La situation toujours bloquée au Port-Est (actualisé à 12 heures 52) :

Sermat: dialogue rompu entre les grévistes et la direction, la grève continue


Publié / Actualisé
Vers 12 heures 45 ce lundi 13 mai 2013, très remontés, les représentants syndicaux de la Sermat ont quitté, pour de bon, la table des discussions. Danio Ricqueboug de la CGTR Sermat dénonce une "mauvaise volonté" du patronat qui, dit-il, en substance, n'arrête pas de marteler qu'il liquidera la Sermat si les grévistes n'acceptent pas les 19 licenciements. Ce dernier est ensuite parti rejoindre les dockers qui patientaient à l'extérieur, devant le siège de l'inspection du travail. Le dialogue entre les dirigeants du GIE Sermat et les dockers est rompu. La grève se poursuit au Port-Est où au moins un millier de conteneurs et des tonnes de marchandises sont en attente de traitement
Vers 12 heures 45 ce lundi 13 mai 2013, très remontés, les représentants syndicaux de la Sermat ont quitté, pour de bon, la table des discussions. Danio Ricqueboug de la CGTR Sermat dénonce une "mauvaise volonté" du patronat qui, dit-il, en substance, n'arrête pas de marteler qu'il liquidera la Sermat si les grévistes n'acceptent pas les 19 licenciements. Ce dernier est ensuite parti rejoindre les dockers qui patientaient à l'extérieur, devant le siège de l'inspection du travail. Le dialogue entre les dirigeants du GIE Sermat et les dockers est rompu. La grève se poursuit au Port-Est où au moins un millier de conteneurs et des tonnes de marchandises sont en attente de traitement

12 heures 45 : "nous ne pouvons plus discuter", lance Danio Ricquebourg, après avoir quitté la table des négociations, avant d’affirmer que "la Sermat est l’arbre qui cache la forêt". Il poursuit : "personne ne veut aller dans un long conflit, ni comme dans les événements regrettables de 1994 mais je pense qu’il sera difficile de l’éviter. On ne sait pas comment ça va se terminer. Aujourd’hui, on ne peut pas arriver en nous disant que le dialogue consiste à accorder un plan de sauvegarde puis de discuter ensuite des problèmes de l’entreprise". Selon lui, les acconiers veulent en finir avec le port.

11 heures 50 : la réunion de négociations entre les dirigeants du GIE Sermat et les dockers a été suspendue. Ivan Hoareau et Danio Ricquebourg ont quitté la table des discussions. "Nous ne négocions pas sous la menace", a lancé ce dernier. Selon lui, François Xavier Brault leur a demandé soit d’accepter "son diktat", soit "d’aller devant le tribunal de commerce". "Ces méthodes sont inacceptables", a-t-il poursuivi. Par ailleurs, les syndicats réclament une présentation des comptes de chaque société de la Sermat. Ce que  le patronat refuse. Il propose une présentation des comptes globalisés. La situation est plus que bloquée.

11 heures 20 :  Danio Ricquebourg, représentant syndical de la CGTR Sermat, est ressorti brièvement de la réunion qui se tient actuellement  à l’inspection du travail avec les dirigeants du GIE Sermat. Selon lui, la direction campe sur ses positions et a fait la proposition de licencier ou du dépôt de bilan devant le tribunal de commerce. Ces propositions ont provoqué un tollé général des dockers restés à l'extérieur. Danio Ricquebourg est ensuite rentré afin de proposer que des représentants syndicaux des trois sociétés qui composent la Sermat puissent prendre part aux discussions. La situation est bloquée et tendue. La grève devrait se poursuivre.

10 heures 45 : la réunion de négociations entre les dirigeants du GIE (groupement d'intérêt économique) Sermat et les dockers ont commencé. Juste avant, les deux parties ont été reçues une par une par l’inspection du travail.

10 heures 05 : après les dirigeants du GIE Sermat, c’est au tour d’une délégation de dockers d’être reçue par l’inspection du travail. Mais Danio Ricquebourg refuse de négocier si les dockers ne sont pas autorisés à rester à l’étage. Sa requête est acceptée. Ivan Hoarau, secrétaire général de la CGTR, est présent et participe aux discussions. Ce dernier est particulièrement virulent. "L’outil portuaire est un outil à disposition de l’ensemble des Réunionnais et non pas d’une caste d’entrepreneurs qui défiscalisent et empochent à flot puis, une fois la défiscalisation terminée, se permettent de licencier près d’une petite moitié du personnel", indique-t-il. Le syndicaliste dit, par ailleurs, espérer que "les négociations bougeront". "Malheureusement, on se rend compte, encore une fois, qu’elles ne peuvent aboutir que s’il y a question d’un rapport de force", termine-t-il. 

