Enceinte portuaire (actualisé à 9 heures 30) :

Sermat: le travail a repris


Publié / Actualisé
Ce mercredi 22 mai 2013, les dockers de la Sermat ont enfin le travail après 19 jours de grève. Hier mardi en début de soirée, un protocole de fin de conflit a été signé après plus de cinq heures de discussions avec la direction du GIE et le médiateur Alix Séry. Les milliers de conteneurs, qui étaient en souffrance sur les quais depuis le début de la grève, le 3 mai dernier, peuvent enfin être traités et livrés. Le ballet des camions porte-conteneurs a d'ailleurs démarré. À noter que tôt ce matin, un dernier meeting des dockers était organisé devant l'enceinte portuaire pendant que les camions attendent l'ouverture des grilles du Port-Est.
Ce mercredi 22 mai 2013, les dockers de la Sermat ont enfin le travail après 19 jours de grève. Hier mardi en début de soirée, un protocole de fin de conflit a été signé après plus de cinq heures de discussions avec la direction du GIE et le médiateur Alix Séry. Les milliers de conteneurs, qui étaient en souffrance sur les quais depuis le début de la grève, le 3 mai dernier, peuvent enfin être traités et livrés. Le ballet des camions porte-conteneurs a d'ailleurs démarré. À noter que tôt ce matin, un dernier meeting des dockers était organisé devant l'enceinte portuaire pendant que les camions attendent l'ouverture des grilles du Port-Est.

Après 19 jours et l’échec de multiples réunions, le conflit opposant les dockers de la Sermat à la direction touche enfin à son terme. Après plus de quatre heures de discussions avec Alix Séry, le médiateur nommé ce samedi par Jean-Luc Marx, les deux parties ont trouvé un accord. Des discussions auxquelles Michel Séraphine, secrétaire général de la CGTR Ports et Docks, et Jean Brac de la Perrière, président de la SERMAT  et directeur de la SGM, ont assisté pour la première fois.

Concrètement, "afin de favoriser un dialogue apaisé" pendant les travaux de suivi et d’évaluation qui doivent conduire au choix de la maintenance, interne ou externe des chariots cavaliers, il a été décidé de la prolongation de 6 mois du contrat en cours. La question des effectifs "sera traitée par le comité de suivi et de consultation. Par conséquent, les projets de licenciements, présents ou passés, sont abandonnés" souligne le protocole d'accord.

Par ailleurs, durant une période de 6 à 8 mois, "pour que s’établissent de véritables négociation", un audit sera réalisé sur les finances du GIE Sermat par un expert-comptable, désigné par le médiateur. Le but : "lever toutes interprétations sur les comptes et rétablir un climat de confiance". Cet audit sera étendu aux comptes de l’ensemble des sociétés qui composent le GIE.

"Il aura pour objet de connaître la réalité objective de la situation des entreprises (SOMACOM, SAMR, SGM, MANUMAT) et d’en tirer des conséquences économiques et sociales", explique le protocole. Dans un "souci de transparence", toujours selon le document, un audit organisationnel et technique sera également confié à un organisme extérieur. "Le résultat de ces audits fera l’objet d’un examen par un comité d’évaluation et de suivi", précise encore le protocole.

Concernant les journées de grève, elles seront retenues sur la base de 12 jours de 7 heures. Elles seront ainsi étalées de 2 jours par mois de mai à août, puis d’un jour de septembre à décembre inclus.

"Nous avons mis fin au conflit le plus dur que l’enceinte portuaire ait connu en vingt ans", a indiqué Jean Brac de la Perrière à l’issue de la réunion. Ce dernier s’est réjoui du climat dans lequel se sont tenues les négociations, avant de souligner que la direction du GIE n’avait pas présenté les licenciements, - dénoncés par les dockers -, de cette façon.

Pour sa part, rejoignant les propos du président du GIE Sermat, Michel Séraphine a reconnu un "conflit difficile". "Par bien des côtés, cela me rappelle la grève de 1994. Mais, c’est une grande victoire pour les travailleurs", a-t-il expliqué. Interrogé sur le fait que la question d’un nouveau conflit pourrait être de nouveau posée après les 6 mois d’expérimentation, il a répondu : "je crois que tout le monde a compris qu’il faut se mettre à œuvrer pour le développement du Port et de La Réunion. Sur la base d’éléments sérieux et fiables, nous pourront alors commencer les négociations".

Du côté des grévistes, on ne cache pas sa satisfaction. À l'issue de la réunion, ces derniers ont applaudi Danio Ricquebourg, délégué syndical de la CGTR Sermat.

Alix Séry, sorti de sa retraite pour l’occasion, a donc réussi sa mission de mettre fin au blocage du port-est. L'ancien directeur du travail n’avait, d’ailleurs, pas caché son ambition avant le début des discussions. "Cela durera tant que cela durera mais il faudra qu’on arrive à un accord d’ici ce soir", avait-il déclaré.

Ce mercredi, les dockers reprennent le travail. Les milliers de conteneurs, en souffrance sur les quais depuis le début du conflit, le 3 mai dernier, pourront enfin être traités. Les dockers avaient, toutefois, dans un geste de bonne volonté, laissé sortir les denrées périssables et les médicaments de l'enceinte portuaire.

Les grévistes protestaient contre le licenciement de 19 salariés de la Sermat et le transfert du personnel restant au sein d'une autre société. La CGTR était opposée à ces deux décisions et réclamait une mise à plat des comptes afin de vérifier la réalité des difficultés financières du GIE. La direction du travail était allée en partie dans le sens de ces revendications en proposant que l'exploitation de 12 des 18 chariots cavaliers soient maintenus au sein de l'entreprise jusqu'en septembre 2014, et en demandant que tous les documents comptables et financiers de la Sermat soient communiqués aux instances représentatives du personnel.

   

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