Rapport de la Fondation Abbé Pierre (actualisé) :

À La Réunion 100.000 personnes sont sans logement décent et 200.000 personnes n'arrivent plus à payer leur loyer


Publié / Actualisé
Ce mercredi 1er juin 2022, c'est rue Général de Gaulle à Saint-Denis, que la Fondation Abbé Pierre a dévoilé son nouvel éclairage régional sur l'état du mal-logement à La Réunion. Dans notre région, on estime à 300.000 le nombre de personnes mal-logées, dont 100.000 dépourvues de logement personnel ou vivant dans un habitat insalubre, et 200.000 personnes qui n'arrivent plus à payer leur loyer et les factures. Parmi les personnes souffrant du mal-logement, les jeunes. 53% des 18 à 29 ans des jeunes Réunionnais vivent sous le seuil de pauvreté. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
Ce mercredi 1er juin 2022, c'est rue Général de Gaulle à Saint-Denis, que la Fondation Abbé Pierre a dévoilé son nouvel éclairage régional sur l'état du mal-logement à La Réunion. Dans notre région, on estime à 300.000 le nombre de personnes mal-logées, dont 100.000 dépourvues de logement personnel ou vivant dans un habitat insalubre, et 200.000 personnes qui n'arrivent plus à payer leur loyer et les factures. Parmi les personnes souffrant du mal-logement, les jeunes. 53% des 18 à 29 ans des jeunes Réunionnais vivent sous le seuil de pauvreté. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

La Réunion compte 170.000 jeunes de 15 à 24 ans, dont plus de la moitié vit en-dessous du seuil de pauvreté (moins de 1.000 euros par mois). Cependant, difficile de quantifier le nombre de jeunes qui sont mal-logés. "Durement frappés par les conséquences du mal-logement, leur avenir n’en est que plus précaire ", indique la Fondation Abbé Pierre. Elle ajoute que "de surcroît, les jeunes de 18 à 25 ans se trouvent être les seuls qui ne bénéficient pas de la solidarité nationale".

Vie familiale compliquée, parcours semé d’embuches… de nombreux jeunes adultes se retrouvent ainsi en grande précarité, comme Camille Domitien, 23 ans, étudiante sage-femme. Cela fait quatre ans que la jeune femme et son copain résident dans un 22 m2 situé au Moufia. "Je vis avec 400 euros de bourse régionale et 190 euros d’aides au logement (APL), avec un loyer de 440 euros", dit-elle. Chaque mois, elle s’organise pour "vivre".

"Quand je touche la bourse, je paye le loyer et les courses pour essayer d’avoir de quoi se nourrir. Ce qui reste on le met de côté en cas d’imprévu ", explique Camille. En raison de ses études et d’un emploi du temps compliqué, la jeune femme ne peut trouver un travail pour sortir la tête de l'eau. Camille Domitien le précise, "vivre à deux dans 22 m2 est difficile. Ça joue sur le moral. On se résigne, même si on se dit que ça ne peut qu’aller mieux." Elle conclut en disant, "je ne vis pas, je survis !"

"Dans les boutiques solidaires, la part des jeunes est encore plus importante", note Matthieu Hoarau, directeur régional de la Fondation Abbé Pierre. Face à de telles situations, la fondation propose de prendre des engagements en faveur de la jeunesse au cœur du plan "zéro jeune mal logés à La Réunion !" Un projet en quatre axes : mieux connaître les besoins, développer une offre de logement adaptée, ne laisser aucun jeune de côté et garantir l’accès durable des jeunes au logement. "Il appartient aux pouvoirs publics de se fixer comme exigence d’accompagner les jeunes vers un logement autonome et décent", clame la fondation.

Il apparaît donc nécessaire "de développer des solutions et produire des logements abordables et adaptés aux ressources des ménages", estime Matthieu Hoarau. Comme il l’explique, ces jeunes ne bénéficient pas de la solidarité nationale, des allocations ou du RSA. Des aides nécessaires pour avoir des ressources minimales afin d'entrer dans un logement.

Par exemple, en termes de logements étudiants proposés par le Crous, il n'en existe que 1.300 pour 41.000 étudiants. Et pour loger les jeunes précaires, à La Réunion, il n’existe que deux foyers jeunes sur tout le territoire.

- 100.000 personnes mal logées à La Réunion -

Dans son dernier rapport régional, la Fondation Abbé Pierre a estimé que plus de 100.000 personnes vivaient dans des conditions insalubres à La Réunion. 39.000 d’entre elles sont dépourvues d’un logement personnel. Et 200.000 auraient des difficultés à payer leurs factures chaque mois.

Selon le communiqué de la Fondation, "depuis 2019, [on note] une augmentation de près de 10% de demandes de logements sociaux, de 40% du nombre de personnes accueillies dans les 'boutiques solidarité' et les accueils de jour, ainsi que la multiplication par quatre du nombre de nuitées hôtelières".

C’est pourquoi la Fondation Abbé Pierre a lancé le programme "Chez soi d’abord". Dans les Outre-mer, La Réunion est la seule région à le faire. "Cela permet de rétablir les personnes précaires dans un logement", explique Matthieu Hoarau. Ce que la fondation aimerait également, c'est que les propriétaires puissent mettre à disposition leurs biens pour les louer à des fins sociales. "D’ici deux ans, environ 1.200 logements seront mobilisés", dit-il. Autre projet : que le total des attributions des logements sociaux pour les personnes en grande précarité soit respecté. "Pour l’heure, seuls 519 sont attribués sur 6.000 logements, alors que selon la loi, il faudrait en attribuer 1.500 aux publics prioritaires." La  Fondation Abbé Pierre souhaite aussi augmenter la production de logements sociaux et un meilleur encadrement des loyers.

- Un mal-logement qui risque de s’accentuer -

Manuel Domergue, directeur des études à la Fondation Abbé Pierre, explique que "l’isolement des personnes mal-logées a bondi de 14 à 24% depuis deux ans, un phénomène qui n’a fait que s’accentuer pendant ces cinq années de quinquennat", ajoute-t-il.

Tout le monde peut être concerné, jeunes ou moins jeunes, personnes seules ou familles… "Un tiers de la population a déclaré avoir vu chuter ses revenus, et cela se traduit dans le logement", explique Manuel Domergue. "Le problème désormais, c’est le coût de l’énergie en hausse et l’inflation." Le directeur des études ajoute que cette situation est aussi le fait "des politiques budgétaires en baisse et cela aura des répercussions à l’avenir."

La fondation ne cache pas son inquiétude, après la nomination du nouveau gouvernement. "Il n’y a actuellement pas de ministre du Logement et cela montre le symbole d’une régression de la lutte contre le mal-logement en France."

ma.m/www.ipreunion.com / [email protected]

   

5 Commentaire(s)

OBSERVATEUR, Posté
C'est l'échec de la départementalisation ici comme à Mayotte !....
MôvéLang, Posté
Dans ces 300 000 personnes, combien ont un iphone, une golf ou Subaru, qui voyagent plusieurs fois par an hors du département etc .
Pour tris974. CQFD il fallait démontrer , Posté
vous le fîtes'merci
Tris974, Posté
A de la pure propagande pour aider le vote Mélenchon, je sais pas si c'est de la propagande ,mais pour ma part j'en bave grave et j'ai plus tendance à croire la Fondation de feu abbé Pierre que tes divagations. Dans 10 jours votez les candidats NUPES. ''''
De la pure propagande pour aider , Posté
le vote Melenchon'..