Mayotte - Manifestation à Mamoudzou :

Les fonctionnaires veulent être indexés


Publié / Actualisé
A l'appel d'une quinzaine de syndicats regroupés en intersyndicale, 600 personnes ont manifesté à Mamoudzou, le chef-lieu de Mayotte ce lundi matin 25 mars 2013. Agents au sein des trois fonctions publiques - État, hospitalière et territoriale -, les manifestants réclament l'indexation de leurs salaires pour tenir compte de la cherté de la vie dans l'île aux Parfums. Tous sont en grève illimitée. "Le candidat François Hollande s'est engagé à mettre en place cet index avec effet rétroactif à compter du 1er janvier 2013. "Nous demandons au président Hollande respecter cet engagement", lance l'un des porte-parole de l'intersyndicale. Les manifestants demandent "l'ouverture immédiate de négociations" afin de déterminer le taux d'indexation et le calendrier d'application de ce supplément de salaire.
A l'appel d'une quinzaine de syndicats regroupés en intersyndicale, 600 personnes ont manifesté à Mamoudzou, le chef-lieu de Mayotte ce lundi matin 25 mars 2013. Agents au sein des trois fonctions publiques - État, hospitalière et territoriale -, les manifestants réclament l'indexation de leurs salaires pour tenir compte de la cherté de la vie dans l'île aux Parfums. Tous sont en grève illimitée. "Le candidat François Hollande s'est engagé à mettre en place cet index avec effet rétroactif à compter du 1er janvier 2013. "Nous demandons au président Hollande respecter cet engagement", lance l'un des porte-parole de l'intersyndicale. Les manifestants demandent "l'ouverture immédiate de négociations" afin de déterminer le taux d'indexation et le calendrier d'application de ce supplément de salaire.

"Mayotte est le seul département d'outre-mer où, malgré la vie chère,  les fonctionnaires ne bénéficient pas de salaires indexés" remarque Abdallah Saïd Amadi, professeur des écoles dans une maternelle. Il se reprend aussitôt. "Je parle bien sûr pour les fonctionnaires locaux, car les Métropolitains en poste dans la fonction publique touchent des primes d'éloignement. C'est-à-dire que la République leur verse 23 mois de salaires pour un contrat de deux ans renouvelable une fois (cette prime n'est pas imposable – ndlr)", dit le professeur des écoles qui perçoit 1 500 euros net par mois après 15 ans de service. "Cette prime est versée en raison de la cherté de la vie. A croire que la vie est chère uniquement pour les expatriés (nom donnés aux fonctionnaires métropolitains - ndlr), pas pour les Mahorais", sourit-il un peu amer. Alors ce lundi matin, Abdallah Saïd Amadi est une nouvelle fois descendu dans la rue.

"Nous réclamons l'indexation des salaires dans l'éducation nationale depuis 2007. Nous étions un peu seuls jusqu'à présent", explique Rivo du SNUIPP, un syndicat représentant le premier degré dans l'enseignement. "La semaine dernière, nous avons décidé de nous mettre une nouvelle fois en grève et nous avons été rejoints par nos camarades des autres administrations d'État ainsi que par ceux des fonctions publiques, hospitalière et territoriale", se félicite le syndicaliste. Lui, comme les autres représentants syndicaux, considère qu'il y a eu "un engagement de l'État". "On nous a dit que les salaires seraient indexés à partir du 1er janvier 2013 avec un effet rétroactif à partir de cette date pour le cas où l'indexation ne serait pas mise en place ce jour là" insiste Rivo.

"On nous a promis l'indexation au 1er janvier de cette année, mais comme toujours à Mayotte, on donne verbalement des dates et lorsque l'échéance arrive, on la repousse", s'insurge Abdou Maoulida de la fédération fonction publique hospitalière de la CGTMa."Alors maintenant ça suffit, il faut arrêter de nous tourner en bourrique, de tenter de nous diviser. Nous voulons que le préfet, représentant de l'état, signe un document engageant l'Etat a lancer des discussions pour déterminer le taux d'indexation et le calendrier pour l'application de l'index. Et surtout, nous voulons que l'Etat s'engage formellement à respecter sa parole" martèle le syndicaliste.

L'intersyndicale ne donne pas de chiffre concernant le taux d'indexation. "Il faudra le déterminer tous ensemble avec des études cohérentes et honnêtes sur la cherté de la vie", disent les syndicalistes. "Mais il semble évident que le montant doit être supérieur à celui en vigueur à La Réunion, puisque la vie est ici 48% plus chère que là-bas", affirme Abdallah Saïd Amadi.

"Obtenir un index de correction est le seul moyen pour les Mahorais d'espérer une vie un peu moins dure. On pourra toujours nous dire que cela va booster artificiellement l'économie, que ce n'est pas forcement la meilleure solution, mais c'est la seule que nous avons trouvé pour essayer de vivre mieux" ajoute le jeune enseignant.

"Et puis c'est aussi une question de principe. Pourquoi Mayotte serait le seul département d'outremer à ne pas appliquer d'index de correction pour les fonctionnaires locaux ? C'est une simple question de justice et d'égalité", commente Abdou Maoulida.

La manifestation a pris fin en milieu de journée. Les manifestants se sont donné rendez-vous ce mardi matin pour un autre défilé dans les rues de la ville. "Nous sommes plus déterminés que jamais, nous irons jusqu'au bout", lance le porte-parole de la CGTMa.

Tôt ce lundi matin, des barrages ont été érigés dans la région de Bandrélé dans l'ouest de la Grande Terre. Ils ont été levés à l'arrivée des forces de l'ordre. "Nous ne voulons pas arriver à une situation de blocage, mais il faut que le gouvernement comprennent notre mécontement. Si Mayotte se soulève en masse, la colère sera encore plus grande qu'en octobre 2011", estime un syndicaliste.

En octobre et novembre 2011, l'île aux parfums avait été paralysée pendant plusieurs semaines par une grève générale contre la vie chère. Plusieurs manifestations avaient dégénéré en heurts violents avec les forces de l'ordre. Un jeune homme est décédé après avoir été aspergé de gaz lacrymogène et subi un massage cardiaque mal pratiqué. Un enfant avait perdu un œil après avoir reçu un projectile de flash ball tiré par un gendarme. Des dizaines de commerces avaient été pillés.

Un accord sur la baisse de certains produits de première nécessité avait finalement été signé entre les syndicats et la grande distribution sous l'égide de l'État. Un an et demi après, le coût de la vie est identique, voire supérieur, à celui de la fin 2011.

A Mayotte, Mahdia Benhamla pour www.ipreunion.com

   

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