9 heures 20 : direction du GIE (groupement d'intérêt économique) Sermat et dockers seront reçues une par une par l’inspection du travail. Avant le début des discussions, Danio Ricquebourg de la CGTR Sermat ne se disait ni optimiste, ni pessimiste. "Nous ne baisserons pas les bras", a-t-il prévenu, avant de noter que "le port est devenu une zone de non droit". "Pourquoi l’État laisse certaines personnes ou compagnies de manutention y faire la loi ? Ne pas demander des comptes à ces mêmes patrons gavés de subventions, c’est de dire que les DOM sont encore dans une situation coloniale", a-t-il poursuivi. À noter la présence sur place d'une forte délégation de la CGTR.

Ce lundi, direction et dockers de la Sermat tenteront donc à nouveau de parvenir à un accord. Mardi dernier, les discussions qui s’étaient tenues à l’inspection du travail n’avaient, en effet, rien donné.

Reçue une par une, les deux parties avaient préféré camper sur leur position. François Xavier Brault, président du Sermat, ne se disait, d’ailleurs, pas optimiste pour une reprise rapide du travail au Port-Est. "Il va bien falloir que l’activité reprenne. La responsabilité de cet arrêt du Port, dans une phase de négociations qui devait durer jusqu’au 15 mai, est un non respect des accords pris", avait-il notamment déclaré.

De son côté, la CGTR Ports et Docks Sermat se dit "plus que jamais déterminé dans son combat juste, afin que l'emploi des Réunionnais soit, au centre des préoccupations des partenaires sociaux et ce dans l'intérêt de la population". Le syndicat pointe également du doigt un pourrissement" de la situation de la parts des acconiers.

Par ailleurs, depuis le début de la grève, plus d’un millier de conteneurs est bloqué sur les quais du Port-Est et des navires déroutés vers les ports de la zone. Une situation qui "n'est plus tenable", selon Ibrahim Patel, président de la chambre de commerce et d’industrie de La Réunion, par les entreprises "déjà fortement frappées par la crise économique". Dans un communiqué publié ce samedi, ce dernier appelait "au sens des responsabilités de tous". "Il en va de la survie de nombreuses entreprises et de la sauvegarde de nombreux emplois", soulignait-il.

Pour rappel, les grévistes réclament la réintégration de la maintenance des portiques et des chariots cavaliers à la Sermat, alors que cette maintenance a été confiée à l'entreprise concurrente Kalmar, spécialisée dans la fabrication de ces machines. Ce qui, estiment ces derniers, permettrait de faire baisser les coûts à hauteur de 90 000 euros par mois et la création de 6 à 8 postes de techniciens.

À noter que, lors d'un point presse mardi dernier, Danio Ricquebourg, délégué syndical de la CGTR Sermat Ports et Docks, avait annoncé qu’une plainte serait déposée auprès du procureur pour abus de bien sociaux. Selon l’organisation syndicale, l’expert compatible du comité d’entreprise avait remis un rapport sur le diagnostic économique, social et financier qui laisse apparaître des flux de capitaux suspects entre certains holdings des acconiers.

Un mouvement de grève similaire avait eu lieu en février dernier. Il avait duré cinq jours

www.ipreunion.com

   

1 Commentaire(s)

Pigeon , Posté
Je pense que ces grèves d'un autre temps doivent cesser. Que l'action syndicale doit être au service d'actions plus nobles et non au service de l'intérêt de certains privilégiés titulaires de postes, comme ceux des dockers, déjà trop favorisés. Les importateurs et consommateurs réunionnais subissent les surcoûts et retards liés à ces grèves à répétition. Il y en a marre. Laissez vos postes à ceux qui ont envie de travailler et choisissez donc un autre métier, comme dans le BTP par exemple, ou montez votre société puisque vous êtes si compétents. Ainsi, peut-être, vous pourrez produire des richesses et servir votre pays, au lieu de vous servir, tout en abusant de nos lois trop généreuses pour vous, et dont vous ne méritez pas les largesses. Sur vos banderoles, affichez donc vos salaires horaire, pour que l'opinion publique sache de quoi on parle. Attention, les entreprises réunionnaises ne sont pas les pigeons que vous croyez... Elles pourraient bien s'emparer de cette situation et vous perdrez alors bien plus que vous ne pouvez l'imaginer. Réunionnais, au travail !