1er mai - Nicolas Sarkozy veut fêter le "vrai travail" :

Les syndicats dénoncent une provocation


Publié / Actualisé
Deux jours après le premier tour de la présidentielle, le président sortant Nicolas Sarkozy a suscité la polémique en annonçant qu'il organiserait le 1er mai, jour de la traditionnelle fête syndicale, un "grand rassemblement" sur le Champ-de-Mars à Paris pour fêter le "vrai travail". Des propos décriés par les organisations syndicales en métropole, mais aussi à La Réunion.
Deux jours après le premier tour de la présidentielle, le président sortant Nicolas Sarkozy a suscité la polémique en annonçant qu'il organiserait le 1er mai, jour de la traditionnelle fête syndicale, un "grand rassemblement" sur le Champ-de-Mars à Paris pour fêter le "vrai travail". Des propos décriés par les organisations syndicales en métropole, mais aussi à La Réunion.
"Le 1er mai, nous allons organiser la fête du travail, mais la fête du vrai travail, de ceux qui travaillent dur, de ceux qui sont exposés, qui souffrent, et qui ne veulent plus que quand on ne travaille pas on puisse gagner plus que quand on travaille". Voici ce qu'a déclaré, en substance, Nicolas Sarkozy à la presse ce mardi 24 avril 2012.

Une annonce qui a immédiatement provoqué un tollé à gauche, le parti socialiste s'en prenant au bilan du président sortant sur le chômage, tandis que d'autres accusent Nicolas Sarkozy de vouloir ratisser les terres du Front national.

Du côté des syndicalistes, on critique aussi largement cette déclaration du président sortant. "C'est quoi déjà le 'vrai travail' ?", s'interroge Jean-Pierre Rivière, secrétaire général de la CFDT à La Réunion. Selon lui, cette annonce prouve "le peu de considération que le président et ses proches porte aux travailleurs". Il souligne : "Nicolas Sarkozy est en confrontation avec les organisations syndicales depuis un moment, il poursuit sur sa lancée. Et comme on est dans un contexte d'entre deux tours, je pense aussi que c'est un candidat qui cherche à récupérer des voix".

Pour sa part, Christian Picard, secrétaire général de la FSU, estime que les propos de Nicolas Sarkozy sont "une véritable provocation envers les salariés". "Le 1er mai est pour moi l'occasion de défendre la valeur du travail, de redonner aux salariés une reconnaissance de leur statut social, et de permettre aux demandeurs d'emploi d'avoir une autre vision de l'avenir, parce que celle d'aujourd'hui est dégradée en raison du taux de chômage élevé et des difficultés que connaissent les salariés", souligne-t-il. "Or, là, le président sortant espère profiter du 1er mai pour gagner des voix, c'est vraiment une insulte à l'encontre des travailleurs", ajoute Christian Picard.

Le secrétaire général de la FSU espère toutefois que "le prochain président, quel qu'il soit, s'attache à ce que tout le monde puisse avoir un travail, et un travail décent, qui permette à chacun de s'épanouir", précise-t-il, "puisqu'il ne faut pas oublier que le travail est de plus en plus précaire et que nombreux sont les salariés qui travaillent dans la crainte de perdre leur emploi, ou dans de mauvaises conditions".

Interrogé sur les propos de Nicolas Sarkozy, Erick Chavriacouty, secrétaire général de l'UNSA, estime que "le président se lance dans un certain nombre de déclarations dans lesquelles il n'arrive pas lui-même à se retrouver". Pour lui, l'annonce sur le "vrai travail" dénote "un message embrouillé pour l'ensemble de la population". Erick Chavriacouty rappelle que "le 1er mai est synonyme de luttes menées par les salariés pour améliorer la situation sociale". Cette date est "l'occasion de mettre sur un plateau toutes les revendications sociales", souligne le secrétaire général de l'UNSA.

Il est rejoint dans ses propos par Jean-Pierre Rivière, qui précise que le sens donné au 1er mai est de "faire défiler des travailleurs, des salariés, des demandeurs d'emploi, pour faire entendre leurs revendications et aller vers le progrès social".

Les organisations syndicales lanceront ce jeudi 26 avril leur appel à la mobilisation pour leur traditionnel défilé du 1er mai, et évoqueront les revendications qu'ils porteront ce jour-là. Elles seront sans doute en rapport avec le chômage, les salaires, le pouvoir d'achat et la cherté de la vie.

Samia Omarjee pour
   

5 Commentaire(s)

Mokentol, Posté
Quelle insulte pour la population !! c'est quoi un vrai travailleur ? ça suppose qu'il existe des faux travailleurs ??? pfff...c'est notre cher président le faux travailleur ! pendant cinq ans, il a joué à l'usurpateur, ne roulant que pour sa pomme, et la population il en a rien à faire ! n'oubliez pas, le changement c'est dans les urnes, le 6 mai !
Bonbon Coco, Posté
Monsieur Nicolas Sarkozy est-il, LUI, un «vrai travailleur»?
Jasmine, Posté
Et que dire du footballeur qui en 1 jour gagne 2 fois mon salaire annuel... Est-il un vrai travailleur ? Sera t'il dans les manif ? Mais non il en rien à faire de nous ! Et non enfants, qui sont l'avenir meme, dans des classes surchargées (30 élèves au minimum) avec des profs au bord de la crise de dépression ou parfois meme en arret de travail tout court... MERCI QUI ? MERCI SARKO ! Je vote, je suis fière d'aller voter car des hommes et des femmes se sont battus pour cela mais je voterai M Hollande... Faites suivre... Au fait, moi aussi je travaille le 1er mai... et suis une "petite gens" qui paye pour ces gros Zozos passionnés de politique qui rapporte et qui ne font jamais leur courses au supermarché et qui n'ont pas besoin de mettre de l'essence dans leur voiture... C'est pathétique...
Mario974, Posté
Bien dit Sofia ! C'est une racaille, cette bourgeoisie internationale qui n'ont que du mépris pour les prolos. De plus vous allez voir si Mr Sarkozy revient à son trône ce sont d'autres collègues à vous qui vont faire les frais de sa restructuration de la société. Le seul prix de sa montre vaux le salaire de plusieurs employés... Quelle vie je vous dis !!!!!
Sofia, Posté
Je ne sais pas Mr Sarkozy si je suis une "vraie travailleuse" mais en tout cas sachez que, parmi tant d'autres (les "petites gens" comme vous dites), vous ne pourrez me rencontrer ni sur le Champ de Mars ni sur aucun rassemblement du 1er mai car, Monsieur, je vais travailler toute la journée (7 h / 19 h) auprès de patientes et patients malades... Oui je travaille à l'hopital où les conditions se sont dégradées depuis votre arrivée au pouvoir... Moins de "petites gens" près des patients mais quelle masse de directeurs en tous genres ( les "gradés" !!!) et de médecins en nombre !!! Cà suffit tout çà... Nous n'avons pas de leçons à recevoir de vous...