Dettes sociales et fiscales dans le secteur du transport :

J-B Caroupaye : "les entreprises en difficulté victimes d'une violence extrême"


Publié / Actualisé
Après avoir été reçu par la CGSS (caisse générale de sécurité sociale) puis en préfecture pour évoquer le problème des dettes sociales des entreprises, Jean-Bernard Caroupaye, président de la FNTR (fédération nationale des transporteurs routiers) ne cache pas sa colère. "Les réponses qu'on nous donne ne sont que du blabla. Au départ, on nous avait dit que les dettes de la part ouvrière seraient étalées. Aujourd'hui, on nous dit d'attendre encore un mois ou deux pour voir si cela est possible. En attendant, l'économie va mal et ça va aller encore plus mal", dit-il. Il s'emporte aussi contre "la violence extrême" exercée par l'État à l'encontre des entreprises. "Elles ont besoin d'aide, on leur répond par la répression, c'est du mépris" regrette-t-il. Le président de la FNTR veut se recentrer sur les problèmes rencontrés par les transporteurs et a l'intention d'écrire au préfet pour attirer son attention sur les grilles tarifaires pratiquées par les grosses entreprises afin de "sauver ce qu'il est possible de sauver".
Après avoir été reçu par la CGSS (caisse générale de sécurité sociale) puis en préfecture pour évoquer le problème des dettes sociales des entreprises, Jean-Bernard Caroupaye, président de la FNTR (fédération nationale des transporteurs routiers) ne cache pas sa colère. "Les réponses qu'on nous donne ne sont que du blabla. Au départ, on nous avait dit que les dettes de la part ouvrière seraient étalées. Aujourd'hui, on nous dit d'attendre encore un mois ou deux pour voir si cela est possible. En attendant, l'économie va mal et ça va aller encore plus mal", dit-il. Il s'emporte aussi contre "la violence extrême" exercée par l'État à l'encontre des entreprises. "Elles ont besoin d'aide, on leur répond par la répression, c'est du mépris" regrette-t-il. Le président de la FNTR veut se recentrer sur les problèmes rencontrés par les transporteurs et a l'intention d'écrire au préfet pour attirer son attention sur les grilles tarifaires pratiquées par les grosses entreprises afin de "sauver ce qu'il est possible de sauver".

Jean-Bernard Caroupaye tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme. "Il y a actuellement une tension évidente dans le monde de l’entreprise et notamment dans le secteur du transport", dit-il.

Lui qui avait été reçu à la CGSS le 10 janvier dernier, puis en préfecture par Bernard Couteaux, commissaire au développement productif et Martial Ogor, directeur du service contentieux de l'URSSAF, le 14 janvier, pour aborder le problème des dettes sociales des entreprises s’estime aujourd’hui lésé. "Ce n’est que du blabla", dénonce Jean-Bernard Caroupaye. "La Sécu devait nous donner une réponse avant le 31 décembre, jusqu’à maintenant, nous n’avons aucune nouvelle", dit-il.

Par ailleurs, concernant la rencontre en préfecture avec Bernard Couteaux et Martial Ogor, Jean-Bernard Caroupaye explique : "On nous avait dit que les dettes de la part ouvrière seraient étalées. Aujourd’hui, on a droit à un tout autre discours. On nous dit qu’il faut encore patienter un ou deux mois pour voir si cela est possible. Mais dans un mois ou deux, beaucoup seront déjà morts".

Il indique ensuite : "lorsqu'avec tous mes amis et camarades nous avons commencé ce combat, il y avait 800 millions d’euros de dettes. Aujourd’hui, il y en a pour 1,2 milliard d’euros de dettes. L’économie va mal, et va aller encore plus mal". Il ajoute visiblement excédé, "face à cette situation très grave, la seule réponse de l'État est la répression à l'encontre des entreprises endettées. C'est du mépris envers les chefs d'entreprises, leurs salariés et la population en général". Jean-Bernard Caroupaye ajoute "répondre à la détresse des sociétés par la répression plutôt que par des mesures d'aide relève d'une violence extrême. Il faut que chacun en soit conscience et que chacun soit prêt à en assumer les conséquences".

Le président de la FNTR a décidé de recentrer ses actions sur les problèmes qui touchent la profession de transporteur. "On va sauver ce qu’il est possible de sauver", assure-t-il. La FNTR enverra prochainement un courrier au préfet Jean-Luc Marx pour demander la tenue d’une réunion sur ces problèmes, et pour attirer son attention sur la grille tarifaire proposée par les grosses entreprises, qui nuirait aux petites entreprises. Il veut aussi attirer l’attention sur l’utilisation des engins agricoles sur les chantiers alors que "seules les entreprises de transports sont habilitées pour effectuer les travaux sur ces chantiers".

Par ailleurs, Jean-Bernard Caroupaye pointe du doigt le marché d’aménagement de l’aéroport Roland Garros qui doit commencer en mars prochain. Ce marché négocié remporté par le groupement GTOI/SBTPC n’a pas été alloti. "On nous a dit que l'aéroport est un site sensible et que par mesure de sécurité il était préférable de ne pas allotir afin de ne pas multiplier les intervenants", note le président de la FNTR. "Nous ne sommes pas d'accord avec cette analyse mais nous en prenons acte et nous demandons une compensation. Le groupement qui a remporté le marché va être obligé de faire appel à des sous traitants pour traiter les 150 000 m3 de déblais généré par le chantier. Il faut que cette sous traitance soit attribuée à des entreprises réunionnaises" souligne Jean-Bernard Caroupaye. La FNTR doit rencontrer la GTOI en milieu de semaine prochaine à ce sujet. "Si nous n’avons pas de réponse satisfaisante, nous irons manifester devant l’aéroport" prévient le chef d'entreprise.

Jean-Bernard Caroupaye aborde également un autre chantier de l’aéroport Roland Garros. Un appel d’offres avait été lancé en novembre dernier pour traiter 450 000 m3 de déblais. Ce marché représente deux ans de travail pour une cinquantaine de transporteurs, mais il a été annulé "pour un problème d’intérêt général", rapporte Jean-Bernard Caroupaye. Il exige "la transparence totale sur cette affaire".

En terminant, le président de la FNTR souligne une nouvelle fois la tension qui règne dans le secteur du transport et précise "des discussions sont en cours avec l’ensemble des corps de métier du secteur". Ce mardi 29 janvier, on l’a d’ailleurs vu discuter avec Joël Mongin, président du syndicat Lo Fèr, et à la tête des barrages contre la hausse des prix des carburants en 2008.

www.ipreunion.com

   

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