Rencontre-débat des professionnels de la construction :

BTP : un cri d'alarme dans le désert...


Publié / Actualisé
Ce vendredi matin 30 janvier 2015, l'ensemble des professionnels de la filière construction à La Réunion avait convié tous les élus locaux pour une rencontre-débat à l'amphithéâtre de l'EGC, à Saint-Denis. Mais ils sont bien peu à avoir répondu à l'appel pour entendre le cri d'alarme lancé par les intervenants face à une situation que Bernard Siriex, président de la FRBTP, a pourtant décrite comme "extrêmement grave".
Ce vendredi matin 30 janvier 2015, l'ensemble des professionnels de la filière construction à La Réunion avait convié tous les élus locaux pour une rencontre-débat à l'amphithéâtre de l'EGC, à Saint-Denis. Mais ils sont bien peu à avoir répondu à l'appel pour entendre le cri d'alarme lancé par les intervenants face à une situation que Bernard Siriex, président de la FRBTP, a pourtant décrite comme "extrêmement grave".

À l’image des carnets de commande des entrepreneurs du BTP ou des tiroirs des architectes, l’amphithéâtre de l’EGC a sonné bien creux ce vendredi matin. Pourtant, les noms des 24 maires du département, des 11 parlementaires et des présidents des collectivités étaient bien inscrits au dos des sièges demeurés vides pour la plupart. Parmi les parlementaires, seuls Ericka Bareigts, Huguette Bello, Thierry Robert et Paul Vergès ont honoré les professionnels de la construction de leur présence, tandis que seuls Pierre Vergès et Dominique Fournel représentaient respectivement le Département et la Région. Quant aux maires...

Cette désertion des élus a été plutôt mal vécue par les représentants de la filière construction qui, eux, s'étaient tous réunis pour l’occasion afin de trouver des solutions face à cette situation exceptionnelle.

"Je suis atterré par ces chaise vides..."

"Il y a un mépris vis-à-vis des métiers de la construction. Quand je vois ces chaises vides, cela me met en colère, c’est un manque de respect !", a par exemple lancé Franck Legros, président de l’UPA (Union professionnelle artisanale). Une colère partagée par Dominique Vienne, président de la CGPME (Confédération générale des petites et moyennes entreprises) : "Je ne félicite pas ceux qui ne sont pas là ! Je suis atterré par ces chaises vides, je considère que c’est une fuite. Pour avancer, il faut avoir confiance l’un en l’autre, et c’est un manque de confiance de ne pas être venu."

C’est donc devant un auditoire clairsemé que les responsables des organisations professionnelles du BTP ont dressé le bilan d’une filière " en grande souffrance " selon les mots de Bernard Siriex, président de la FRBTP.

"La situation est extrêmement grave et nous sommes tous dans le même état", a-t-il diagnostiqué, avant d’étayer son propos par des chiffres éloquents : "De 2005 à 2015, on est passé de 25 000 à 15 000 emplois, 1700 entreprises ont disparu et on construit 5000 à 6000 logements par an..." Plus grave encore, "certains corps de métiers ont totalement disparu tout comme certains savoir-faire", ont souligné les différents intervenants. À l’image du président de la CAPEB (Confédération de l’artisanat et des petits entreprises du bâtiment), Cyrille Rickmounie, selon lequel "les entreprises tombent comme des mouches", citant l’exemple de la filière bois où "il ne reste qu’une seule entreprise qui peut encore répondre à des marchés..."

La NRL, l'arbre qui cache la forêt

Et ce n'est pas la Nouvelle route du littoral, brandie parfois comme une solution miracle, qui va changer quoi que ce soit. "Cette opération est lancée, il faut qu'elle continue, mais cela ne suffit pas car les PME et beaucoup de métiers n'interviennent pas sur ce chantier", a souligné le président de la FRBTP. "Il ne faut pas que ce soit l'arbre qui cache la forêt...", a-t-il ajouté.

Face à l’urgence de la situation, les professionnels de la filière construction demandent un plan de relance de 600 millions d’euros à la ministre des Outre-mer George Pau-Langevin, afin "d’aider les collectivités à lancer des opérations", a expliqué Bernard Siriex. "On lui a demandé une réponse rapidement et qu’elle vienne nous l’apporter en personne avec la ministre du Logement", a-t-il ajouté.

Mais ils comptent aussi sur les élus et les collectivités, malgré les nombreuses absences déplorées ce vendredi. Thierry Robert, député-maire de Saint-Leu, a ainsi plaidé pour dresser "un état des lieux de tous les projets qui peuvent démarrer tout de suite" quitte à rebasculer des fonds destinés à d’autres chantiers encore au stade d’étude.

L'appel de Paul Vergès

Une idée que partage d’ailleurs la députée Ericka Bareigts. "Il y a des projets qui sont prêts, identifions les blocages point par point et faisons les tout de suite !", a-t-elle avancé, évoquant également " un souci en terme de gouvernance de la commande publique" au sein du Haut conseil de la commande publique (HCCP), un dispositif spécifique à La Réunion.

Mais c’est la proposition de Paul Vergès qui a retenu l’attention des professionnels du BTP, le sénateur communiste ayant avancé l’idée d’une délégation comprenant "tous les maires, les représentants du conseil général et du conseil régional et l’ensemble des parlementaires" pour aller plaider la cause des entrepreneurs réunionnais à Paris auprès du gouvernement.

Vu le peu d’entrain des élus pour venir écouter et dialoguer avec les acteurs du BTP ce vendredi matin et vu l’approche des échéances électorales, une telle unité ne semble toutefois pas encore pour demain. Les concepteurs, architectes et constructeurs réunionnais ont sans doute encore du souci à se faire...

www.ipreunion.com

   

1 Commentaire(s)

Vital, Posté
bientôt il faudra envoyer une délégation à Paris pour aller négocier la levée un barrage de route à la Réunion .les professionnels du BTP sont prêts à aller à paris ,manifestement ils n'ont pas de problèmes de trésorerie à moins que ce soit le contribuable qui banque