Nuit d'émeutes au Chaudron, au Port, à Saint-Benoît :

Des scènes de guérilla urbaine


Publié / Actualisé
Des scènes de guérilla urbaine se sont jouées toute la nuit de mercredi 22 à jeudi 23 février 2012 Saint-Denis. Retranchés dans le quartier du Chaudron, plus de 200 émeutiers, des jeunes en majorité, se sont opposés frontalement aux forces de l'ordre à proximité de la grande surface Jumbo Score. Les affrontements les plus violents ont eu lieu au Chaudron et au Port, mais des scènes d'émeutes se sont déroulées aussi Saint-Benoît. La nuit a été longue et éprouvante. Au réveil, c'est l'incompréhension et la désolation qui règnent dans ces différents secteurs. Trois personnes, dont deux policiers, ont été blessés. Une vingtaine de personnes ont été interpellées
Des scènes de guérilla urbaine se sont jouées toute la nuit de mercredi 22 à jeudi 23 février 2012 Saint-Denis. Retranchés dans le quartier du Chaudron, plus de 200 émeutiers, des jeunes en majorité, se sont opposés frontalement aux forces de l'ordre à proximité de la grande surface Jumbo Score. Les affrontements les plus violents ont eu lieu au Chaudron et au Port, mais des scènes d'émeutes se sont déroulées aussi Saint-Benoît. La nuit a été longue et éprouvante. Au réveil, c'est l'incompréhension et la désolation qui règnent dans ces différents secteurs. Trois personnes, dont deux policiers, ont été blessés. Une vingtaine de personnes ont été interpellées
Caillassage d'arrêts de bus et de voitures, jets de galets contre les forces de l'ordre, mise à feu de poubelles et de véhicules, attaques de concessions et de magasins. A la tombée de la nuit ce mercredi 22 février 2012, les personnes qui se sont livrées à des émeutes mardi soir, ont renouvelé leurs actions à différents endroits de l'île, provoquant un climat de grande tension, voire de peur.

Des bandes de jeunes, bien organisées, s'en sont d'abord pris une nouvelle fois au Chaudron à partir de 19h30, avec la ferme intention de provoquer une réaction chez les forces de l'ordre. Par centaines, ils ont afflué dans le quartier de Saint-Denis, jonchant le sol de galets, caillassant les arrêts de bus, mettant le feu dans la cour du Case du Chaudron, puis à l'arrière du Jumbo Score. Au mail du Chaudron, s'est livré un combat qui a paru interminable entre les jets de galets des émeutiers et les grenades lacrymogènes des forces de l'ordre. Des forces de l'ordre qui se sont retrouvées à un moment encerclées par des émeutiers ayant gonflé leurs rangs au fil de la soirée. L'hélicoptère est intervenu vers une heure du matin en renfort des policiers sur place.

Au Port, c'est un autre constat de désolation. Ici, c'est un peu plus tard que les choses ont commencé à dégénéré. La commune a une nouvelle fois été le théâtre de violences et d'affrontements. Plusieurs barricades enflammées ont été installées dans les ronds-points de la ville. La concession de voitures Peugeot à la Rivière des Galets a été la cible d'attaques. Plusieurs voitures ont été brûlées par les émeutiers. Un vigile du site a été blessé en tentant de repousser cette montée de violence. Un policier aussi a été blessé, une grenade lacrymogène lui a explosé dans la main. Toute la nuit, les émeutiers ont joué au chat et à la souris avec les forces de l'ordre, laissant place à des scènes de course-poursuite au Port ou des commerces,e le Mac Do notamment, ont été vandalisés.

Si le Chaudron et le Port craignaient de nouvelles tensions suite à un premier soulèvement mardi, on ne s'attendait pas à ce que ces affrontements prennent une telle ampleur. On ne s'attendait pas non plus à ce que la ville de Saint-Benoît connaisse des débordements, ça a pourtant été le cas. Le Jumbo Score a été attaqué par les émeutiers, tandis que des barrages de feux ont pris place dans le rond-point de Bras Canot.

Ce jeudi matin, c'est la désolation et l'incompréhension qui règnent après une telle montée de violence. Pour rappel, les émeutes ont commencé mardi soir au Chaudron et au Port, suite au mouvement des transporteurs qui réclamaient une baisse des prix des carburants. La colère contre la vie chère en général a pris le pas sur ce premier combat. Les transporteurs n'ont plus maîtrisé la situation après avoir appelé la population à les rejoindre.

Ce mercredi, tout au long de la journée, les associations de quartiers et les citoyens avaient appelé au calme. L'appel n'a malheureusement pas été entendu.

   

Votre avis nous intéresse, soyez le premier à vous exprimer !