Assemblée plénière du conseil général (actualisé à 15h30) :

Ralé-poussé entre les ex-Arast et les vigiles


Publié / Actualisé
Ambiance tendue ce vendredi matin 16 décembre 2011 au conseil général. Une vingtaine d'ex-salariés de l'Arast ont forcé le portail du palais de la source où les conseillers généraux se réunissent en assemblée plénière pour examiner le budget primitif de la collectivité. Un bref ralé-poussé a opposé les vigiles aux ex-Arast. Paul Junot, dirigeant de la CFTC a même été molesté. Sur intervention des conseillers généraux d'opposition, les manifestants ont été admis dans la cour du bâtiment. Les élus de l'opposition voulaient que le million et demi d'indemnités de licenciement dû aux anciens de l'Arast soit inscrit au budget primitif. "C'est déjà fait. Vous êtes conseiller général, lisez les documents qu'on vous a remis, vous verrez que cette somme a été budgétée", a lancé Nassimah Dindar, présidente du Département. Le débat a ensuite dégénéré. L'opposition et la majorité se sont rejetés la responsabilité de la faillite de l'Arast. Les élus UMP ont fini par quitter l'hémicycle, alors qu'une ex-Arast s'effondrait en larmes avec l'impression d'être "manipulée". En fin de matinée, le budget primitif a finalement été voté. Il s'élève à 1,454 milliard d'euros pour l'exercice 2012.
Ambiance tendue ce vendredi matin 16 décembre 2011 au conseil général. Une vingtaine d'ex-salariés de l'Arast ont forcé le portail du palais de la source où les conseillers généraux se réunissent en assemblée plénière pour examiner le budget primitif de la collectivité. Un bref ralé-poussé a opposé les vigiles aux ex-Arast. Paul Junot, dirigeant de la CFTC a même été molesté. Sur intervention des conseillers généraux d'opposition, les manifestants ont été admis dans la cour du bâtiment. Les élus de l'opposition voulaient que le million et demi d'indemnités de licenciement dû aux anciens de l'Arast soit inscrit au budget primitif. "C'est déjà fait. Vous êtes conseiller général, lisez les documents qu'on vous a remis, vous verrez que cette somme a été budgétée", a lancé Nassimah Dindar, présidente du Département. Le débat a ensuite dégénéré. L'opposition et la majorité se sont rejetés la responsabilité de la faillite de l'Arast. Les élus UMP ont fini par quitter l'hémicycle, alors qu'une ex-Arast s'effondrait en larmes avec l'impression d'être "manipulée". En fin de matinée, le budget primitif a finalement été voté. Il s'élève à 1,454 milliard d'euros pour l'exercice 2012.
Les conseillers généraux d'opposition s'étaient réunis dès 8h30 devant le portail du conseil général. Les anciens salariés de l'Arast campent devant cette entrée depuis une quinzaine de jours. Ils réclament toujours le versement de leurs indemnités de licenciement suite à la liquidation de l'association par le tribunal de commerce en décembre 2009.

"Nous sommes venus dire que le budget primitif proposé par la majorité est insincère", déclare Cyrille Melchior, conseiller général de Saint-Paul. L'élu note que son groupe ne votera pas le budget "si cette dépense n'est pas incluse". "Le tribunal des prud'hommes de Saint-Pierre a ordonné qu'un million et demi d'euros soit versé aux salariés au titre de leurs indemnités de licenciement", rappelle l'élu Saint-Paulois. Le conseil général a fait appel de cette décision. "En attendant, le département doit verser cette somme quitte à se faire rembourser par l'AGS pour le cas où cette caisse de garantie des salaires serait reconnue par la cour d'appel redevable de cette somme", estime Cyrille Melchior.

Le groupe d'opposition a déposé une motion allant dans ce sens en début d'assemblée plénière. "Nous n'avons pas attendu pour le faire, cette somme a déjà été budgétée pour 2012. Vous devez d'ailleurs le savoir puisque cela est inscrit dans les documents qui vous ont été transmis. Je ne veux pas de récupération politique dans ce dossier", a répondu Nassimah Dindar.

Visiblement prise de cours, l'opposition n'a pas répliqué sur le sujet. Cyrille Melchior a repris la parole pour s'indigner que "des femmes pacifistes aient été frappées par des vigiles, cela alors qu'elles voulaient simplement assister à l'assemblée plénière qui est publique". La présidente l'invitait alors à porter plainte. "S'il y a eu des violences, si des vigiles ont frappé des gens, je serai à vos côtés pour porter plainte. Ni moi ni aucun élu n'a donné l'ordre de frapper qui que ce soit. Je demande aux témoins de ces actes de donner les noms des auteurs de ces faits inacceptables", a lancé Nassimah Dindar.

Les esprits semblaient alors sur le point de se calmer lorsque Ibrahim Dindar, vice-président de la collectivité, a pris la parole pour "condamner l'attitude misérable consistant à pousser des femmes contre des vigiles". Il s'est ensuite étonné de la sympathie "à deux vitesses" que manifestent les élus de l'opposition. "Vous soutenez les ex salariés de l'Arast, mais vous n'avez aucune sympathie pour les milliers de salariés du BTP licenciés, aucune sympathie non plus pour les jeunes sans travail", assénait le vice-président de la collectivité. Le brouhaha s'installait sur les bancs de l'opposition, Ibrahim Dindar poursuivait sur le même ton. "Je trouve assez minable cette manière de surfer sur la misère sociale", reprochait l'élu de la majorité.

Cette fois le débat tournait à la foire d'empoigne. Cyrille Hamilcaro, élu de l'opposition de Saint-Louis, voulait à toute force prendre la parole, "pour condamner les propos d'Ibrahim Dindar". Pierre Vergès, vice-président du Département, essayait de ramener un peu de sérénité en notant : "Nous donnons une image pitoyable de cette assemblée. Je propose que l'on vote pour savoir si les élus veulent ou non poursuivre ce débat". Gilbert Annette, conseiller PS de Saint-Denis, abondait dans ce sens. Dans le même temps, Cyrille Hamilcaro continuait de se plaindre au micro d'être "victime d'un déni de justice".

Finalement, tous les élus de l'opposition ont décidé de quitter l'hémicycle. Le calme est alors revenu. Yolaine Cuvelier, ex-salariée de l'Arast, a éclaté en sanglots. "Je ne suis ni de droite, ni de gauche, je veux simplement le soutien des élus de droite et de gauche pour obtenir mon bon droit. On a l'impression que notre situation est au coeur d'une bataille entre majorité et opposition, on se sent manipulé", commentait-elle, larmes aux yeux.

Pendant que les débats sur le budget primitif se poursuivaient au sein de l'hémicycle, les conseillers généraux d'opposition distribuaient des fruits aux ex-salariés de l'Arast restés dans la cour du Palais de la Source. Ils ne savent toujours pas quand leurs indemnités leur seront versées.

En fin de matinée, les conseillers généraux ont tout de même voté le budget primitif. Au total pour l'exercice 2012, il s'élève à 1,454 milliard d'euros contre 1,460 milliard d'euros en 2011, dont 170,2 millions d'euros en investissement et 1,27 milliard d'euros en fonctionnement.

   

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