natifs de Maurice sont de nationalité française. Cette population est majoritairement féminine et est assez diplômée. Elle rencontre des difficultés d'insertion sur le marché de l'emploi.

Concernant les natifs de La Réunion, l'Insee constate qu'un nombre important de jeunes âgés entre 15 et 34 ans ont quitté leur île en 5 ans (11 650 personnes). Ce sont plutôt des hommes. Ils partent pour leurs études ou pour débuter leur vie professionnelle. Le phénomène s'est amplifié avec les politiques de mobilité mises en place ces dernières années. Dans le même temps, 10 000 natifs de La Réunion sont revenus habiter sur l'île. Ils sont en général beaucoup plus diplômés que l'ensemble des natifs de La Réunion et mieux intégrés sur le marché de l'emploi. Ainsi, 34% des Réunionnais de retour âgés de 25 à 39 ans ont un diplôme du supérieur contre 14% de l'ensemble des natifs du même âge.

   

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