Les facteurs antillais sont davantage rémunérés que les Réunionnais :

Distribution des plis électoraux : Sud-PTT accuse La Poste de "discrimination"


Publié / Actualisé
Alors que la distribution des plis électoraux a été intégrée cette année dans la charge de travail des postiers réunionnais, elle donne lieu à des heures supplémentaires rémunérées en Martinique et en Guadeloupe. C'est ce qu'ont découvert avec stupéfaction les syndicalistes de Sud-PTT, qui accusent La Poste de "discrimination". Ils appellent de nouveau à la grève et à la mobilisation ce vendredi 28 mars 2014, un mouvement qui pourrait perturber le bon déroulement du deuxième tour des élections municipales.
Alors que la distribution des plis électoraux a été intégrée cette année dans la charge de travail des postiers réunionnais, elle donne lieu à des heures supplémentaires rémunérées en Martinique et en Guadeloupe. C'est ce qu'ont découvert avec stupéfaction les syndicalistes de Sud-PTT, qui accusent La Poste de "discrimination". Ils appellent de nouveau à la grève et à la mobilisation ce vendredi 28 mars 2014, un mouvement qui pourrait perturber le bon déroulement du deuxième tour des élections municipales.

Les postiers du syndicat Sud-PTT sont tombés des nues. Le 17 mars 2014, avant le premier tour des élections municipales, ils avaient déposé un préavis de grève illimité pour protester contre le nouveau mode de rémunération de la distribution des plis électoraux, ceux-ci étant désormais intégrés à la charge de travail des facteurs. Or ils viennent de s’apercevoir qu’il en allait bien différemment pour leurs collègues de Martinique et de Guadeloupe...

Au bout de cinq jours de grève – les syndicats CFDT S3C et CGTR PTT ayant eux aussi déposé des préavis quelques jours auparavant –, les postiers réunionnais n’avaient rien obtenu de la part de la direction. "On a passé 5 jours à manifester en plein soleil devant la direction, mais personne n’est venu dialoguer avec nous", déplore Johny Michel, secrétaire départemental de Solidaires/Sud-PTT. Selon La Poste, la distribution des plis s’est déroulée normalement et aucune négociation n’a en effet été engagée.

Du côté des Antilles en revanche, la rémunération de la distribution des plis électoraux a bien fait l’objet de négociations avec les syndicats. Et ceux-ci ont obtenu des accords bien différents de ce qui est pratiqué à La Réunion.

"La Poste prend ses agents pour des moins que rien"

En Martinique, les agents ont obtenu : pour le premier tour, 11 heures supplémentaires par tournée de facteur et 4 heures supplémentaires pour les agents du tri ; pour le deuxième tour, 8 heures supplémentaires par tournée de facteur et 4 heures supplémentaires pour les agents du tri. En Guadeloupe, ils ont même obtenu un peu plus avec 12 heures supplémentaires pour 1000 plis distribués lors du premier tour et 10 heures pour le deuxième tour.

"Quand on a vu ça, on a halluciné. Ça m’a fait un choc", lâche Johny Michel, qui a beaucoup de mal à digérer cette différence de traitement entre les DOM. Car à La Réunion, le document interne transmis par La Poste aux salariés indique lui que "la distribution se fera soit dans le cadre des horaires de travail prévus, soit en heures supplémentaires". Selon les syndicalistes de Sud-PTT, il y a là un cas flagrant "de mensonge et de discrimination". Ils considèrent ainsi que "La Poste prend ses agents pour des moins que rien".

"Cela prouve bien que notre combat n’est pas vain, l’enveloppe existe puisque nos collègues de Martinique et de Guyane sont rémunérés ! Mais pas nous... ", souligne Johny Michel. " Pourtant on la même direction de La Poste pour les outre-mer... On ne comprend pas... ", ajoute-t-il, rappelant que "La Réunion, c’est pourtant 50 % du chiffre d’affaire de La Poste dans les DOM".

Des syndicats désunis

Ce jeudi 27 mars, en fin d’après-midi, la direction de La Poste indiquait de son côté dans un communiqué que "La Poste de La Réunion n’est pas une exception sur le territoire national" et que "d’autres départements procèdent de manière identique". Elle ajoute que "par rapport aux départements d’outre-mer, La Réunion est le seul département à être doté d’une plateforme industrielle courrier", et donc que "les travaux préparatoires pour les facteurs sont industrialisés et rationalisés, donc plus efficaces".

Mais pour les syndicalistes, il s’agit surtout pour La Poste de "ne pas redistribuer l’argent qu’elle touche pour cette distribution".  "Où va l’argent, on aimerait bien savoir ?", s’interrogent-ils.

Selon Johny Michel, cette différence avec les Antilles vient également du fait que "La Poste se croit tout permis à La Réunion, car on est trop gentil". Mais aussi parce que les syndicats ont beaucoup de mal à s’unir, à l’image de ces trois préavis de grèves différents déposés avant le premier tour. "La division des syndicats fait le jeu de la direction, c’est évident", regrette ainsi Johny Michel.

Cette question des plis électoraux s’inscrit ainsi dans un cadre plus large. "Cela fait des années que l’on voit les effectifs baisser, il y a de la souffrance au travail, mais personne ne dit rien... Ils nous ont mis la publicité dans la charge de travail, puis les annuaires et les catalogues et maintenant ce sont les plis électoraux. Pour un facteur qui gagne 1500 euros par mois, prime ultramarine comprise, c'est un petit bonus qu’on nous enlève. Ils font des économies sur le dos des postiers et c’est grave", détaille le représentant syndical.

Grève et mobilisation ce vendredi

Alors découvrir en plus que les agents guadeloupéens et martiniquais ont eux droit à une rémunération supplémentaire qu’on leur refuse ici à La Réunion, ça ne passe pas. Une nouvelle mobilisation devrait donc se mettre en place ce vendredi 27 mars, jour d’arrivée des plis électoraux. L’objectif étant de tout faire pour perturber la distribution et tenter de négocier avec la direction.

"On n’a pas touché aux plis pour le premier tour, on n’y touchera pas non plus pour le deuxième. Ils vont être pris au dépourvu car ils n’ont que deux jours pour faire la distribution. On va voir comment ils vont faire, car il y a aussi tout le courrier de la semaine dernière qui est encore en souffrance", glisse Johny Michel.

Si la distribution des plis électoraux venait à être perturbée, cela pourrait par ailleurs nuire au bon déroulement des élections et, pourquoi pas, amener un candidat battu à contester le vote sous prétexte que les bulletins ne sont pas arrivés dans certains quartiers...

Pour le premier tour, la mobilisation lancée par Sud-PTT n’avait pas vraiment eu l’effet escompté, même si selon le syndicat "la distribution des plis ne s’est pas si bien passée que La Poste veut bien le dire". Mais pour ce deuxième tour, ils espèrent bien se faire davantage entendre. "Il y a une prise de conscience à faire. Car il n’y a qu’à La Réunion que des grosses entreprises profitent à ce point des salariés", conclut Johny Michel.

www.ipreunion.com

   

1 Commentaire(s)

Cacatoes, Posté
Que pour diviser pour mieux régnier, les syndicats trouvent toujours un prétexte. Les syndicats, bien informés vous disent-ils qu'en métropole entre deux départements voire même deux établissements, les conditions de compensation ne sont pas les mêmes? Elles ont été négociées avec les agents en fonction de leur charge de travail réelle et leur envie de voir leur entreprise survivre en ces temps de disette et de baisse du courrier. Solidaires oui mais dans l'emploi !