Blocage du port-est :

Sermat - Le préfet nomme Alix Séry comme médiateur dans le conflit


Publié / Actualisé
Le préfet Jean-Luc Marx a décidé de nommer un médiateur afin de trouver une issue au conflit qui oppose les dockers et la direction de la Sermat depuis le vendredi 3 mai 2013. La médiation a été confiée à Alix Séry, l'ancien directeur du travail maintenant à la retraite. Le représentant de l'État a annoncé sa décision ce samedi après-midi 18 mai au cours d'un point presse tenu en préfecture. Le médiateur aura la lourde tâche de concilier les positions des deux parties afin de mettre fin au blocage du port-est. "Je souhaite que la grève soit suspendue pendant le temps des négociations afin de permettre à la vie économique et sociale, en fait à la vie, de reprendre son cours" a commenté le préfet. "La tâche ne sera pas simple, mais je compte sur la bonne volonté des deux parties" a déclaré Alix Séry. Il va prendre contact avec les grévistes et la direction de la Sermat dès ce samedi soir.
Le préfet Jean-Luc Marx a décidé de nommer un médiateur afin de trouver une issue au conflit qui oppose les dockers et la direction de la Sermat depuis le vendredi 3 mai 2013. La médiation a été confiée à Alix Séry, l'ancien directeur du travail maintenant à la retraite. Le représentant de l'État a annoncé sa décision ce samedi après-midi 18 mai au cours d'un point presse tenu en préfecture. Le médiateur aura la lourde tâche de concilier les positions des deux parties afin de mettre fin au blocage du port-est. "Je souhaite que la grève soit suspendue pendant le temps des négociations afin de permettre à la vie économique et sociale, en fait à la vie, de reprendre son cours" a commenté le préfet. "La tâche ne sera pas simple, mais je compte sur la bonne volonté des deux parties" a déclaré Alix Séry. Il va prendre contact avec les grévistes et la direction de la Sermat dès ce samedi soir.

Se présentant comme "un Réunionnais très soucieux du développement de son île", Alix Séry a indiqué, en substance, "je suis à rencontrer chacune des deux parties, d'abord séparement et chez elle, ensuite ensemble". Il a ajouté ne s'être fixé "aucune échéance" pour l'avancée des négociations et a dit "être confiant sur la bonne volonté" des deux parties.

À noter que depuis ce mercredi les dockers ont déclaré être prêts à reprendre le travail sur la base des propositions de la direction du travail (maintien d'une partie des salariés au sein de l'entreprise pendant un an et communication des documents comptables aux instances représentatives du personnel). La direction de la Sermat a refusé ces propositions et a quitté la table des négociations ce vendredi après-midi

Les dockers en grève et la CGTR auront l'occasion de commenter cette nomination au cours du meeting qui doit avoir lieu à partir de 17 heures ce samedi devant l'enceinte portuaire du port-est.

En début d'apprès-midi, Huguette Bello s'est rendue au port-est à la rencontre des dockers. Elle les a assuré de son soutien et de sa solidarité. "Les dockers sont victimes d'une profonde injustice", a-t-elle déclaré. La parlementaire a également annoncé qu'elle ferait parvenir le dossier de la Sermat au ministre du redressement productif Arnaud Montebourg.

Pour rappel, les grévistes protestent contre le licenciement de 19 salariés de la Sermat (société de maintenance et de traitement des conteneurs) et le transfert du personnel restant au sein d'une autre société. La CGTR est opposée à ces deux décisions et réclame une mise à plat des comptes afin de vérifier la réalité des difficultés financières du GIE Sermat.

La direction du travail est allée en partie dans le sens de ces revendications en proposant que l'exploitation de 12 des 18 chariots cavaliers soient maintenus au sein de l'entreprise jusqu'en septembre 2014, date à laquelle un bilan de cette expérimentation sera tiré. Elle a également demandé que tous les documents comptables et financiers de la Sermat soient communiqués aux instances représentatives du personnel.

La direction a refusé et ce vendredi vers 16 heures, les acconiers ont quitté la table des négociations. Avant cela, ils ont confirmé leur volonté d'externaliser la maintenance des chariots cavaliers et de licencier. "De toute ma vie, pour la première fois, je vois un patron, par l'intermédiaire de son représentant, M. De Peindray, prendre les deux autres patrons en otage et de faire passer les membres de la direction du travail pour des abrutis", avait lancé Danio Ricquebourg, délégué syndical de la CGTR Sermat.

Il avait pousuivi: "les acconiers nous ont annoncé qu'ils voulaient organiser des réunions pour licencier. Or, pour ces réunions, il faudrait avoir un comité d'entreprise". Le syndicaliste est aussi revenu sur la manifestation des patrons, qui s'est tenu ce jeudi devant la préfecture. "On a entendu des patrons dire qu'on prend en otage La Réunion. Parmi eux, le président du syndicat des stations-services. Son syndicat a bloqué plusieurs fois la SRPP", a-t-il souligné.

Ce jeudi, la 5ème réunion de médiation s'était aussi soldée par un échec.

Par ailleurs, en début de soirée vendredi, dans un courrier, le PCR demandait au préfet d'intervenir pour demander aux patrons de revenir à la table des négociations. Pour sa part, Ibrahim Patel, président de la CCI (chambre de commerce et d'industrie) Ile de La Réunion, appelle "au sens des responsabilités de tous" et au retour du dialogue entre les deux parties.

Conséquences de l'échec de ces médiations: le port-est continue d'être paralysé. Si les denrées périssables ont pu sortir de l'enceinte portuaire, plus d'un millier de conteneurs sont toujours en attente de traitement sur les quais et les bateaux déroutés vers les ports de la zone. Une situation que dénoncent les organisations patronales et socio-professionnelles, la chambre de commerce et d'industrie de La Réunion et la chambre des métiers. Une centaine de patrons ont effet manifesté devant la préfeture ce vendredi après-midi pour demander au préfet de "mettre en place un service minimum" et pour protester "contre le blocage de l'économie de La Réunion".

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